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RD CONGO: La production du riz augmente dans le Sud-Kivu

    By Baudry Aluma

    BUKAVU, RD Congo, 13 juil (IPS) – Six à huit tonnes de riz irrigué sont produites par hectare depuis 2010 dans la plaine de la Ruzizi, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) grâce à de nouvelles méthodes culturales, contre 2,5 tonnes auparavant, selon le Conseil régional des organisations non gouvernementales de développement du Sud-Kivu.

    L’application des engrais organiques et minéraux a amélioré la fertilité du sol ainsi que la productivité dans cette plaine de la Ruzizi située à plus de 100 kilomètres au sud de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu. Finie donc la faible production du riz due au manque d'utilisation des semences améliorées et à la non-maîtrise des techniques culturales.

    Le Centre international pour le développement des engrais (IFDC), une ONG hollandaise, à travers le projet Catalyser l’intensification agricole accélérée pour la stabilité sociale et environnementale (CATALIST), a commencé depuis 2007 à former des producteurs agricoles sur l’utilisation des engrais, et sur la pratique d’autres méthodes de protection et de conservation du sol. Cette technique est dénommée Gestion intégrée de la fertilité des sols.Il s’agit des engrais minéraux achetés en Tanzanie, emballés dans des sacs de 50 kilogrammes. Actuellement, les paysans achètent un kilo là-bas à 1,25 dollar alors qu’en 2011, il était à un dollar parce que subventionné par l’IFDC. Mais avant l’arrivée de l’IFDC, le kilo coûtait 1,5 dollar et n’était pas disponible pour tout le monde.

    Certains producteurs ont donc renoncé aux pratiques agricoles traditionnelles pour adopter les nouvelles méthodes qui ont favorisé une augmentation de la production agricole dans la région.

    La Gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS) se présente comme une solution durable pour la sécurité alimentaire et comme une source de revenus, déclare fièrement à IPS, Bernard Assumani, inspecteur provincial de l’agriculture. Avant, selon lui, une superficie d’un hectare de terre produisait 2,5 tonnes de riz; avec l’adoption de la GIFS, le même espace produit 7,5 tonnes.

    Aujourd’hui, confirme Assumani, de grandes quantités de riz sont vendues à la seule usine brassicole de la place qui consomme 2.800 tonnes par an, mais aussi aux marchés locaux autour de Bukavu et Uvira, les deux principales villes de la province.L’IFDC, accompagné par huit associations locales et deux universités de Bukavu, s’est engagé depuis 2010 à réaliser un programme annuel intitulé "Plan de facilitation de l’intensification de la culture du riz dans la plaine de la Ruzizi", sous la supervision du Conseil régional des organisations non gouvernementales de développement (CRONGD) du Sud-Kivu.Delphin Zozo, facilitateur de ce plan pour le compte du CRONGD, note qu’au début de l’intensification de la culture du riz, plus de la moitié des producteurs répertoriés cultivaient sur de petits espaces leur appartenant ou louaient des champs par saison ou par an.

    Mais aussitôt après leur première moisson, beaucoup avaient envisagé d’acheter un champ personnel. Finalement, indique Zozo à IPS, 12.500 agriculteurs ont adopté l’intensification prônée par l’IFDC sur un total de 15.000 riziculteurs de la plaine. Et plus de la moitié des 12.500 ont désormais leurs champs personnels.

    Espérance Matumaini de l’Association des femmes pour le développement rural (AFEDER) de Luvungi, un village de la plaine, regrette que la location des terres coûte chère là-bas. "Pour louer un hectare, il faut débourser 200 dollars US. Pour l’acheter, tout dépend de la qualité du site: c’est autour de 400 à 600 dollars" affirme-t-elle à IPS.Certains paysans sont réunis en associations pour produire. Une coopérative paysanne, forte de 315 membres, a produit 86 tonnes de riz à Luberizi au cours de la première saison agricole en 2011, et elle obtenu un revenu de 17.200 dollars après la vente, Mukeba wa Rusatiza, membre de la Coopérative de consommation des produits et denrées alimentaires. En plus de cet argent, les producteurs ont reçu des semences de bonne variété.

    Selon l’agronome du CRONGD, Galilée Ibochwa, il existe en général deux saisons de production par an, mais il souligne que des problèmes d’eau se posent dans certains sites. "Des barrages ont vieilli ou ne sont pas bien entretenus. Dans ces sites-là, on n’a qu’une saison culturale", explique-t-il à IPS.Une saison dure au maximum quatre mois. "Mais on ne peut pas dire à quelle période la saison commence. Chacun plante au moment où il se sent prêt", ajoute-t-il.Les producteurs ont agrandi leurs superficies de un à cinq hectares pour orienter leur agriculture vers le marché. "Le rendement varie entre six et huit tonnes à l’hectare. Avec un prix de 80 cents US, le riz devient rentable…", souligne Louise Zawadi, membre de l’AFEDER.

    Au même moment, les producteurs ont appris à évaluer le coût de production, qui est passé de 45 cents à 20 cents le kilo, grâce à l’intensification agricole, se réjouit Dieudonné Shukuru, membre de l’Organisation des producteurs pour l’intensification agricole et le développement de Luvungi, qui compte 348 membres.

    Le riz local gagne du terrain sur un marché jadis couvert en grande partie par le riz en provenance de la Tanzanie et du Pakistan.

    Néanmoins, des difficultés persistent: manque de décortiqueuses perfectionnées, des engrais non subventionnés et des producteurs non accompagnés par l’Etat congolais et ses agronomes, un budget alloué à l’agriculture très insuffisant de l’ordre de 0,6 pour cent sur environ huit milliards de dollars du budget national 2012.

    Pourtant, le Protocole de Maputo, adopté en 2003 par l’Union africains, demande aux Etats africains d’allouer 10 pour cent de leur budget national au secteur agricole.

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