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RD CONGO: Psychose et coups de feu à Kinshasa après les résultats des élections

    By Emmanuel Chaco

    KINSHASA, 10 déc (IPS) – La peur des manifestations violentes contre les résultats provisoires de l’élection présidentielle – publiés vendredi par la commission électorale – a cédé à la terreur à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où crépitent des balles et des gaz lacrymogènes depuis vendredi après-midi.

    Le président sortant, Joseph Kabila, a été déclaré élu par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avec 48,95 pour cent des voix, contre 32,33 pour cent pour son principal adversaire Etienne Tshisekedi.

    Le ministre porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, tient en ce moment ce samedi, une conférence de presse, appelant au calme et avertissant que toute personne qui sera prise en flagrance d'actes de violence sera traduite en justice. Il est en direct à la Radiotélévision nationale (RTNC).Mais, les coups de feu continuent de retentir de partout, notamment dans le quartier huppé de Macampagne, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa et à Masina, une commune très populaire acquis à Tshisekedi. Rien ne bouge dans la ville et tous les Kinois (habitants de Kinshasa) sont terrés chez eux.La confusion règne e particulier dans les quartiers populaires de Kinshasa, reconnus favorables à l’opposant Etienne Tshisekedi, candidat malheureux au scrutin du 28 novembre 2011, et qui refuse de reconnaître les résultats annoncés par la CENI. Mais, il refuse également de recourir à la Cour suprême de justice pour faire valoir sa contestation et vient de s’autoproclamer président élu du peuple congolais avec 72 pour cent des voix.De son côté, Vital Kamerhe, un autre candidat malheureux conteste les résultats et apporte son soutien à Tshisekedi qu’il dit «avoir gagné les élections puisque la CENI a bourré les urnes en faveur du candidat Kabila avant même l’opération des votes». Kamerhe ajoute: «La CENI doit restituer la victoire volée à Tshisekedi par Kabila» proclamé vainqueur.«La peur de la catastrophe est grandissante. Entre-temps, on ne connaîtra jamais le bilan réel des interventions de la police et de l’armée contre les contestations des manifestants et des sympathisants de Tshisekedi», déclare Thiery Tomatala, fonctionnaire de l’administration publique, habitant de Kintambo, une commune populaire de Kinshasa.Selon Tomatala, «deux magasins chinois ont été pillés par des hommes en armes habillés en civil à Kintambo vendredi soir, et samedi matin à Bandamungwa».

    «Samedi matin, vers 8H30 locales (7H30 GMT), une jeep pleine de policiers lourdement armés a débarqué dans mon dépôt de pains, l’a pillé et m’a arraché une somme de deux millions de francs congolais (environ 2.200 dollars)», affirme Yvonne Kinja, une vendeuse semi-grossiste de pains le long de l’avenue de Libération, à Bandalungwa, une autre commune populaire de la capitale.«Aucune circulation n’est possible sur l’avenue Libération sur laquelle se trouvent le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPKK ou ex-prison centrale de Makala), le camp militaire colonel Kokolo, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation ainsi que le Palais de la Nation – bureau officiel du président de la RDC – entièrement occupé par l’armée et la police lourdement armées», témoigne Addée Ngudi, qui habite le long de l’avenue.Sur place, un colonel de la police abordé par IPS et qui a requis l’anonymat, affirme: «La police a l’obligation de protéger les lieux stratégiques du pays dont le CPRK, le camp militaire et le bureau du chef de l’Etat». Il ajoute que la police «essaie simplement de disperser les attroupements, et la population doit rester calme et vaquer à ses occupations habituelles».«Il faut à tout prix éviter des attroupements autour du CPRK», a déclaré par téléphone à IPS, Dido Kitungwa, directeur général du centre pénitentiaire, sans plus de détails.«Mais, comment vaquer à nos occupations si depuis six jours la police entretient elle-même la psychose et la peur au sein de la population?», demande Guy Mamboleo, un sympathisant de Tshisekedi et habitant de Bandalungwa, non loin du CPRK. «Une forte présence militaire et policière lourdement armée, des balles réelles tirées et des gaz lancés ne sont pas de nature à nous rassurer», dit-il à IPS.Selon une étude de l’Université de Kinshasa, effectuée en mai 2011, «les deux tiers des pensionnaires du CPRK sont des militaires et des agents de sécurité condamnés par la justice militaire entre 1997 – lors de la prise de pouvoir par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFLD) de Laurent Désiré Kabila – et 2001 lors de l’assassinat de ce dernier». (Laurent Désiré Kabila est un ancien président assassiné et père du président actuel Joseph Kabila).La RDC a organisé des élections présidentielles et législatives le 28 novembre. Les résultats provisoires de la présidentielle étaient attendues le 6 décembre, mais n’ont été proclamés que trois jours plus tard, après deux reports par la CENI.

    Depuis le 5 décembre, la psychose règne dans la capitale. Les écoles n’ont pas ouvert depuis plus d’une semaine et les activités économiques sont totalement paralysées. A Kinshasa, cela fait des jours que les magasins n'ont pas ouvert et la population à commencé à avoir du mal à s’approvisionner pour la nourriture, même pour le pain du petit déjeuner du matin.

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