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SANTE-KENYA: L’agence ignore la suspension de la loi sur la contrefaçon

    By Suleiman Mbatiah

    NAIROBI, 7 juil (IPS) – L’agence chargée de l’application de la Loi sur la contrefaçon de 2008 au Kenya ignore la suspension par la Cour constitutionnelle de la loi sur les médicaments. En outre, une grande compagnie pharmaceutique multinationale a proposé d’aider l’agence à appliquer cette loi malgré la décision de la cour.

    Des articles de la loi sur la contrefaçon applicable aux médicaments ont été suspendus en avril après que trois personnes vivant avec le VIH ont engagé une procédure en justice contre la loi. Les activistes ne veulent pas que la loi s’applique aux médicaments parce qu’elle confond les produits contrefaits et les médicaments génériques, ce qui leur refuse le droit de disposer des anti-rétroviraux génériques à des prix abordables et qui sauvent la vie.IPS a constaté que GlaxoSmithKline (GSK) a proposé de sensibiliser les agents de l’Agence de lutte contre la contrefaçon au Kenya (ACA) sur l’identification des médicaments contrefaits. L’agence a abrité l’organisation de cours d’initiation à l’endroit de ses agents pendant le mois de juin. Ces agents sont chargés, entre autres, de faire la distinction entre les originaux et les produits contrefaits, dans le but de saisir ces derniers.Le directeur des affaires médicales et de régulation de GSK, Dr William Mwatu, a confirmé que sa société a échangé avec l’agence pour manifester sa volonté de l’assister. Les agents ont entrepris des visites aux industries concernées du 15 au 18 juin, mais ne pouvaient pas visiter à l’époque les installations de GSK.Gregory Munyao, le secrétaire de l’agence par intérim, a déclaré à IPS que les agents pourraient visiter GSK en juillet. Il a ajouté que les firmes pharmaceutiques ont un grand intérêt pour la santé publique et la protection de leurs propres intérêts, et doivent donc être impliquées dans les cours d’initiation.Le chargé de plaidoyer et de politique de recherche de l’Association des fabricants au Kenya, Joseph Wairiuko, a déclaré que les compagnies pharmaceutiques devaient être impliquées dans la formation des agents puisqu’elles ont l’expertise."Les fabricants ont un rôle à jouer dans l’information du public sur la façon d’identifier un produit original", a indiqué Wairiuko à IPS. "Nous sommes en train de réussir à mettre en place une base de données sur tous les produits fabriqués à impliquer dans le processus de manière proactive", a-t-il ajouté. Au même moment, il a accusé le gouvernement des retards dans la mise en œuvre.Interrogée sur les implications de la loi pour ses activités concernant les médicaments, l’agence semblait ignorer l’évolution de la situation à la Cour constitutionnelle."Nous sommes encore à la phase de départ. Je ne suis pas personnellement au courant de ce qui se passe à la cour concernant les génériques", a déclaré Magdalene Munyao, directeur adjoint de l’application de la loi et des services juridiques.Mwatu a indiqué à IPS que GSK n’irait pas contre la décision de la cour relative à la Loi sur la contrefaçon. Il a ajouté que "nous sommes sérieusement contre les produits contrefaits, pas contre les génériques. Nous allons sensibiliser les fonctionnaires de l’agence sur cela".Il a également dit que les produits contrefaits "demeurent une menace et que l’agence doit agir promptement pour obtenir un impact positif".Gichinga Ndirangu, coordonnateur régional de 'Health Action International -Africa' (HAI-Afrique), a déclaré à IPS : "Nous sommes soulagés de ce que la récente décision de la cour signifie que l’Agence de lutte contre la contrefaçon ne pourra pas intervenir dans l’importation et la distribution de médicaments génériques aux Kényans".Il a averti que "lorsque l’agence démarrera son travail, elle ne doit pas constituer un obstacle à l’accès aux médicaments. Cette loi menace les flexibilités accordées aux pays en développement en vertu de l’accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) de l’Organisation mondiale du commerce, qui aide à améliorer l’accès aux médicaments génériques à des prix plus abordables pour les gens".HAI-Afrique est un réseau mondial d’organisations et d’individus qui font la promotion du droit à la santé.Les activistes ont remporté une victoire indirecte lorsque les fonctionnaires du ministère de la Santé du Kenya ont déclaré, à l’assemblée de l’Organisation mondiale de la santé à Genève en juin, que la loi sur la contrefaçon a été imposée par le ministre de l’Industrie du pays qui n’a pas tenu compte de ses implications pour la santé publique.

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