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RD CONGO: L’ONU dénonce de graves violations des droits humains durant les élections

    By Emmanuel Chaco

    KINSHASA, 22 mars (IPS) – Un rapport du Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’Homme accable le gouvernement et les forces sécuritaires de la République démocratique du Congo (RDC) en dénonçant «de graves violences liées aux élections» de novembre 2011, qui ont fait «au moins 33 morts».

    Le rapport, rendu public mercredi à Kinshasa, ajoute qu’environ «90 personnes ont été blessées par balles réelles et 16 disparues, entre le 26 novembre et le 25 décembre 2011», précisant que «toutes les victimes sont des civils».Ce rapport limité à la seule ville de Kinshasa, la capitale de la RDC, invite le gouvernement à «mener une enquête indépendante, crédible et impartiale, sur toutes les violations graves des droits de l’Homme» commises au cours de cette période électorale et de «traduire les auteurs présumés en justice, qu’ils soient des membres de la Garde républicaine, frange de l’armée proche de Joseph Kabila, président de la RDC, d’autres membres de l’armée ou de la police et quels que soient leurs rangs».«Les chiffres repris par le rapport pourraient être revus à la hausse, si l’on considère qu’il y a eu des zones inaccessibles à cause de la peur et de la psychose qui régnaient en cette période, mais aussi à cause du fait que plusieurs formations médicales ont reçu l’ordre de ne pas partager les informations sur les victimes qu’elles recevaient pour des soins», affirme Leila Zerrougui, représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’ONU en RDC, chargée des droits humains.De son côté, le gouvernement congolais déclare qu’il «ne prend pas acte de ce document», mais qu’il «en prend note et en relève plusieurs points incorrects», a déclaré à IPS, Emmanuel Luzolo Bambi Lessa, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Pour lui, «ce rapport est partisan, incomplet, incohérent, avec de faux chiffres et il n’a pas intégré les remarques du gouvernement, notamment pour ce qui est des poursuites judiciaires déjà ouvertes à propos de certaines violations enquêtées».Luzolo ajoute: «Il y avait besoin de conduire une enquête conjointe entre le gouvernement congolais, la société civile, la justice et les Nations Unies pour rendre crédible un tel rapport, ce que les Nations Unies n’ont pas fait».A propos des informations dont devrait disposer le gouvernement, Jean Claver Mudumbi, un défenseur des droits humains, explique à IPS: «Le gouvernement commet toujours l’erreur de rejeter tous les rapports sur les violations des droits de l’Homme. C’est parce qu’il n’a pas souvent les mêmes informations que les défenseurs des droits humains qui, eux, sont souvent sur terrain et vivent en proximité avec la population».«Il n’existe aucune interaction entre différentes administrations municipales qui, elles-mêmes, ne disposent ni des statistiques de leurs communes, ni des moyens nécessaires pour documenter les violations des droits de l’Homme qui s’y commettent», ajoute-t-il.Toutes les tentatives de IPS d’obtenir les opinions des autorités communales de Bandalungwa et de Mont Ngafula, deux communes de Kinshasa, ont été vaines.Annie Botendi, étudiante en droit à l’Université de Kinshasa, se rappelle «avoir vu, le 9 décembre, au moins trois corps criblés de balles jonchant par terre sur la route de Kimwenza, un quartier de Mont Ngafula» où elle habite et qui ont «été ramassés dans l’après-midi par des éléments de la Croix-Rouge pour être enterrés au cimetière…, après avoir été identifiés par les autorités municipales».Pour sa part, Addie Kitona, une mère de trois enfants, a indiqué à IPS: «Du 9 et du 10 décembre 2011, dates pendant lesquelles les contestations des résultats provisoires des élections présidentielles ont donné lieu à des affrontements entre la population civile et les éléments de la police dans la commune de Bandalungwa, j’ai été victime de coups et autres sévisses de la part des éléments de la police».«La police a lancé des gaz lacrymogènes sur nous, sans faire attention aux passants parmi lesquels figuraient des enfants. Pendant ma fuite, je suis tombée sur ma propre fille de quatre ans. Elle s’est brisé la clavicule», affirme Kitona, ajoutant: «Une fois par terre, des policiers poursuivant les jeunes qui s’attaquaient à eux, m’ont foulée avec leurs bottes et m’ont donné plusieurs coups de pieds au dos et dans le ventre».

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