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SANTE: Les objectifs de développement misent sur les vitamines

    By Justine Leone

    BRUXELLES, 30 nov (IPS) – Environ 190 millions – c'est plus que les populations d'Allemagne, de France et de Pologne réunies. C’est également le nombre d'enfants touchés par la carence en vitamine A dans le monde.

    Un apport insuffisant de ce nutriment vital – qui se trouve dans des aliments comme le foie, les carottes et le chou frisé – peut être fatal et cela provoque la cécité chez 250.000 à 500.000 enfants chaque année.

    Environ 100 ans après que le scientifique polonais, Casimir Funk, a créé le concept des vitamines, de grands progrès ont été réalisés dans la promotion de la prise de conscience qu’une bonne nutrition est essentielle pour la santé.

    Cependant beaucoup reste à faire, en particulier dans les pays en développement, pour propager la sensibilisation selon laquelle résoudre simplement le problème de la faim n’aborde pas nécessairement la question de la nutrition. Actuellement, 7,3 pour cent de la charge de morbidité dans le monde est causée par la carence en vitamines et en éléments nutritifs.

    La pauvreté est la principale cause de beaucoup de carences en vitamines, en particulier la vitamine A. Une grande partie de l'Asie du sud et de l’Afrique subsaharienne est touchée par des cas graves de carence en vitamine A – puisque bon nombre de régimes alimentaires dans ces parties du monde comprennent uniquement des aliments de base.

    Par exemple, le riz peut représenter jusqu'à 70 pour cent de l'apport en calorie dans beaucoup de pays asiatiques, tandis que le manioc – riche en calories mais pauvres en éléments nutritifs – est la principale source de nourriture pour beaucoup d’Africains.

    Contrairement à d'autres pays d'Asie du sud, tels que le Bangladesh et le Népal, l'Inde met du temps à régler la carence en vitamine A. En conséquence, l'Inde représente 37 pour cent des victimes, y compris environ 80 millions d'enfants.

    Dr Klaus Kraemer de 'Sight and Life' (Vue et vie), un groupe suisse de promotion de la nutrition, déplore ce manque d’attention. "L'Organisation mondiale de la santé recommande deux à trois doses de vitamine A par an pour les enfants de moins de cinq ans. Cela est basé sur des preuves scientifiques indiquant une réduction de 24 pour cent de la mortalité".

    "C’est tragique que l'Inde mette du temps à appliquer cette directive, entraînant des décès inutiles d'enfants", a-t-il déploré.

    Dr Shilpa Vinod Bhatte, un professionnel de la santé basé à Mumbai, en Inde, a expliqué à IPS que le problème du pays est en partie dû aux régimes alimentaires locaux: "La faim cachée et la carence en vitamine A en Inde ne sont pas dues seulement à la pauvreté, mais à un manque de connaissances sur la valeur nutritive des aliments qui doivent être consommés pour garder une bonne santé – la plupart des régimes alimentaires des enfants de moins de cinq sont uniquement composés de la bouillie de maïs, de riz ou de blé".

    Toutefois, il y a des signes que cette tendance change, en grande partie du fait d'une pression renouvelée des praticiens du développement à travers le monde de s'attaquer au problème.

    Le Groupe d'experts du Consensus de Copenhague 2012 d’économistes de haut niveau du monde a évalué les moyens les plus efficaces d'allocation de fonds pour faire face aux défis les plus difficiles du globe, et a indiqué que "des interventions groupées en micronutriments" devraient être la première priorité pour les investissements dans la santé et le développement du monde.

    Le lauréat du Prix Nobel, l'économiste Vernon Smith, l'un des participants, a expliqué que "l'un des investissements les plus convaincants, c’est d'amener les éléments nutritifs vers les personnes sous-alimentées dans le monde. Les avantages à procéder ainsi – en termes d’amélioration de la santé, de la scolarisation et de la productivité – sont énormes".

    En effet, l'estimation avancée par le Consensus de Copenhague est un bénéfice de 17 fois pour chaque dollar dépensé.

    Atteindre les OMDLes experts estiment que ces avantages devraient être considérés à la lumière des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), convenus par tous les Etats membres de l'ONU en 2000 pour lutter contre l'extrême pauvreté et améliorer les vies.

    Le tableau de bord le plus récent de l'ONU a montré que les taux des personnes souffrant de la faim et de la malnutrition sont toujours lamentablement élevés.

    En particulier, l'Afrique subsaharienne connaît des niveaux très élevés de faim – au Burundi, en République démocratique du Congo et en Erythrée, plus de 60 pour cent de la population étaient considérée comme "sous-alimentée".

    L'ONU et les gouvernements nationaux fournissent des capsules de vitamine A équivalant aux besoins de 390 millions d’enfants sur les 540 millions souffrant de carences, mais un manque d'action coordonnée a laissé des millions hors de la portée de ces efforts.

    Maintenant, le secteur privé est intervenu pour combler le vide, fournissant des suppléments et aidant au renforcement des capacités.

    DSM – un leader mondial dans la fourniture de vitamines, dont le siège est aux Pays-Bas – a fait équipe avec des organisations comme le Programme alimentaire mondial (PAM), la Banque mondiale et l'Alliance mondiale pour une meilleure nutrition (GAIN), ainsi qu’avec des organisations caritatives comme 'Vitamin Angels', pour fournir des vitamines et nutriments essentiels aux communautés pauvres.

    DSM fournit un appui financier direct – un million de dollars pour l'enrichissement du riz en 2012 seule – ainsi que des capsules, des poudres, de l'expertise technique et des ressources logistiques.

    "'Vitamin Angels' appuie plus de 100 ONG (organisations non gouvernementales) dans les Etats indiens à haut risque qui nous aident à atteindre près de trois millions d'enfants de moins de cinq ans risquant de devenir aveugles ou de mourir à cause de la carence en vitamine A", a expliqué Bhatte.'Vitamin Angels', avec 'Sight and Life' et DSM, travaille également dans les communautés à travers l'Inde pour engager des acteurs sur le terrain, depuis les ONG et gouvernements locaux jusqu’aux dirigeants communautaires, pour définir des objectifs à long terme tels que le travail à travers des institutions locales pour mettre en place un système durable de distribution de la vitamine A.

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