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RD CONGO: Un nouveau projet agricole pour améliorer la sécurité alimentaire

    By Badylon Kawanda Bakiman

    KIKWIT, RD Congo, 6 sep (IPS) – Pour augmenter la production agricole, les organisations paysannes de la province du Bandundu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, bénéficient depuis 2011 de l’accompagnement d’un projet appuyé par l’USAID, l’agence américaine pour le développement.

    Ce projet quinquennal de 32 millions de dollars, dénommé 'Food Production Processing and Marketing Activity' (FPPM), vise à augmenter la production agricole dans le Bandundu ainsi que dans les provinces voisines de Kinshasa et du Bas-Congo, dans l’ouest du pays, déclare Alexander Newton, directeur par intérim de l’USAID en RDC.«Grâce à ce nouveau projet, nous avons emblavé en 2011, via le labour mécanisé, 10 hectares de manioc avec des variétés améliorées comme nsasi, zizina…», affirme Barthélemy Makamba, directeur du Centre pour la promotion agricole de la Lukula (CEPAL), un collectif qui regroupe 99 associations dans le territoire de Masimanimba, à 150 kilomètres de Kikwit, la principale ville de la province du Bandundu.

    Selon Makamba, ce champ a produit 260 tonnes de manioc, soit 26 tonnes par hectare et a rapporté plus de 37.000 dollars en 2011, contre seulement 13 tonnes à l’hectare et 50 à 80 tonnes sur 10 hectares les années antérieures lorsque le CEPAL travaillait sans appui extérieur.«Nous avons aussi vulgarisé ces variétés auprès de nos associations qui touchent 600 ménages dans le secteur de Kitoy», ajoute-t-il.

    A Kwenge, dans le territoire de Bulungu, c’est le Collectif de développement intégré du Bandundu qui rayonne, avec plus de 20 associations membres. Il a réalisé «l’année passée trois hectares de soja, la variété afya, donnée par FPPM. Cela nous a rapporté 54 tonnes en 2011 à raison de 18 tonnes par hectare, et plus de 2.000 dollars», indique Edouard Kinenga, président de ce collectif.

    Pour Kinenga, les revenus tirés de cette production ont aidé les paysans à scolariser leurs enfants et à satisfaire d’autres besoins, tout en leur garantissant la sécurité alimentaire.

    De son côté, le Collectif des organisations pour le développement intégré de la rive droite de la rivière Kwilu, qui regroupe une trentaine d’associations, est actif dans le secteur de Kipuka, à 25 km de Kikwit.

    Geneviève Munene, présidente de ce collectif, affirme que son groupe a défriché un champ de six hectares pour planter la variété de maïs kasaï1 en 2011 et a récolté 96 tonnes qui sont mis en vente. Elle ajoute que le collectif continue de vulgariser cette variété et d’autres produits reçus de FPPM.

    Tous ces différents collectifs d’associations figurent parmi les 90 réseaux d’organisations paysannes que le projet accompagne dans les territoires de Bagata, Bulungu, Idiofa, Kenge, Masimanimba et à Kikwit, indique à IPS, Dada Bia, chargé de suivi et évaluation au FPPM.«Cet accompagnement se fait par la remise de matériels de plantation, des intrants agricoles améliorés (semences et boutures résistantes aux maladies des plantes) et très productifs», explique l’ingénieur agronome Carmel Mesa, chargé de productions au FPPM.

    Mesa ajoute que FPPM assure des formations sur les nouvelles techniques culturales, la gestion des semences, des finances et sur l’entreprenariat. «Nous recourons aussi à la pratique 'Champs école paysans' qui est une pratique de démonstration pour permettre aux organisations paysannes de travailler efficacement elles-mêmes», dit-il à IPS.«La production agricole en RDC n’a pas suivi le rythme de la croissance démographique et par conséquent, le pays importe environ cinq millions de tonnes de nourriture chaque année», affirme Newton, de l’USAID.

    Dans l’indice mondial de la faim de 2011, «l’Institut international pour la recherche en politique alimentaire, classe la RDC comme le pays où l’effectif des personnes affamées est le plus élevé au monde, environ 70 pour cent», souligne-t-il.«A ce jour, le projet a distribué 331.500 boutures de manioc, assez pour emblaver 221 hectares dans les territoires du Bandundu», indique-il, ajoutant que le FPPM veut atteindre, entre 2011 et 2016, quelque 120.000 ménages qui pourront doubler les volumes de leurs productions et leurs revenus.«La province du Bandundu est essentiellement agricole. Le projet rejoint donc le programme et le souci des gouvernements provincial et national, qui visent à faire de l’agriculture une priorité des priorités», déclare Jean Kamisendu, gouverneur de la province.

    Viviane Lengelo, présidente du Réseau des femmes en action pour le développement intégré à Kikwit, admet que les actions de FPPM contribuent à réduire petit à petit la pauvreté et le chômage dans la province, tout en assurant aussi l’autonomie des paysans. Elle se demande toutefois si «le FPPM a pris des dispositions pour qu’à la fin du projet, les activités soient réellement pérennisées».

    "Les dispositions sont prises dans des formations que nous assurons", répond Marc Tunieka, coordinateur du FPPM, ajoutant que le projet exige que chaque réseau d’organisations ait un champ de multiplication de semences améliorées pour fonctionner de façon indépendante.

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