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RELIGION-MAROC: Un jeune marocain milite pour un débat sur la liberté religieuse

    CASABLANCA, 22 novembre (IPS) – La liberté religieuse reste toujours un sujet difficile au Maroc comme en témoigne l'expérience du jeune Kacem El Ghazzali. Après avoir ouvertement publié son opinion sur l'islam, il a été battu et a dû fuir le pays pour se réfugier en Suisse.

    L'année dernière, cet étudiant a lancé un appel à la communauté internationale pour mettre fin à l'application de la charia (loi islamique) appliquée dans les pays arabes. Réagissant à cet appel, un imam a invité ses fidèles musulmans à tuer le jeune homme. El Ghazzali affirme avoir reçu des courriels et de téléphones de menaces. Ensuite, il a été sévèrement battu par les autres élèves de sa classe ainsi que par le personnel de son école. Des militants des droits humains ont organisé une campagne de solidarité pour soutenir El Ghazzali qui a finalement obtenu l'asile politique en Suisse.

    Après avoir pourtant reçu une éducation religieuse très stricte de son père qui le destinait à être imam, le jeune El Ghazzali a changé d'opinion sur la religion qu'il définit comme « une philosophie de la persécution et de l'oppression ». Le Maroc s'affiche comme un pays moderne et démocratique, mais ne tolère pas pour autant ce genre d'opinions telles qu'exprimées sur le blog d'El Ghazzali. La liberté religieuse figure bien dans la Constitution marocaine mais elle a dû mal à s'appliquer dans le vie quotidienne des Marocains.

    Le code pénal marocain impose ainsi trois ans de prison à toute personne ayant « déstabilisée » la foi des musulmans. Cette disposition s'applique également aux Marocains, qui sont supposés naître musulmans, convertis à une autre religion ou athées.

    Juifs marocains

    Le « printemps arabe » ne semble pas promouvoir le principe de séparation entre politique et religion dans ce royaume d'Afrique du Nord qui compte 32 millions d'habitants. L'islam reste la religion officielle de l'Etat marocain. Le mouvement de protestations du 20 février revendiquait une plus grande sécularisation du régime mais « l'arrivée des islamistes dans le mouvement, cette exigence s'est érodée », a déclaré El Ghazzali interrogé par l'agence IPS.

    Mais tous les militants ne partagent pas son avis. Selon Mohamed Amine Manar de Casablanca, le Maroc respecte la liberté religieuse. La preuve? « Les Juifs marocains peuvent toujours pratiquer leur religion ». Le Maroc compte effectivement une communauté juive d'environ 200.000 personnes mais dont la majorité vit à l'étranger.

    Ex-musulmans

    Cette tolérance religieuse ne s'applique visiblement pas aux Marocains ex-musulmans. « C'est une violation de la liberté personnelle des citoyens ainsi qu'une violation grave des droits humains », affirme El Ghazzali qui est déterminé à poursuivre son combat. « A l'aide de mes textes et de mes campagnes, j'essaye de militer politiquement pour défendre les libertés individuelles au Maroc. La meilleure façon d'informer le plus grand nombre est d'organiser un large débat sur la liberté religieuse dans le pays ».

    « La combinaison de la religion avec la sphère politique a finalement conduit à l'émergence d'un islam politique qui veut mettre fin à la laïcité sans régler les problèmes des citoyens », ajoute l'étudiant.

    Il rappelle que selon la Constitution marocaine, le roi est qualifié d' « Amir al Mouminine », le chef des croyants, ce qui fait de lui un être sacré que personne ne peut critiquer ou remettre en cause. Ce caractère divin de la personnalité royale explique pourquoi le peuple marocain n'a pas exigé son départ en se contentant de demander des réformes démocratiques au régime.

    (FIN/IPS/2011)

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