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SANTE: Un plan mondial pour réduire d’un tiers les décès des enfants

    By Carey L. Biron

    WASHINGTON, 17 avr (IPS) – Les Nations Unies ont annoncé un cadre important visant, pour la première fois, à coordonner les efforts à travers le monde afin de travailler simultanément pour mettre fin aux décès liés à la pneumonie et à la diarrhée infantiles d'ici à 2025.

    Ensemble, ces deux maladies représentent autour de 30 pour cent de tous les décès des enfants de moins de cinq ans, environ deux millions chaque année. Selon de nouvelles données publiées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), la plupart de ces décès surviennent à cause de services "parcellaires" qui ne parviennent pas à atteindre les personnes les plus exposées.

    "Les enfants qui sont pauvres, affamés et vivent dans des régions reculées, sont plus susceptibles d'être visités par ces 'tueurs oubliés'", a indiqué un nouveau rapport de l’OMS/UNICEF le 12 avril, "et le fardeau imposé par la pneumonie et la diarrhée sur les familles et les systèmes de santé aggrave les inégalités existantes".

    Le rapport apparaît pendant que ces agences, soutenues par plus de 100 organisations non gouvernementales (ONG) mondiales et des organisations de la société civile, annoncent une nouvelle feuille de route pour la coopération nationale et internationale sur le sujet, appelé le Plan d'action mondial intégré pour la prévention et la lutte contre la pneumonie et la diarrhée (GAPPD). (Un numéro spécial de la revue médicale 'The Lancet', également publié le 12 avril, traite de la question et du nouveau plan d'action en profondeur).

    "Avec le lancement du [GAPPD], nous avons un outil en place pour lutter contre ces maladies évitables une fois pour toutes", a affirmé, le 12 avril, Dr Julio Frenk, doyen de la Faculté de santé publique de Harvard. "Si nous faisons cela correctement, les répercussions pour l’équité, l'éducation et la réduction de la pauvreté pourraient être monumentales".

    Cette nouvelle initiative va au cœur de l'un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), les indicateurs de développement convenus au niveau international. Alors que l'OMD 4 exige que la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans soit réduite de deux-tiers d'ici à 2015 (par rapport aux niveaux de 1990), les progrès ont été jugés insuffisants dans plusieurs régions, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du sud.

    Des tueurs oubliésAlors que le plan d'action n’annonce pas nécessairement de nouvelles techniques ou de nouveaux mécanismes de financement pour combattre la pneumonie et la diarrhée, il fournit une approche qui intègrerait l'utilisation d’interventions déjà très répandues par des acteurs multilatéraux, nationaux et locaux.

    "Bien que des interventions efficaces aient été bien établies, elles ne sont pas toujours promues ensemble pour réaliser un bénéfice maximal", indique le rapport.

    "Il est maintenant clair que la pneumonie et la diarrhée doivent être traitées de manière coordonnée. Les déterminants sont souvent les mêmes, par conséquent, les stratégies préventives et les plates-formes de distribution, par l'intermédiaire des installations sanitaires, des familles, des communautés et des écoles, sont similaires".

    Il est généralement reconnu dans le domaine de la santé, par exemple, que l'allaitement maternel peut réduire considérablement les taux de diarrhée infantile. Mais de nouvelles données indiquent que seulement 39 pour cent des nourrissons de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein.

    De même, un peu moins d'un tiers des enfants soupçonnés de souffrir de la pneumonie reçoivent des antibiotiques, alors que seulement un peu plus de ceux qui ont la diarrhée obtiennent des sels de réhydratation orale bon marché.

    "Les interventions sont déjà là, mais nous devons désormais nous concentrer sur comment atteindre les personnes qui sont pauvres et très vulnérables – celles qui sont plus exposées (et) qui vivent souvent dans les zones les plus difficiles à atteindre", a expliqué à IPS au téléphone, George Armah, un chercheur sur les causes de la diarrhée à l’Université du Ghana.

    "Plus important, voici des choses qui peuvent être faites sans trop de coûts – par exemple, améliorer la couverture vaccinale dans ces zones et améliorer l'assainissement".

    Pourtant, bien que le nouveau plan d'action vise un minimum de 90 pour cent de couverture vaccinale d’ici à 2025, certains préviennent que les coûts élevés des vaccins pourraient rendre cette partie intégrante de l'approche GAPPD insupportable à long terme.

    "Même à prix réduits, le vaccin rotavirus [causant la diarrhée] et le vaccin contre [la pneumonie] représentent ensemble 75 pour cent du coût grimpant pour vacciner totalement un enfant aujourd'hui. Le prix du paquet de ces vaccins de base a augmenté du taux astronomique de 2.700 pour cent au cours de la dernière décennie", a indiqué, le 12 avril, Dr Jennifer Cohn, la directrice médicale de la Campagne pour l’accès aux vaccins à Médecins sans frontières (MSF), une agence humanitaire.

    "Nous craignons que l'herbe ne soit coupée sous les pieds des pays où nous travaillons lorsque l’appui des donateurs pour acheter les vaccins diminuera et qu'ils seront censés payer la facture eux-mêmes. A cause du prix élevé des nouveaux vaccins, les pays peuvent être contraints de faire des choix difficiles par rapport aux vaccins qu'ils peuvent ou ne peuvent pas se permettre d'utiliser pour protéger les enfants contre des maladies mortelles".

    Un accent de première ligneL'OMS et l'UNICEF soulignent que le cadre du GAPPD met un accent particulier sur les fournisseurs de soins de santé de première ligne, notamment sur ceux qui opèrent dans les communautés les plus petites ou les plus éloignées. Armah de l'Université du Ghana note également qu’une grande partie des travaux nécessaires dans le cadre du plan d'action, dépendra de ceux qui occupent des postes de santé au niveau communautaire.

    "Ici au Ghana, les programmes médicaux sont désormais non seulement de haut en bas, mais aussi de bas en haut, et il sera important de reconnaître que ceux qui sont au sein de la communauté sont les mieux placés pour identifier les personnes ayant besoin de vaccinations", dit-il.

    "En outre, même si des interventions se font, nous devons absolument travailler avec les gens pour changer leurs habitudes – et reconnaître que nous, dans les pays en développement, avons un rôle important dans ce domaine. Après tout, si nous augmentons les vaccinations sans changer les [habitudes] des populations, alors nous n'allons pas être en mesure de réduire ces problèmes. Nous devons donc examiner toutes ces choses ensemble".

    L'UNICEF et l'OMS ont défini des objectifs très ambitieux, notamment la réduction de la mortalité infantile par la pneumonie à moins de trois pour 1.000 naissances vivantes et la mortalité par la diarrhée à seulement un pour 1.000 naissances vivantes, les deux d’ici à 2025.

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