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SANTE: Un nouvel effort cible les principales causes de mortalité infantile

    By Lucy Westcott

    NATIONS UNIES, 24 mai (IPS) – PATH, une organisation mondiale de développement du secteur de la santé, basée à Seattle aux Etats-Unis, cherche à sauver deux millions de vies d'ici à 2015 en s'attaquant conjointement à la diarrhée et à la pneumonie, les principales causes de mortalité infantile dans le monde.

    Steve Davis, président-directeur général de PATH, a délivré le message lors du neuvième Petit-déjeuner annuel de PATH pour la santé mondiale qui a eu lieu à Seattle mardi, 21 mai.

    "Aujourd'hui, nous avons pris l’engagement, avec des partenaires à travers le monde, de sauver deux millions de vies d'ici à la fin de 2015", a déclaré Davis à IPS.

    PATH commencera ses efforts en Inde, au Cambodge et en Ethiopie, où l'intervention est la plus urgente et l’organisation a des ressources. Bien que ces trois pays aient vu chuter leur taux de mortalité infantile due à la diarrhée, le taux de mortalité due à la pneumonie de l'Inde demeure stagnant, représentant 24 pour cent des décès des enfants de moins de cinq ans, le même qu'en 2000, selon les statistiques de 2013 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

    "Aucun parent ne doit être obligé d’enterrer un enfant à cause de quelque chose que nous pouvons aider à éviter ou à traiter", a indiqué Davis.

    La diarrhée et la pneumonie sont deux maladies qui affectent notamment des enfants dans les pays africains et asiatiques, a souligné Davis, la diarrhée faisant autour de 760.000 morts par an. Et bien que le nombre d'enfants qui meurent en Afrique avant l'âge de cinq ans ait diminué, il dépasse largement ceux de toutes les autres parties du monde, selon les statistiques de 2013 de l'OMS.

    Melinda Gates, philanthrope et fondatrice de la Fondation Bill et Melinda Gates, qui aide à financer le développement du secteur de la santé et des vaccins à travers le monde, a parlé, lors du petit-déjeuner, de l'importance de vacciner les enfants ainsi que de la science "appropriée" qui répond aux besoins des communautés dans les pays en développement.

    "[Le] monde en développement est parsemé de programmes pilotes", a déclaré Gates.

    En montant sur la scène, Davis a montré une ceinture d’outils posée autour de la veste de son costume. Aide visuelle, cette ceinture a permis à Davis de montrer et de transporter certains des instruments qui peuvent empêcher la mort de tant d'enfants de maladies diarrhéiques, des outils qui seront utilisés pour atteindre l'objectif salvateur de PATH.

    De l'eau potable, du savon, des comprimés de zinc pour la thérapie par réhydratation orale et le vaccin contre le rotavirus, qui stoppe certaines maladies diarrhéiques avant qu'elles ne commencent, figuraient tous parmi les outils.

    Mais ce n'est pas seulement la science et les vaccins qui peuvent améliorer la vie des communautés ravagées par la diarrhée. Les traditions et idées culturelles profondément ancrées par rapport à la maladie doivent être changées également.

    Dr Alfred Ochola, conseiller technique de PATH pour la survie et le développement de l’enfance au Kenya, a parlé de l'éducation des Kényans sur la façon de réduire le risque de diarrhée dans leurs communautés grâce à des pratiques d'hygiène comme le lavage des mains.

    Mais Ochola, qui a perdu un frère et une sœur à cause d'une épidémie de diarrhée au Kenya alors qu’ils étaient enfants, a remarqué qu’au début, les gens sont réticents à embrasser le changement.

    "La lutte contre les vieilles croyances selon lesquelles la diarrhée est une malédiction et non une infection, et que la mort d'un enfant est une partie inévitable de la vie, constitue un grand [défi]. 'Dieu vous donnera un autre' est un dicton commun au Kenya", a indiqué Ochola.

    Beaucoup de gens croient qu'un enfant qui a la diarrhée est maudit, a déclaré Ochola. Le vomissement et la diarrhée sont les bienvenus parce que cela débarrasse le mal qu’il y a à l'intérieur l’organisme, alors que cela devrait être considéré comme un signe que quelque chose ne va pas.

    La pauvreté est un autre défi dans la lutte contre les maladies. Bien que les affections cardiaques et les diabètes deviennent les nouvelles maladies de la pauvreté, selon Davis, la diarrhée et la pneumonie affectent encore gravement les enfants des pays en développement en Afrique et en Asie.

    En Afrique et en Asie du sud-est, le pourcentage des décès infantiles est plus élevé que la moyenne mondiale et n'a pas sensiblement diminué en 10 ans. Ces deux régions ont vu la mortalité infantile due à la diarrhée tomber de 13 pour cent à 11 pour cent de 2000 à 2010, mais en Afrique, le taux des décès dus à la pneumonie a vraiment augmenté, passant de 16 pour cent à 17 pour cent.

    "Beaucoup de gens n'ont pas les moyens financiers de rechercher des soins quand cela est le plus nécessaire, comme le paiement du transport pour se rendre à un centre de santé loin de leur maison … Nous atteignons souvent les femmes et leurs enfants trop tard", a expliqué Ochola.

    Ochola a raconté l'histoire de Jane Wamalwa, une femme kényane qui a fini par comprendre les raisons qu’il y a derrière le fait d’opérer un changement dans les pratiques acquises depuis longtemps dans le traitement et la prévention de la diarrhée. Wamalwa a perdu trois enfants à cause de la maladie, et est devenue désormais une source fiable d'informations sur les bonnes pratiques anti-diarrhée dans sa communauté, a souligné Ochola.

    "C’est désormais son appel", a-t-il ajouté.

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