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RD CONGO: Pour la paix au Kivu, les donateurs devraient retenir l’aide, selon un rapport

    By Jim Lobe

    WASHINGTON, 9 oct (IPS) – Les principaux donateurs du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC) devraient suspendre l'aide aux deux gouvernements jusqu'à ce qu'ils respectent les accords antérieurs à pacifier les provinces du Kivu, en RDC, riches en minerais, indique un nouveau rapport publié le 4 octobre par 'International Crisis Group'.

    Ce rapport intitulé "L'Est du Congo: Pourquoi la stabilisation a échoué", estime que le déploiement d'un contingent neutre fort de 4.000 soldats le long de la frontière entre les deux pays – la solution promue par la Conférence internationale de 12 Etats sur la région des Grands Lacs (CIRGL) – est irréaliste et peu susceptible d'être efficace.

    "Les Kivus n'ont pas besoin d'une nouvelle approche stratégique; les accords de paix et les plans de stabilisation ne devraient plus être plutôt de vaines promesses", indique le rapport, qui a été rédigé en français. "Cela exige une pression coordonnée et sans équivoque des donateurs qui paient les factures ou des régimes rwandais et congolais".

    Ce rapport arrive pendant que les violences se poursuivent de la part d’un certain nombre de milices actives dans les Kivus, notamment le Mouvement du 23 mars (M-23), dirigée par Bosco Ntaganda, un chef de guerre dans l'est de la RDC qui a été inculpé pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale de La Haye en 2006 pour avoir recruté et déployé des enfants soldats au début de la décennie.

    Malgré son inculpation, Ntaganda a été intégré dans l'armée congolaise dans le cadre d'un effort visant à stabiliser la partie orientale du pays. En 2009, il a été promu au grade de général.

    Cependant, en avril dernier, après que le président de la RDC, Joseph Kabila, sous la pression des donateurs occidentaux, a ordonné son arrestation, Ntanganda d'origine rwandaise, a organisé une mutinerie qui, selon plusieurs analystes, était orchestrée et soutenue par le Rwanda.

    Depuis ce temps, les deux pays ont échangé une guerre des mots, et les violences se sont intensifiées à travers la région. Des centaines de personnes ont été tuées dans les combats et près de 500.000 personnes auraient fui leurs maisons.

    A la fin de juin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a publié un rapport qui a détaillé le soutien rwandais à la rébellion et au M-23. Il a allégué que Kigali a recruté et déployé des Rwandais pour rejoindre les forces de Ntaganda et a transmis des renseignements clé aux rebelles.

    Kigali a rejeté avec véhémence les allégations selon lesquelles il soutient le M-23, dont le nom fait référence à un accord de paix signé le 23 mars 2009 entre Kinshasa et le Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), soutenu par le Rwanda.

    Le président rwandais, Paul Kagame, un favori de longue date des Etats-Unis, qui, selon différents récits, cherchait à retarder la publication du rapport, a insisté que la rébellion a été provoquée par le refus de Kinshasa de payer les troupes de Ntaganda et que le Rwanda n'avait rien à voir avec les rebelles.

    "Je n'ai jamais vu une histoire aussi stupide", a déclaré Kagame au magazine 'TIME', dans une interview en septembre. "Ils voulaient que le Rwanda soit toujours considéré comme le coupable dans les problèmes du Congo. Le Congo est une victime, toujours…. Cela n'a pas besoin d'une histoire rationnelle, cela n'a pas besoin de faits ou de logique. C'est juste la façon dont ils le veulent".

    Les Kivus sont dans la tourmente depuis le lendemain du génocide de 1994 au Rwanda contre des membres du groupe ethnique tutsi. Comme le Front patriotique rwandais (FPR) de Kagame, dirigé par des Tutsis, a balayé le pays, des dizaines de milliers de Hutus, y compris les officiers de l'armée et les milices qui ont mené le génocide, ont fui vers l'est de la RDC, où leurs éléments résiduels sont demeurés actifs.

    Plus de cinq millions de personnes seraient mortes, la plupart de faim et de maladies, du fait des combats entre environ deux douzaines de milices et de l'intervention militaire de huit des voisins de la RDC, y compris le Rwanda, selon une étude du Comité international de secours publié en 2008.

    La région est riche en minerais, notamment l'étain, l'or, les diamants et le tantale, un métal rare utilisé dans les téléphones cellulaires et les pièces d'ordinateur. La plupart des combats, y compris de la part du M-23, ont été menés pour le contrôle des zones où ces ressources sont exploitées.

    Sous la pression des activistes des droits humains et de la paix, le Congrès américain a adopté en 2011 une loi qui exige que les entreprises américaines fassent tous les efforts possibles pour éviter d'acquérir ces minéraux en provenance de la RDC. Bien que cette décision ait apparemment réduit légèrement la demande, les entreprises asiatiques auraient comblé le vide.

    Dans un rapport publié en septembre, 'Human Rights Watch' (HRW) a accusé le M-23 d'avoir commis des crimes de guerre, notamment des exécutions sommaires, le viol et le recrutement forcé d’enfants. Ce groupe basé à New York a également indiqué que le Rwanda a déployé des unités militaires en RDC pour soutenir le M-23 et peut donc également être tenu responsable des crimes commis par le mouvement.

    Cependant, le Rwanda a souligné des atrocités commises dans l'est du Congo par les milices maï-maï, en particulier contre les Banyamulenge, un groupe ethnique lié aux Tutsis et principalement issu des immigrants rwandais. En effet, le 4 octobre marquait l'anniversaire d'un massacre tristement célèbre dans le Sud-Kivu de sept agents humanitaires banyamulenge, qui avait renouvelé un conflit de faible intensité dans la région. Le gouvernement congolais n'a pas arrêté les auteurs.

    Les Etats-Unis et les membres de l'Union européenne (UE) ont coupé ou suspendu leur assistance au Rwanda, où l'aide extérieure représente 40 pour cent de son budget, pour l'obliger à abandonner son soutien au M-23, bien que les groupes de défense des droits et d'autres appellent même pour plus de pression.

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