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RD CONGO: Trouver un programme efficace de lutte contre les violences sexuelles

    By Emmanuel Chaco

    KINSHASA, 18 avr (IPS) – La République démocratique du Congo (RDC) devrait mettre en place un mécanisme fort pour lutter contre l’impunité des violences sexuelles commises par des hommes en armes mais aussi de plus en plus par des civils, recommande un récent rapport de l’ONG britannique Oxfam.

    Concernant la sécurité de la population civile, le rapport recommande également aux autorités congolaises d’interrompre leur demande de voir partir les 22.000 casques bleus présents en RDC depuis plus de dix ans. Et ces troupes des Nations Unies demeurent, selon des rapports de la société civile congolaise, «le seul rempart pour les populations civiles en proie à diverses attaques d’hommes en armes, notamment dans l’est et dans le nord du pays».Selon les rédacteurs du rapport publié le 15 avril, les résultats d’enquêtes menées dans la seule province du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, démontrent que «plus ou moins 60 pour cent des personnes qui ont été victimes des violences sexuelles ont subi une agression de la part des hommes armés». Le document ajoute que «plus de la moitié des attaques ont eu lieu au domicile des victimes».

    Les sources des Nations Unies affirment également qu’on comptait en moyenne 5.000 filles et femmes violées en 2009 dans la seule province du Sud-Kivu.Selon Fernandez Murhola, secrétaire exécutif du Réseau national des ONG des droits de l’Homme, «le rapport d’Oxfam repose non seulement la problématique de la lutte contre l’impunité, mais aussi celle de la sécurité des civils dans les zones où la sécurité n’est pas encore totalement rétablie, notamment dans toute la partie de l’est».«Entre-temps, ni le gouvernement provincial ni le gouvernement central ne viennent au secours des victimes des viols souvent très pauvres, traumatisées et sans moyens d’organiser leur prise en charge médicale», déclare David Nanga, médecin gynécologue et spécialiste en réparation des fistules à l’hôpital de Panzi «dont le fonctionnement n’est possible que grâce aux dons reçus de temps en temps des bienfaiteurs», indique-t-il.Selon Nanga, «Lutter contre l’impunité doit intégrer l’aspect resocialisation, puisque les victimes des viols sont aussi victimes du rejet communautaire. Jusque-là, l’Etat ne met aucun moyen en jeu pour faire ré-accepter les victimes par l’ensemble de la communauté». Il explique à IPS : «A cause de ce rejet, il est difficile, par exemple, pour une fille victime de viol d’espérer contracter un mariage si elle est déjà identifiée dans la communauté comme telle».

    «C’est une question de chance, il ne faut pas généraliser», estime Mamie Cirhuza, 19 ans, rencontrée sur place à l’hôpital de Panzi, venue rendre visite à une «grande sœur internée après avoir subi deux interventions chirurgicales à la suite d’un viol commis sur elle par trois hommes en armes à Kaniola», à environ 80 kilomètres de Bukavu, la principale ville du Sud-Kivu.Cirhuza, qui a refusé de dévoiler l’identité de sa grande sœur, affirme à IPS : «Il suffit pour la victime de changer de milieu de vie et de mener une vie respectueuse pour garder toutes ses chances de se marier et de fonder une famille». Elle souligne toutefois «le problème reste celui de l’intolérance des hommes qui oublient que le viol n’est pas un acte volontaire pour les filles qui en sont victimes».

    «Le parlement a fait un grand pas pour la protection des victimes et la prévention des viols et autres formes des violences sexuelles avec l’adoption, en 2006, de deux lois qui complètent le Code pénal et le Code de procédure pénale congolais», indique Dominique Kanku, député national et membre de l’opposition congolaise.«Mais, il reste que le gouvernement donne des moyens nécessaires et suffisants aux intervenants dans la chaîne pénale, à savoir la police, les parquets, les cours et tribunaux pour traquer et punir les auteurs de ces violences, en considérant que l’arrière-pays n’est pas suffisamment couvert en institutions judiciaires, en magistrats et même en policiers et militaires», dit-il à IPS.Pourtant, selon Emmanuel Luzolo Bambi, ministre de la Justice et des Droits humains, «les efforts déployés par le gouvernement pour lutter contre l’impunité sont évidents». Il a affirmé que «depuis quelques mois, les magistrats ont vu améliorer leurs salaires. Un recrutement de 2.000 nouveaux magistrats – dont plus de 70 pour cent seront envoyés dans les provinces – a été amorcé».

    En outre, a-t-il ajouté, «Plus de 300 magistrats viennent d’être révoqués pour avoir manqué au devoir de leur dignité. La réforme de l’armée et de la sécurité est un processus qui a commencé depuis quelques années et qui se poursuit».

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