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SAHEL: L’ONU exhorte les donateurs à saisir l’opportunité de 2013

    By Carey L. Biron

    WASHINGTON, 8 oct (IPS) – Annonçant que la pire crise alimentaire dans la région du Sahel en Afrique semble avoir été évitée, le haut responsable de l'ONU pour la zone, David Gressley, a prévenu le 3 octobre que le passage potentiel de cette urgence immédiate ne devrait pas détourner l'attention internationale de ce qui doit être fait en 2013.

    Pour lui, c'est une année cruciale pour renforcer la résilience dans la région.

    La perspective d'une avancée en 2013 a été introduite par la confluence d’une grande attention internationale sur le Sahel au même moment où plusieurs gouvernements de la région, notamment le Niger, ont commencé un travail sérieux et proactif sur la résolution de certaines des causes profondes de la vulnérabilité de la région.

    Mais Gressley craint que cette opportunité ne puisse être anéantie non seulement par la perspective d'une récolte relativement bonne cette année, mais aussi par la situation chaotique au Mali qui détourne l'attention internationale.

    "Avec de bonnes nouvelles, le danger est que nous oublierons la crise chronique – des problèmes de sécurité alimentaire continueront d’exister à travers le Sahel, et nous savons qu’une sécheresse frappera de nouveau à l'avenir", a déclaré à Washington, Gressley, le coordonnateur humanitaire régional des Nations Unies pour le Sahel, un nouveau poste inhabituellement vaste auquel il a été nommé en avril.

    "Nous avons le choix de laisser les problèmes chroniques continuer, en répondant avec un ensemble massif de mesures d'aide, ou nous pouvons commencer à prendre des dispositions aujourd'hui pour tenter de réduire l'impact – à la fois la souffrance humaine et le coût de la réponse. Mais nous avons besoin d’une volonté politique très forte entre pays et donateurs pour examiner la façon de le faire".

    La région du Sahel – près d'une douzaine de pays à la frontière sud du désert du Sahara – a connu une sécheresse catastrophe, mais pas unique, l'année dernière, qui a détruit les récoltes et le bétail. En raison de cette sécheresse, il existe encore quelque 18 millions de ménages dans le Sahel qui sont confrontés à l'insécurité alimentaire, ainsi qu’environ un million d'enfants souffrant de malnutrition aiguë.

    Il y a eu des inquiétudes croissantes qu’une deuxième mauvaise récolte s’annonçait cette année, et la Banque mondiale a prévenu à la fin d’août que les prix du maïs et du sorgho, dans certaines parties du Sahel, étaient de nouveau élevés près du record. Mais l'arrivée de pluies relativement fortes, associée à un effort international massif, a réduit de telles anxiétés pour le moment.

    Se tourner vers le long terme

    Néanmoins, les engagements des donateurs pour l’effort international vers le Sahel ont dépassé 1,6 milliard de dollars, dont environ 350 millions de dollars ont été fournis par les Etats-Unis et plus par l'Union européenne. (Environ 1,3 milliard de dollars de cette somme est allé aux efforts visant à atténuer la crise alimentaire, alors que le reste est investi dans un effort encore sous-financé à faire face aux réfugiés qui ont été forcés de fuir).

    Et bien que cet effort semble jusqu'à présent avoir pu éviter une crise cette année, Gressley affirme que l'argent dépensé n’a pas beaucoup aidé les communautés touchées à se préparer à de telles situations inévitables à l’avenir.

    "C’est bon de savoir qu'une mesure précoce peut avoir un impact positif", indique Gressley. "Mais les crises génèrent un appui pour seulement un certain moment et cela se dissipe rapidement par la suite; avec les bonnes pluies, les gens parlent déjà d'autres choses. En effet, une réponse humanitaire de ce type est généralement nécessaire seulement dans le cas des échecs politiques et de développement – et à travers le Sahel, il y a certainement un échec de développement".

    Même dans une année de bonne récolte – comme celle de cette année pourrait se révéler être – un quart de million d’enfants devraient toutefois mourir à travers les pays du Sahel. Ce problème structurel à long terme, estiment les experts, est une vulnérabilité qui peut rapidement se transformer en une véritable crise à tout moment.

    Afin d'avancer avec le programme de résilience dans lequel les Nations Unies et d'autres s’embarquent aujourd’hui, Gressley déclare que les donateurs internationaux devront fournir des engagements solides pour des initiatives de cinq ou même 10 ans.

    C'est beaucoup demander, d'autant plus que les donateurs dans le monde réduisent leurs projets au milieu de l'imposition de mesures d'austérité. En outre, les Etats-Unis, pour leur part, ont une politique demandant de ne pas allouer des fonds au-delà d'un horizon de trois ans.

    Pourtant, il existe actuellement un accord général parmi les principaux donateurs selon lequel des projets de résilience au Sahel sont nécessaires. La nouvelle initiative la plus potentiellement de grande portée est en train d’être conduite par la Commission européenne, un partenariat dévoilé en juin appelé 'Alliance globale pour l'initiative résilience-Sahel' (AGIR-Sahel).

    Alors que l'accent initial du partenariat était spécifiquement sur la crise aiguë qui se manifestait, sa première déclaration était notamment tournée vers l’avenir. "Les participants ont convenu qu'un effort concerté des gouvernements et organisations de la région ainsi que des partenaires humanitaires et de développement est nécessaire", indique la déclaration, "à la fois pour résoudre la crise actuelle et minimiser l'ampleur des crises similaires à l'avenir".

    Bien que Gressley loue le partenariat 'AGIR Sahel', il affirme que la combinaison actuelle de l'attention internationale et des attitudes progressistes au sein de plusieurs gouvernements dans le Sahel "peut ne pas se répéter si nous ne l’embrassons pas" d’ici l’année prochaine.

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