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REFUGIES: Fuir avec ce qui est plus important

    By Amy Fallon

    RWAMWANJA, Ouganda, 2 juil (IPS) – Si vous avez été forcé de fuir votre maison pour survivre, que prendriez-vous? Que pourriez-vous prendre? Jean-Claude "Van Damme" Ndongizimana, 20 ans, a fui la République démocratique du Congo (RDC) avec juste le sac dans lequel il gardait ses bénéfices provenant de la vente de lait et ses vêtements sur son dos.

    Il a été forcé de fuir après que les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), combattant les troupes gouvernementales, ont attaqué son village et tenté de le recruter il y a deux mois. Il a finalement trouvé son chemin vers le camp de réfugiés de Rwamwanja dans le district de Kamwenge, dans le sud-ouest de l'Ouganda, qui abrite actuellement plus de 40.000 réfugiés congolais.

    Ce jeune est l'un des neuf réfugiés présentés dans une nouvelle exposition de photographies, organisée par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les photos montrent les réfugiés et les biens qu'ils ont pris avec eux quand ils fuyaient leurs maisons.

    Sur sa photo, Ndongizimana est assis sur les herbes avec son sac noir autour du cou. Dans une autre image, Florence Mukeshimana, 30 ans, pose avec ses cinq jeunes enfants et la vieille casserole dont elle s’est emparé avant de s’enfuir de sa maison après que son mari a sauté sur une mine. "Quand j'ai découvert que mon mari était mort, j'ai perdu espoir et j'ai décidé de quitter le pays", déclare Mukeshimana.

    Les images ont été dévoilées il y a une semaine et continueront d’être exposées au Restaurant Mish Mash et à 'Art Gallery' à Kampala le 2 juillet. Cette exposition durera trois semaines et espère attirer l'attention sur les milliers de personnes forcées de fuir la guerre ou la persécution chaque jour à travers le monde.

    Au cours de l’interview qu’il a accordée à IPS, Ndongizimana portait un imperméable bleu, un pantalon brun surdimensionné et des chaussures de tennis à semelles usées – celles qu'il portait quand il a quitté son pays il y a deux mois. Sa casquette écossaise préférée est posée sur sa tête et affiche l’autocollant d’un joueur de football d’Arsenal, Bacary Sagna, obtenue à partir d'un paquet de chewing-gum après que Ndongizimana a traversé la frontière pour entrer en Ouganda voisin.

    "J'adore le football ici", indique Ndongizimana à IPS, qui a été connu comme jouant du ballon autour de Rwamwanja.

    Selon le HCR, la situation sécuritaire dans l'est de la RDC est précaire depuis juillet 2011, provoquant des afflux réguliers de réfugiés vers l’Ouganda.

    De nouveaux affrontements entre le M23 – un groupe armé créé par d'anciens soldats tutsis qui se sont mutinés en avril 2012 – l’armée de la RDC, et d'autres groupes armés locaux, ont fait fuir des milliers d'autres. Selon le HCR, près de 700.000 personnes ont été forcées de fuir vers l'Ouganda voisin, et environ 2,2 millions ont été déplacées à l'intérieur. Rwamwanja a été rouvert en 2012 par l'Ouganda pour accueillir de nouveaux venus.

    En mai, des centaines de Congolais ont traversé la frontière pour éviter d'être enrôlés de force dans les rangs du M23, selon le HCR. Ndongizimana a mis trois semaines pour faire le voyage.

    "Nous courions, nous dormions quelque part. Nous courions à nouveau, et il pleuvait sur nous. Nous dormions quelque part, nous nous réveillions. Nos vêtements étaient déchirés", dit-il, en décrivant le voyage.

    Ndongizimana craint désormais le pire au sujet de ses parents et frères et sœurs au pays et déclare qu'il veut rester en Ouganda.

    "Si je peux apprendre la boxe, je peux me défendre à l'avenir", affirme-t-il. "J’irai au pays seulement si nous avons la paix".

    En juin, l'Afrique du Sud a commencé à déployer des troupes à Goma, une ville dans l'est de la RDC, pour renforcer les contingents de la Tanzanie et du Malawi qui formeront la Brigade d'intervention de l'ONU. Le 28 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait décidé de changer sa présence en RDC pour passer d'une force de stabilisation et de maintien de la paix à une force d'intervention. Cette force composée de 3.000 hommes devrait être totalement opérationnelle d'ici à la mi-juillet.

    "La situation évoluera certainement une fois que la brigade sera pleinement opérationnelle", déclare à IPS, Kouassi Lazare Etien, chef du bureau du HCR à Goma.

    "Si cette brigade intervient contre le M23, nous pouvons nous attendre à une détérioration de la situation sécuritaire dans les territoires de Masisi et de Rutshuru (dans la province du Nord-Kivu), ce qui pourrait entraîner d'autres mouvements de population vers l'Ouganda".

    Pendant qu’on célébrait la Journée mondiale des réfugiés à Rwamwanja, le 20 juin, le gouvernement de la RDC déployait des centaines de soldats et des chars le long de la frontière avec le M23, indiquant qu'ils peuvent vouloir attaquer les positions rebelles.

    Les négociations de paix ont été organisées sans succès à Kampala, sous les auspices du président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le président ougandais, Yoweri Museveni.

    "S’ils ne parviennent pas à un accord et au cas où la brigade d'intervention lance des attaques contre les groupes armés, en particulier le M23, l’on peut s'attendre à un afflux massif de population vers l'Ouganda", indique Etien.

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