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SAHARA OCCIDENTAL: L’Afrique devrait infliger des sanctions au Maroc

    By Saaleha Bamjee

    MIDRAND, Afrique du Sud, 25 oct (IPS) – Un appel ferme aux Etats membres de l'Union africaine d'imposer des sanctions au Maroc jusqu'à ce qu'il respecte le mandat des Nations Unies, qui soutient le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination, a été lancé au cours des débats du Parlement panafricain.

    Le Parlement panafricain (PAP), l'organe législatif de l'Union africaine (UA), s’est réuni du 3 au 14 octobre pour la cinquième Session ordinaire de la deuxième législature à Midrand, en Afrique du Sud. Cet appel est venu pendant que le PAP examinait, le 5 octobre, les recommandations d'une mission d'information dans la région.Le Sahara occidental est un territoire disputé, avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) revendiquant la souveraineté sur toute la région alors que le Maroc continue d’occuper 75 pour cent environ du territoire après le retrait de l'Espagne, l’ancienne puissance coloniale, en 1976."Ce que le Maroc appelle ses provinces du sud dans la région du Sahara occidental, la RASD le considère comme un territoire occupé et plus de 100.000 Sahraouis ont été déplacés de la région au cours des 35 dernières années, dont la majeure partie réside aujourd’hui dans des camps de réfugiés dans l’ouest de l’Algérie", a déclaré Juliana Kantengwa, du Rwanda, un membre du PAP qui a dirigé la mission d'information.En ligne avec l'objectif du PAP de promouvoir la paix et la sécurité sur le continent, le parlement a envoyé la délégation en juillet pour examiner l'état de la décolonisation de la RASD.Kantengwa s’est référée à la RASD comme un gouvernement en exil, puisque son siège de gouvernance réside dans les camps de réfugiés près de la ville de Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie.Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le gouvernement algérien a indiqué qu'il y a environ 165.000 réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf.Dans le rapport de son équipe devant le PAP, Kantengwa a recommandé que le parlement renforce son plaidoyer sur le sort du Sahara occidental et qu'il devrait exhorter l'UA, à travers son Conseil de paix et de sécurité, à pousser les Etats membres à imposer des sanctions ou à utiliser d'autres formes de pression pour forcer le Maroc à respecter le mandat de l'ONU qui confirme le droit des populations du Sahara occidental à l'autodétermination.Bien que le PAP ne dispose pas actuellement du pouvoir législatif pour mettre en œuvre les recommandations des rapports, Kantengwa a affirmé que l’influence en matière de conseil et de plaidoyer du PAP pourrait aller à la sensibilisation des membres de la communauté internationale."Cela a été un conflit silencieux, mais tant que nous le maintenons dans notre agenda, les puissances internationales seront informées de ce qui se passe au Sahara occidental", a-t-elle dit.Le Maroc a proposé un plan avec lequel mettre fin au conflit. Baptisé le Plan d’autonomie, il indique que le Sahara occidental bénéficiera d’une certaine mesure d’autonomie sous forme de gouvernance nationale, tout en restant sous la souveraineté du Maroc. Cependant, il ne permet pas aux Sahraouis d’organiser un référendum pour décider entre l'indépendance et l'intégration au Maroc.Ouaddadi Cheikh Ahmed El-Haiba, membre du PAP originaire de la RASD, s’est référé au Plan d'autonomie, comme un "plan de la mort". "Les Sahraouis veulent être en mesure de déterminer leur propre destin. Nous ne voulons rien de plus que l'indépendance", a déclaré El-Haiba.Le Maroc a quitté l'UA (à l’époque, l’Organisation de l'unité africaine) en 1984, lorsque l’union a reconnu la RASD en tant qu'Etat membre. Toutefois, des Etats membres de l'UA maintiennent encore des relations diplomatiques avec le Maroc."Je pense que l'UA doit mettre en pratique ses propres résolutions et recommandations. Malgré les résolutions qui ont été obtenues auprès de l'ONU, des organes de conseil de sécurité et de défense des droits humains, etc., chacun soutenant les droits des Sahraouis, le Maroc n'est encore prêt à accepter aucune d'entre elles"."S’ils ne sont pas sanctionnés, ils continueront à agir comme ils le font au Sahara occidental, parce qu'ils estiment qu'ils sont soutenus par des puissances internationales", a affirmé El-Haiba.Salah El Abd Mohamed, l'ambassadeur sahraoui en Afrique du Sud, a déclaré à IPS que l'ambassade était très satisfaite du rapport qui a été présenté devant le PAP."L'équipe a vu ce qui se passait réellement sur le terrain et comment le peuple sahraoui se bat pour sa détermination. Nous remercions le PAP pour la délégation qui a été envoyée au Sahara occidental et sommes satisfaits de ses recommandations", a indiqué El Abd Mohamed.Kantengwa a indiqué à IPS que malgré les défis auxquels ils sont confrontés en vivant dans les camps et l'incertitude de leur avenir, alors que le Sahara occidental demeure sous l'occupation marocaine, les femmes sahraouies avaient l'espoir que leur droit à l'autodétermination sera un jour une réalité.Kantengwa a noté que les femmes sahraouies jouaient un rôle actif dans la communauté et que bon nombre occupaient des postes dans la gouvernance.Les femmes étaient particulièrement actives dans les camps et ont totalement pris en charge l'organisation et la fourniture de services sociaux, tels que la santé et l'éducation, a souligné Kantengwa à IPS.Cependant, les jeunes semblaient moins optimistes, a-t-elle indiqué. "La société est dominée par les femmes. Les quelques jeunes qui étaient là-bas nous ont dit qu'ils devenaient impatients avec les difficiles processus de négociation entre la RASD et le Maroc au sujet du territoire contesté, et qu’un conflit armé peut éclater si c’est trop lent".

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