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RD CONGO: Environ 200 enfants mineurs combattraient dans le M23

    By Emmanuel Chaco

    KINSHASA, 28 juin (IPS) – «Entre mars et avril 2012, le Rwanda a recruté autour de 200 très jeunes enfants qu’il a entraînés et envoyés dans les troupes combattantes du M23, la nouvelle rébellion qui sévit dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis mars 2012», affirme le gouvernement congolais.

    Le ministre Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, a fait cette déclaration au journal du soir de la télévision publique le 24 juin.Jean Claver Rukomeza, habitant de Runyonyi, un des fiefs du M23, et ancien journaliste à la radio privée 'Mapendo' (qui signifie 'amour' en kiswhahili), émettant sur Butembo au Nord-Kivu, a déclaré à IPS «avoir remarqué qu’il y a au moins trois à quatre petits militaires qui accompagnent chacun de combattants adultes».Rukomeza affirme que «tous ces militaires parlent Kinyarwanda» – la langue parlée au Rwanda et dans une partie de l’est de la RDC, ajoutant que «les militaires adultes refusent aux habitants de s’approcher ou de parler à ces jeunes militaires».Le 21 juin, les Nations Unies ont rendu public un rapport sur la situation de l’est de la RDC et sur les soutiens extérieurs apportés au M23. Ce rapport indique aussi que «entre avril et mai 2012, le M23 a recruté de nombreux enfants pour transporter des effets militaires et pour combattre dans ses rangs».Le rapport affirme que cette rébellion «a été créée par Bosco Ntaganda, général des Forces armées congolaises (FARDC), avec l’appui de Laurent Nkunda Batware, ex-président du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) – rébellion qui sévit dans cette province depuis 2003 et d’autres hauts cadres du CNDP traqués par la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité».Dans une lettre adressée à Li Baodong, président du Conseil de sécurité des Nations Unies par Mukongo Ngay Zénon, chargé d’affaires à la Mission permanente de la RDC à l’ONU, le 19 juin, et dont copie est parvenue à IPS, le gouvernement congolais «attire l’attention du Conseil de sécurité sur le soutien dont bénéficie le M23 à partir du Rwanda et de l’existence d’une filière de recrutement de combattants dans ce pays».La lettre ajoute: «Après une enquête diligentée par le gouvernement et la Mission des Nations Unies pour la paix et la stabilisation du Congo (MONUSCO), les conclusions permettent d’affirmer notamment que plusieurs combattants recrutés sont des ressortissants rwandais, parmi lesquels en moyenne 200 mineurs d’âge et de très jeunes gens».Selon une autre lettre du 14 juin adressée à Li Baodong par Raymond Tshibanda N’Tungamulongo, ministre congolais des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, dont copie est également parvenue à IPS, avec l’appui du Rwanda, le M23 «compte en plus des alliances contre nature». La lettre indique notamment: «Des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), dont certaines avaient été rapatriées au Rwanda par la MONUSCO, ont été capturées parmi les combattants de cette rébellion par les FARDC».Les FDLR sont une rébellion hutue qui combat le régime tutsi de Kigali, depuis 1996 et qui entretiennent leurs bases arrières dans l’est de la RDC voisine.Pour Jonathan Kavugho, ancien militaire de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une ancienne rébellion qui avait pris le pouvoir en RDC le 17 mai 1997 sous la conduite de Laurent Désiré Kabila, «ce n’est pas la présence des FDLR dans les rangs du M23 qui pose problème».Kavugho déclare à IPS: «C’est la décision prise par le gouvernement, en mars 2012, d’interrompre les opérations militaires des FARDC dans la région, qui pose problème puisqu’elle a permis à certains groupes des FDRL déjà rapatriés au Rwanda de regagner petit à petit leurs anciennes positions abandonnées à la fois par le M23 et par les FARDC».A propos des accusations de l’implication du Rwanda aux côtés du M23 et du soutien que ce pays apporterait à cette rébellion, réitérant ses propos tenus à Kinshasa, la capitale congolaise, où elle conduisait une délégation de son gouvernement, le 21 juin, Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères a nié tout engagement de son pays et considère que ce sont «des rumeurs».Plus tard, le 25 juin, au siège des Nations Unies à New York, elle a déclaré: «Le Rwanda n’est ni de près ni de loin impliqué dans la déstabilisation de la RDC et que les deux pays ont déjà échangé des ambassadeurs pour montrer à la face du monde qu’il n’est plus possible de fonder un soupçon à ce propos».Mercredi, 27 juin, le Conseil de sécurité, dans une résolution, a encouragé la RDC à continuer son effort pour mater le M23, selon un document parvenu à IPS à Kinshasa jeudi. Le conseil a également condamné les pays qui soutiennent les rebelles de l’étranger, mais sans citer de noms.

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