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RD CONGO: L’issue du contentieux électoral soulève des controverses

    By Emmanuel Chaco

    KINSHASA, 17 déc (IPS) – La Cour suprême de justice a confirmé vendredi les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre en République démocratique du Congo (RDC), proclamant la réélection du président Joseph Kabila, suite au recours déposé par Vital Kamerhe, l’un des candidats de l’opposition.

    Selon la décision de la Cour suprême lue par son premier président, Jérôme Kitoko, «Joseph Kabila est élu président de la République démocratique du Congo à la majorité simple des voix, soit 8.880.944 représentant 48,95 pour cent des suffrages exprimés par les Congolais».La cour confirme donc le score provisoire de Kabila, annoncé, le 9 décembre, par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kinshasa, la capitale de la RDC.En vertu de la constitution et de la loi électorale, le président ainsi proclamé élu prêtera serment devant cette Cour suprême, mardi prochain (20 décembre), pour être officiellement investi de son nouveau mandat.«La victoire de Kabila proclamée par une cour qui lui est inféodée constitue un passage en force organisé. La population congolaise n’acceptera pas ce serment qui est une autre tricherie longtemps préparée», a déclaré à IPS, Jacquemin Shabani, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, deuxième avec un peu plus de cinq millions de voix, soit 32,33 pour cent.

    Tshisekedi avait contesté les résultats de la CENI et s’était autoproclamé président élu, estimant qu’il était le vainqueur du scrutin. Shabani a annoncé «des manifestations populaires qui seront organisées par l’UDPS, le même mardi, pour empêcher cette prestation de serment» de Kabila.Pour Shabani, «la modification de la constitution, les bourrages d’urnes, le non-respect des procédures dans la désignation des hauts magistrats appelés à conduire le contentieux électoral ainsi que toutes les autres irrégularités dénoncées par les ONG et les ambassades, sont des preuves suffisantes de la tricherie de Kabila».«La cour a raté une belle occasion de racheter sa crédibilité mise en doute. Non seulement elle s’est prononcée sans examiner les éléments de preuves des fraudes massives invoquées par l’opposition, mais elle a consacré une grave injustice à l’endroit du peuple congolais sachant que sa décision est non susceptible de recours», affirme Kamerhe, candidat arrivé en troisième position, avec plus de sept pour cent des voix.«Il s’agit d’une parodie de justice», indique Kamerhe, «ainsi que l’aveu de son inféodation lorsqu’elle a été incapable de faire venir devant elle le candidat Kabila convoqué en même temps que moi».Pour Aubin Minaku, magistrat et secrétaire général de l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) de Kabila, «le processus, qui aboutit aujourd’hui à la confirmation de la victoire de Joseph Kabila a été un parcours dur pour tout le monde. Mais contrairement à ma famille politique qui s’est longtemps préparée, l’opposition n’a travaillé que pour préparer sa contestation».Un haut magistrat de la Cour suprême de justice, qui a requis l’anonymat, a dit à IPS que «l’opposition n’a pas pris au sérieux l’ensemble du contentieux électoral ainsi que les exigences de la loi avant de venir devant la cour. Elle n’a pas amené les éléments de preuve de ses contestations».Pour ce haut magistrat, «l’opposition n’a pas respecté l’esprit et la lettre de l’article 74…de la loi électorale qui exige que toute requête en contestation des résultats d’une élection indique clairement les griefs allégués et soit accompagnée de l’inventaire des pièces formant le dossier ainsi que des éléments de preuve sur lesquels s’appuie la demande».«C’est parti pour un nouveau quinquennat problématique, un président contesté avec comme risque que certains mécontents pourraient recourir à la contestation armée si aucun consensus moyen de tous les acteurs, engagés dans le processus, n’est pas rapidement recherché», affirme Fridolin Kakera, analyste et chercheur en science politique à l’Université libre de Kinshasa.Léon Kengo wa Dondo, l’un des dix candidats malheureux à la présidentielle et membre de l’opposition, estime à ce propos que «l’on pourrait envisager une sorte de gouvernement de transition piloté par le président sortant avec comme mission exclusive d’organiser de nouvelles élections présidentielles, et dont les membres ne devraient pas être des candidats».Après deux reports consécutifs, la CENI avait proclamé les résultats provisoires de la présidentielle le 9 décembre, qui avaient été vivement contestés par les principaux candidats de l’opposition.

    Plusieurs missions d’observation, dont le Centre Carter et la délégation de l’Union européenne, ont déclaré que «les résultats provisoires manquaient de crédibilité à cause de plusieurs irrégularités et cas de fraudes rapportés».

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