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SANTE-MALI: Des céréales transformées pour soigner des enfants malnutris

    By Soumaila T. Diarra

    BAMAKO, 6 juil (IPS) – Une dizaine de femmes s’activaient pour transformer des céréales locales entrant dans la composition de la farine alimentaire 'Misola' destinée aux enfants malnutris, lundi à Kati, une ville située à 15 kilomètres de Bamako, la capitale du Mali, dans le sud du pays.

    Dans ce pays sahélien d’Afrique de l’ouest, également en proie à une rébellion depuis le début de l’année, la malnutrition touche un enfant sur cinq, selon Abdoulaye Sangho, coordinateur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Misola au Mali.«La base de la farine Misola que nous produisons est le mil. Nos l’achetons auprès des marchands de céréales dans les marchés de la ville», indique à IPS, Ramata Traoré, la présidente de l’unité de production de cette farine à Kati.La demande de la farine Misola qui combat la malnutrition s’est accrue au Mali, à cause d’une mauvaise campagne agricole à la fin de 2011. Selon un rapport du ministère malien de l’Agriculture, publié en décembre dernier sur la campagne agricole de 2011, le déficit céréalier est estimé à trois millions de tonnes. Pour une prévision de huit millions de tonnes, le pays a récolté 5,02 millions de tonnes.

    «La crise alimentaire en cours accentue le risque de malnutrition dans plusieurs régions du Mali dont celles de Kayes (sud-ouest), Koulikoro et Ségou (sud)», déclare Aminata Sissoko, spécialiste de la nutrition à la Croix-Rouge malienne.

    Pire, le contrôle de trois régions du nord du pays (Kidal, Tombouctou et Gao) par des groupes armés islamistes et les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a aggravé cette situation. «Jusqu’à présent, nous n’avons pas pu nous rendre dans les zones sous le contrôle des groupes armés pour évaluer les besoins. Mais nous venons en aide aux personnes déplacées par la guerre avec de la farine Misola», ajoute Sissoko à IPS.Le projet Misola, élaboré par l'association française Misola, est un projet de santé publique qui s'appuie sur l'utilisation d'un aliment – une farine enrichie – pour lutter contre la malnutrition infantile.

    «Nous sommes une ONG qui soutient les femmes productrices de la farine Misola. L'objectif est de contribuer à l'amélioration de l'état nutritionnel des populations, notamment des enfants âgés de six à 60 mois et des femmes enceintes et allaitantes», explique Sangho à IPS.Dans la cour où Traoré et ses camarades travaillent à Kati, des graines de mil, après avoir été lavées plusieurs fois, sont étalées pour être séchées au soleil sur une bâche dépliée sur le sol. «Puisque ce que nous produisons est destiné à l’alimentation des enfants, nous tenons beaucoup à respecter les normes d’hygiène», souligne Traoré pour justifier pourquoi on ne doit pas franchir avec les chaussures le seuil du magasin de stockage de la farine.

    La première unité de production de la farine Misola au Mali est apparue en 1993 à Diafarabé, dans le centre du pays. Rapidement, le projet s’est développé et compte aujourd'hui 19 unités réparties dans toutes les régions du pays à l'exception de Kidal, dans le nord.

    Mais le projet va au-delà du Mali car c'est au Burkina Faso que les premières unités se sont installées depuis 1982. Puis, après le Mali, le projet Misola a créé des unités dans d’autres pays de la sous-région, notamment au Sénégal, au Niger et au Bénin.Une charte relie les unités productrices à l’ONG Misola. «C'est pourquoi dans chacun des projets, les femmes s’engagent à faire la promotion de meilleures pratiques nutritionnelles dans les quartiers. Elles organisent des séances de démonstration dans les centres de santé ou dans d’autres lieux publics», affirme Sangho.

    La farine Misola associe des céréales et des légumineuses riches en huile afin d'en faire un aliment équilibré qui est fourni en protéines et en matières grasses. Il est composé de 60 pour cent de petit mil, 20 pour cent de soja et de 10 pour cent d'arachide. A cela, on ajoute des vitamines pharmaceutiques et des sels minéraux permettant de mieux répondre aux carences alimentaires.En apprenant aux mères à préparer, elles-mêmes, des bouillies à partir d'aliments bruts et à les utiliser en suivant les recommandations transmises dans des messages de sensibilisation, l’association Misola contribue à l’éducation nutritionnelle en se basant sur le savoir faire des unités de production.

    «Mon enfant était très malade et maigre quand il avait sept mois, mais je ne savais pas que c’était la malnutrition. C’est lors d’une séance de démonstration de Misola au marché que je l’ai su», affirme à IPS, Assetou Traoré, vendeuse de condiments au marché de Kati.Parlant de l’accessibilité à une riche alimentation pour la santé des enfants au Mali, Chata Mariko, infirmière dans un centre de santé de Bamako, a indiqué à IPS que les remèdes prescrits contre la malnutrition sont à la portée des parents. «Le sachet de certains de ces aliments ne coûtent pas plus de 500 francs CFA (environ un dollar US). Mais malheureusement, il y a des parents qui n’amènent pas leurs enfants à temps dans les centres de santé», déplore-t-elle.

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