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RD CONGO: Des dysfonctionnements troublants dans les aéroports

    By Emmanuel Chaco

    KINSHASA, 19 juil (IPS) – De graves dysfonctionnements constatés à travers les aéroports de la République démocratique du Congo (RDC) seraient à la base de plusieurs crashs et reposent la question de la sécurité des avions et de leurs passagers dans ce pays d’Afrique centrale.

    «En une année seulement, le pays a connu quatre crashs dont les causes sont soit la défaillance des services météorologiques, soit la défaillance de communication entre la tour de contrôle et les pilotes en détresse, soit le caractère inadéquat des aéroports et de leurs installations…», déclare à IPS, Joachim Jean Paul Ndagano, commandant de bord aux Lignes aériennes congolaises, une compagnie publique en RDC.«La présence d’appareils qui ne répondent plus aux normes actuelles de navigation aérienne et surtout au sein des tours de contrôle et des services météorologiques, censés donner l’information précise et en temps réel sur le temps, le climat, la température, constitue une grave défaillance», explique Ndagano.Un document d’analyse de la direction générale de la Régie des voies aériennes (RVA) congolaise affirme que la plupart des aéroports du pays «souffrent du manque ou du vieillissement d’équipement au sein des tours de contrôle et des blocs techniques; du manque ou de l’insuffisance des mécanismes anti-incendie et même de l’inadéquation des aires de stationnement pour les avions».Selon ce document daté de mars 2011, «la fourniture en énergie électrique n’est pas permanente, le dispositif de ravitaillement en eau pour des camions citernes émulseurs anti-incendie ainsi que les voies d’accès à la piste en cas d’incendie manquent cruellement à la plupart de ces aéroports dont les tarmacs ou aires de stationnement ne sont pas bien aménagés selon les règles et n’ont pas les dimensions requises».Le tout dernier crash d’un Boeing 727 de la compagnie Hewa Bora, le troisième de la même compagnie en l’espace de deux ans, s’est produit le 8 juillet 2011, peu avant d’atterrir à l’aéroport de Bangboka à Kisangani, dans le nord-est de la RDC, faisant 73 morts et 47 blessés graves, selon le rapport publié par le gouvernement congolais.«Si en plus du manque de matériels et d’installations adéquats, il n’existe pas un principe de responsabilisation de tous les acteurs intervenants, il n’y aura pas moyen d’imputer la faute. Et la sordide polémique entre un investisseur et le gouvernement sur la question de la responsabilité dans le tout dernier crash du 8 juillet 2011 cache un autre dysfonctionnement dans nos aéroports», déclare Hubert Pierre Moliso, un député national.

    Un rapport préliminaire sur ce crash démontre, par exemple, que «le camion anti-incendie de l'aéroport a mis des heures pour venir au secours des victimes après la chute de l’avion en feu alors que ce camion est censé suivre l'avion dès qu'il a touché la piste d'atterrissage sur une voie parallèle. Quelles sont les conséquences de cette faute et à qui l’imputer?», demande Moliso.

    Le 13 juillet, cinq jour après ce crash, Stavros Papaioannou, président délégué général de Hewa Bora, affirmait, lors d’une conférence de presse, que «la responsabilité de ce crash est à imputer à la RVA qui avait aligné, le jour de l’accident, des stagiaires dans la tour de contrôle et non des professionnels avérés».Matin Kabwelulu, ministre intérimaire du Transport et des Voies de Communication, renchérissait que «l’avion était surchargé» et que «les agents de la RVA avaient effectivement fait un mauvais guidage de l’avion».Mais, ces deux versions des faits ont été formellement démenties par Godard Mamba Makola, de l’Association de contrôleurs de la circulation aérienne du Congo (ACCA), qui indique à IPS: «Tant que le rapport final de l’enquête ne sera rendu public, aucune responsabilité ne pourra véritablement être établie».De son côté, répondant aux accusations de Papaioannou, Justin Okana N’Fiawi, administrateur directeur général de la RVA, affirme à IPS: «Aucun stagiaire n’a eu accès aux services aéroportuaires impliqués et, moins encore, à la tour de contrôle à la date de l’accident».En tous cas, le ministre Kabwelulu a déclaré que «ce crash montre que la sécurité de la navigation aérienne est loin de réunir les conditions pour la protection des vies humaines au décollage comme à l'atterrissage des appareils utilisés en RDC», ajoutant qu’il y a «urgence de mettre en place un mécanisme de sécurité dans tous les aéroports du pays».En dehors de ces graves dysfonctionnements, des sources indépendantes parlent aussi «de la disparition des bandes de l'enregistrement des conversations entre les pilotes et la tour de contrôle de l'aéroport de Bangboka». De tels dysfonctionnements ne peuvent qu'aggraver la situation des avions en détresse.

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