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RD CONGO: Une épidémie de peste décime des milliers de petits ruminants

    By Badylon Kawanda Bakiman

    KIKWIT, RD Congo, 19 juil (IPS) – Les autorités se préparent à faire vacciner quelque 500.000 petits ruminants en République démocratique du Congo (RDC) où environ 120.000 bêtes ont déjà été décimées dans cinq provinces du pays par une épidémie de peste depuis plus de dix mois.

    «Nous nous préparons sérieusement pour vacciner 500.000 petits ruminants», mais la vaccination n’a pas encore commencé, affirme Dr Florent Ngamuna, vétérinaire épidémiologiste au ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Elevage.Ngamuna a confirmé à IPS qu’à ce jour, la peste de petits ruminants (PPR) a déjà tué au moins 120.000 bêtes, notamment les chèvres, et dans plusieurs provinces: le Bandundu, le Bas-Congo (sud-ouest du pays), l’Equateur (nord-ouest), le Kasaï occidental (centre) déjà touchées depuis, auxquelles il faut ajouter les provinces du Maniema (dans l’est) et du Katanga (sud-ouest).

    L'épidémie a été officiellement déclarée en février 2012, mais les éleveurs des territoires de Masimanimba, Bulungu, Gungu, Idiofa et de la ville de Kikwit, dans la province du Bandundu, avaient déjà constaté la mort en masse de petits ruminants en septembre 2011, selon Robert Senge, agent mobile du Réseau national d'épidémio-surveillance au ministère chargé de l'Elevage.«Pour bien combattre cette PPR, la République et ses partenaires doivent acheter 500.000 doses de vaccin», indique Dr Ngamuna, affirmant que la vaccination sera gratuite.«J’avais neuf chèvres et quatre boucs dans ma famille, mais maintenant je ne suis resté qu’avec une chèvre que j’ai déplacée», regrette Claude Maneduguganu, un des éleveurs de Masimanimba, la zone la plus touchée par la PPR, située à 150 kilomètres de Kikwit, la capitale provinciale du Bandundu.De son côté, Françoise Wombamiadi, une veuve habitant Kinzenzengo, une localité de Masimanimba, se demande comment elle fera pour payer la scolarité de ses enfants à la rentrée scolaire prochaine, puisque ses sept chèvres sont toutes mortes. «Qui va m’aider?», s’interroge-t-elle, inquiète.«Avant de mourir, la bête fait jaillir une diarrhée noire, une asthénie totale s’installe dans son corps, une bave blanche sort de sa bouche. On constate aussi une rougeur dans ses yeux, et la mort intervient entre cinq et 10 jours», explique Ngamuna. C’est l’asthénie totale qui conduit vite à la mort, étant donné que l’animal ne peut plus marcher ni brouter… La maladie attaque aussi ses poumons, ajoute-t-il.Depuis février, la RDC est en émoi suite à cette zoonose (l'épidémie de peste). Au terme d’une mission d’évaluation à Masimanimba, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a évalué le taux de morbidité à 87 pour cent et celui de mortalité à 86 pour cent.«Le gouvernement congolais estime qu’un million de chèvres et 600.000 moutons risquent de contracter la PPR, ce qui représente un quart du cheptel caprin et deux tiers du cheptel ovin de la RDC», souligne la FAO.La FAO prévient que la maladie menace non seulement la sécurité alimentaire de la RDC, mais pourrait également se propager aux pays d’Afrique australe qui n’ont jamais été en contact avec le fléau.«Face à la menace, les éleveurs déplacent leurs animaux vers les zones où aucun foyer n’a été signalé jusqu’ici», explique le représentant de la FAO en RDC, Ndiaga Guege. «Il s’agit de la plus grave épidémie du bétail que connaît le pays depuis plus de 10 ans».La FAO indique qu’elle mobilisera une aide d’urgence pour vacciner 500.000 ovins et caprins dans les zones non encore affectées en RDC, limiter le déplacement des animaux, sensibiliser les agriculteurs et former des vétérinaires de terrain.Pour cette vaccination, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la FAO la s’occuperont des petits ruminants, et le FIDA prendra encore en charge les volailles, déclare à IPS, Barthélemy Ndenge, inspecteur du ministère en charge de l’Elevage dans la province du Bandundu.Ndenge ajoute qu’avant la vaccination, il y aura d’abord une grande campagne de sensibilisation via des émissions sur les radios communautaires, télévisions et d’autres médias.«Il faut que l’on commence par éliminer systématiquement l’espèce contaminée existante», recommande Jean Nkiazil, un autre technicien du ministère, invitant tous les éleveurs de petits ruminants à bien recevoir les vaccinateurs le moment venu.«Qui parmi nous en RDC ne pense pas à manger la viande de chèvre bien grillée le soir? Si toutes les chèvres sont décimées, qu’allons-nous faire?», demande Guege. «La chèvre est comparable à un compte bancaire ou à un compte épargne. C’est une source de revenu» pour beaucoup d'éleveurs congolais, dit-il.Pour sa part, Didier Kulenfuka, un des membres de l’ONG locale Appui aux initiatives paysannes pour le développement, affirme à IPS que l’élevage des petits ruminants «contribue efficacement à la sécurité alimentaire» en RDC.«Avec la peste des petits ruminants, c’est un manque à gagner pour une population qui est déjà pauvre. Le gouvernement doit faire un grand effort pour réussir cette vaccination», ajoute-t-il.

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