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SAHEL-SAHARA: Des ravisseurs arrêtés et le Mali sécurise ses sites touristiques

    By Soumaila T. Diarra

    BAMAKO, 12 déc (IPS) – Des individus ont été arrêtés dans la région de Hombori, vendredi (9 décembre) dans le nord du Mali, pour complicité dans l’enlèvement de deux Français dans leur hôtel dans cette localité le 24 novembre, indique à IPS, un responsable sécuritaire malien, ce lundi.

    En attendant un communiqué officiel sur ces arrestations, l’information a été confirmée à IPS lundi par Cheick Hamala Sylla, directeur de publication du journal L’Aube – proche du pouvoir – et basé à Bamako, la capitale malienne.«Le commando, auteur de ce rapt et qui vient d’être appréhendé dans une localité du nord, est constitué de quatre hommes dont un chef et son second, un guide et un chauffeur. Chacun des membres de ce groupe avait un rôle précis dans l’exécution de l’opération qui s’est déroulée nuitamment dans une auberge de la localité», annonce le site Internet de L’Aube. «Aussi, le groupe disposait d’un véhicule, d’armes individuelles (kalachnikov), de plusieurs téléphones portables et même d’appareils satellitaires».La traque des membres d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) s’est intensifiée en décembre après les enlèvements de cinq Occidentaux vers la fin-novembre dans deux localités du nord du Mali: les deux Français à Hombori le 24 novembre, et trois autres Européens dans leur hôtel à Tombouctou, le lendemain. Le gouvernement tente actuellement de sécuriser les sites touristiques du pays.

    «Les responsables du tourisme et ceux de la sécurité ont rencontré jeudi (8 décembre) le ministre de la Sécurité pour prendre des mesures visant à sécuriser les sites touristiques», a déclaré à IPS, Damien Diarra, un habitant de la ville touristique de Mopti, dans le centre du pays.Le gouvernement malien a déjà élaboré un plan de sécurisation des sites touristiques et des personnes. «Chaque région a son plan et c’est un travail qui implique les gouverneurs et les commandants des régions militaires. Concernant Mopti, les dispositions sont prises pour poster des agents de sécurité devant les hôtels», a ajouté Diarra.

    Le gouvernement a ordonné également le contrôle de tous les axes routiers menant à Bamako, ainsi que la réouverture des postes de contrôle qui avaient été fermés à la demande des transporteurs.

    «Je voyage plusieurs fois entre Bamako (dans le sud) et la région de Gao (dans le nord). Les contrôles étaient ennuyeux, mais avec la montée de l’insécurité, ils le sont davantage», a indiqué Alou Sidibé, un passager dans un bus reliant les deux villes.

    La psychose s’installe de plus en plus chez les populations locales. De nombreuses attaques ont eu lieu récemment contre des cibles militaires dans les régions du nord. «Des chantiers de construction que l’Etat avait lancés dans le nord ont fait l’objet d’attaques la semaine dernière», affirme Sidibé à IPS.Malgré les efforts visant à sécuriser les sites touristiques, les personnes vivant du tourisme sont pessimistes face à la mauvaise publicité que les prises d’otages font. «Je pense que la saison touristique qui vient de commencer est compromise pour le reste de l’année. Les touristes que nous devrions recevoir cette année ont annulé leur voyage», a expliqué à IPS, Soulèye Touré, guide touristique à Tombouctou.

    Au lendemain des enlèvements de novembre le gouvernement avait déclaré qu’AQMI était entrée en guerre contre l’Etat malien. Par ailleurs, sous le commandement d’un comité d’état-major conjoint, le Mali, l’Algérie, le Niger et la Mauritanie mènent des opérations militaires contre les cachettes d’AQMI.

    De son côté, AQMI a justifié vendredi dernier le choix du territoire malien pour enlever les cinq Occidentaux en otage dans le Sahel, après avoir revendiqué ces enlèvements dans un communiqué, la veille (le 8 décembre).

    AQMI accuse le Mali d’entretenir «en ce moment la coopération avec la France pour retrouver les otages enlevés récemment», explique, à IPS, le responsable sécuritaire malien ayant requis l’anonymat. Les deux Français sont présentés par AQMI comme des espions au service des renseignements de leur pays. Deux photos diffusées vendredi par AQMI montrent les cinq Occidentaux enlevés.Le communiqué d’AQMI adresse une menace à peine voilée au Mali, indiquant que «les poursuites engagées contre les combattants de l’organisation et leurs familles, pour satisfaire les Etats-Unis et la France de Sarkozy, constituent de grosses erreurs, allant contre la raison et la charia qui ne peuvent passer sans représailles».Selon ce communiqué, «les moudjahidin (combattants) ont choisi le sol malien pour exécuter ces deux opérations en réaction à l’engagement injustifié du gouvernement d’Amadou Toumany Touré, soumis aux pressions de la France, contre les moudjahidin».

    En effet, AQMI reproche au Mali d’avoir arrêté, dans un passé récent, certains de ses militants: «Abou Sâd Al Azawadi (originaire du nord-Mali), Abou Youness et le moujahid Mohamed Lemine Ould M’Balla, remis par Bamako à Nouakchott».

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