Home » Developpement, Environnement, Headlines, Reportage d'Afrique »

SAHEL: Branle-bas pour faire face au retour d’ex-combattants pro-Kadhafi

    By Soumaila T. Diarra

    BAMAKO, 25 nov (IPS) – De retour au Sahel (leur origine), d'anciens combattants touaregs fidèles à l’ex-dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, ont formé des groupes armés pour se faire entendre, notamment au Mali. Mais face à ces légions dont certaines sont sécessionnistes, les pays de la région s’organisent.

    La valse des enlèvements d’Européens au nord du Mali depuis mercredi 23 novembre confirme la nécessité pour ces pays de se mobiliser pour faire face ensemble à l’insécurité grandissante.«La zone est sillonnée par des groupes marginaux peux soucieux des limites territoriales des Etats et sert de refuge aux bandits et aux trafiquants d'armes et de drogue», a expliqué Dr Mariam Djibrila Maïga, membre de la Coordination nationale de la société civile pour la paix et la lutte contre la prolifération des armes légères, à l’occasion du lancement de son livre "Lutte contre le terrorisme au Mali" au début de ce mois.«C’est un problème sous-régional qui va au-delà d’une gestion unilatérale d’un seul Etat de la bande sahélo-saharienne. D’où la création de l'État-major conjoint des pays de l'espace sahélo-saharien basé en Algérie», a indiqué à IPS le colonel-major Salif Koné, gouverneur de la région de Kidal, à l’extrême nord-est du Mali.C’est dans cette région désertique, non loin de l’Algérie, que des Touaregs ayant combattu auprès de l’ancien guide libyen se sont regroupés après avoir fuit la Libye. «La plupart ont servi pendant des années dans l’armée libyenne, sous le régime du défunt colonel Kadhafi. Les officiers parmi eux auraient 30 ans de service dans l’armée Libyenne», a poursuivi le colonel-major Koné.Ces combattants, qui ont formé trois groupes armés retranchés dans les montagnes, près de la frontière algérienne, n’ont pas tous les mêmes objectifs. Deux d’entre eux (qui n'ont pas encore fait connaître leurs noms) demandent leur insertion dans l’armée malienne ou dans le tissu économique, à travers des activités génératrices de revenus. Quant au troisième groupe, le Mouvement national de la libération de l’Azawad (MNLA), sa revendication porte sur l’auto-détermination des trois régions nord du Mali (Tombouctou, Gao et Kidal); soit deux tiers de la superficie du Mali.Comme d’habitude, les autorités maliennes prônent le dialogue, a expliqué à IPS Adama Diarra, un journaliste basé dans la ville de Kidal. C’est pourquoi le gouverneur de la Région de Kidal a été le premier à prendre contact avec les deux premiers groupes d’ex-combattants rentrés de Libye. Ensuite, il y a eu une délégation nationale composée de 16 personnalités dont six ministres et, en fin, une mission parlementaire de 15 personnes, la plupart élues et originaires des trois régions nord du Mali. Mais si les deux groupes voulant leur insertion ont réaffirmé leur volonté de faire la paix, le MNLA campe sur sa position sécessionniste.Cette situation en ajoute à l’insécurité qui régnait déjà dans la zone, car les véhicules des missionnaires en direction du nord du Mali, notamment la région de Kidal, sont la cible d’attaques armées. «Ça a été le cas d’une mission de la Croix-Rouge internationale, courant octobre 2011.

    Heureusement, il n’y a pas eu de perte en vie humaine ce jour-là. Mais le chef de mission d’escorte militaire, a, en effet, été tué à la mi-octobre, au cours de l’enlèvement du véhicule d’une mission du Projet intégré de développement rural de la région de Kidal. Ces deux actes se sont produits en l’espace d’une semaine toujours dans la même région de Kidal», a ajouté Diarra.Les pays de la région sont en alerte depuis qu’une colonne des anciens combattants a été détruite par les forces armées nigériennes début novembre. Mais c’est sur le plan diplomatique que les gouvernements ont anticipé cette crise, craignant qu’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) ne profite de la guerre en Libye.Les ministres des Affaires étrangères des pays du champ d’AQMI (Algérie, Mali, Mauritanie, Niger) ont tenu une réunion en mai 2011 à Bamako pour mettre en place le Comité d'état major opérationnel conjoint (CEMOC) et l'Unité de fusion et de liaison (UFL). «Nous rentrons de Washington où nous avons rencontré les Américains pour voir concrètement l'opérationnalisation de certains engagements. En décembre prochain, nous irons à Bruxelles pour rencontrer l'Union européenne», a expliqué Soumeylou Boubèye Maïga, ministre malien des Affaire étrangères.En décembre, une rencontre de ces mêmes ministres sera élargie au Burkina Faso, au Nigeria et au Tchad. Il y aura ensuite une autre rencontre avec l'Union du Maghreb Arabe (UMA) notamment la Libye, le Maroc et la Tunisie. L’Azawad dont les sécessionnistes réclament l’indépendance n’est pas une région composée seulement de Touaregs. Elle est également habitée, entre autres, par des Songhaïs, des Arabes, des Berbères et des Peulhs.«A Gao, le Gandakoy (les maîtres de la terre, en sonrhaï), qui est un mouvement créé au début des années 1990, s’est déjà démarqué des revendications du MNLA en diffusant des communiqués sur les ondes de radios privées», a dit Diarra.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa