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SANTE–OUGANDA: Les problèmes autour du projet de loi sur la contrefaçon persistent

    By Evelyn Matsamura Kiapi

    KAMPALA, 4 sep (IPS) – Le projet de loi controversé sur la contrefaçon de l’Ouganda a été amélioré; pourtant, les défenseurs des droits à la santé soutiennent encore qu’il aura une incidence sur la disponibilité des médicaments génériques une fois adopté sous sa forme actuelle.

    Le projet de loi a été amélioré en ce qui concerne les fonctions des différents organes d’application. Dans la première version, il y avait une confusion concernant les rôles des divers organes.La première version du projet de loi a donné au bureau national des normes de l’Ouganda (UNBS) le mandat de saisir et de détenir les produits soupçonnés de contrefaçon, une fonction déjà assumée par l’Autorité nationale pharmaceutique (NDA).La NDA a été établie en vertu de la loi de 1993 sur la politique et l’Autorité nationale pharmaceutique avec pour mission de garantir l’utilisation convenable des médicaments et d’en contrôler la qualité.Soulevant la préoccupation concernant les rôles des organes, Dr Sandra Kiapi, directrice exécutive de l’organisation non gouvernementale 'Action Group for Health, Human Rights and HIV/AIDS (AGHA)' (Groupe d’action pour la santé, les droits de l’homme et le VIH/SIDA), a déclaré: "Il est important de réguler la vente des médicaments, connaissant le danger que les faux produits présentent pour la vie des gens. Mais ma question est de savoir qui devrait assurer ce mandat".La dernière version du projet de loi aborde cette question en stipulant à l’article 20 que toutes les questions relatives à la contrefaçon des médicaments seront traitées par la NDA en vertu de la loi sur la politique et l’Autorité nationale pharmaceutique.Mais la définition de la contrefaçon dans le projet de loi demeure un problème.IPS a parlé à Raymond Agaba, membre de la commission pour le commerce intérieur au ministère du Tourisme, du Commerce et de l’Industrie de l’Ouganda, qui a déclaré que "ces craintes exprimées étaient initialement dues à la première version du projet de loi qui était plus ou moins pareille au modèle kényan."Le modèle kényan avait de tels problèmes", a ajouté Agaba, qui faisait allusion à la loi de 2008 sur la contrefaçon du Kenya voisin, dont l’application aux médicaments a été suspendue par la cour constitutionnelle de ce pays.La loi kényane est la première d’une série de lois sur les droits de la propriété intellectuelle (PI) actuellement en étude dans plusieurs pays africains et au niveau de la Communauté d’Afrique orientale.Ces lois et projets de lois sont manifestement destinés à régler le problème des produits contrefaits dans tous les domaines.Mais, en confondant les questions de qualité à la propriété intellectuelle, ces lois et projets de lois vont, dans la pratique, bloquer l’importation des médicaments génériques dont dépendent la plupart des pays africains – dans de nombreux cas jusqu’à 90 pour cent de leurs besoins en soins de santé.Mais Agaba a soutenu que la seconde version du projet de loi de l’Ouganda a examiné la question des génériques, que ces derniers sont actuellement autorisés et que cela est le plus important."C’est notre principale considération dans l’effort de protéger la santé de notre peuple. Nous avons fait de la consultation et la nouvelle version a pris cela en compte."Nous avons autorisé cette flexibilité", a-t-il ajouté, faisant allusion aux allègements accordés aux pays les moins avancés (PMA) dans le régime commercial international.Le bureau de l’Organisation mondiale de la santé en Ouganda a également déclaré qu’il est satisfait de la seconde version du projet de loi.Cependant, l’article relatif au médicament qui a été ajouté à la définition de la contrefaçon dans la seconde version du projet de loi de l’Ouganda a été copié de la loi kényane qui pose problème.Il stipule que "dans le cas des médicaments, [la contrefaçon] intègre le faux étiquetage intentionnel et frauduleux de médicaments en ce qui concerne l’identité et l’origine, la question de savoir si de tels produits contiennent ou non d’ingrédients appropriés, de mauvais ingrédients, s’ils ont d’ingrédients actifs suffisants ou s’ils ont un faux emballage".'Third World Network' (TWN-Réseau du tiers monde) a précédemment souligné les dangers de cette définition en faisant remarquer que les termes "identité" et "source" ne sont pas expliqués.Par conséquent, "l’identité" pourrait se référer à la marque ou au nom commercial du médicament, ce qui signifie qu’un médicament de bonne qualité mais très semblable à une autre marque ou à un autre nom commercial peut être appelé médicament contrefait", estime le conseiller juridique de TWN, Sangeeta Shashikant."Le terme 'source pourrait être interprété comme désignant le titulaire du brevet de ce produit ou l’entité chimique. Dans les deux cas, la définition aborderait les questions de propriété intellectuelle et non celles de santé", a-t-elle indiqué.TWN est un réseau international, indépendant, à but non lucratif, d’organisations et d’individus impliqués dans les questions relatives au développement, aux affaires Nord-Sud et du tiers monde.Moses Mulumba, un défenseur des droits à la santé et expert juridique en PI, a ajouté une autre question : "En quoi cet article se rapporte-t-il à celui qui définit les produits contrefaits dans le projet de loi?"Il répond: "Parce que, en définissant ces produits, l’article se réfère à la loi sur la marque et le droit d’auteur du pays d’importation. Dans le cas de l’Ouganda, ces lois ont déjà accepté les exceptions que le projet de loi sur la contrefaçon semble ne pas considérer".Ces exceptions sont accordées en termes de flexibilités aux PMA dans le régime commercial international.Mulumba a également ajouté qu’il y a une présomption explicite dans le projet de loi selon laquelle les questions de qualité peuvent être traitées en utilisant la loi sur la PI, qui est fondamentalement mauvaise".Les activistes sont toujours inquiets car bien que Agaba ait soutenu que "les parties prenantes" ont été consultées concernant l’établissement du projet de loi, la formulation du projet de loi n’est pas encore claire.Le ministre du Tourisme, du Commerce et de l’Industrie n’a même pas partagé les versions amendées, a déclaré Mulumba.Les organisations de la société civile doutent que leurs documents d’information qui critiquent le projet de loi attirent l’attention du ministre sur les implications du projet de loi pour l’accès aux médicaments, d’où la seconde version."Je ne suis pas sûr que l’on comprenne que ce projet de loi a également des implications pour d’autres secteurs, tels que l’agriculture et l’éducation", a prévenu Mulumba.

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    SANTE–OUGANDA: Le projet de loi sur la contrefaçon satisfait l’OMS mais ne convainc pas les activistes

      By Rosebell Kagumire

      KAMPALA, 16 août (IPS) – Le bureau de l’Organisation mondiale de la santé en Ouganda et l’Autorité nationale pharmaceutique sont satisfaits de ce que la nouvelle version du projet de loi controversé sur les produits contrefaits ne menace pas l’importation et la production de médicaments génériques en les assimilant, comme le premier projet de loi, aux faux médicaments.

      Mais les activistes des droits à la santé ne sont pas convaincus.Le gouvernement ougandais a amendé le projet de loi sur les produits contrefaits après la pression des organisations de la société civile concernant les dispositions qui pourraient restreindre l’accès aux médicaments génériques abordables qui constituent actuellement la majorité des médicaments utilisés dans le secteur sanitaire de ce pays de l’Afrique orientale.La définition de produits contrefaits dans la première version du projet de loi était si large qu’elle aurait pénalisé la production et l’importation de vrais médicaments génériques légitimes."Le projet de loi a été corrigé et il n’y a plus de craintes qu’il affecte les médicaments génériques", a déclaré à IPS Joseph Mwoga, conseiller pour les médicaments essentiels à la représentation nationale de l’Organisation mondiale du commerce (OMS) en Ouganda. "Le débat général est que nous devons disposer de versions génériques afin d’augmenter notre accès aux médicaments. Si le projet de loi précédent était accepté, tout ce qui n’est pas original en souffrirait".Mwoga a affirmé qu’il était important que l’Ouganda admette l’accès public aux médicaments en vue de réduire les médicaments contrefaits entrant dans le pays. Environ 90 pour cent des médicaments utilisés dans le pays sont importés.L’OMS définit les médicaments contrefaits comme étant "ceux intentionnellement et frauduleusement mal étiquetés quant à l’identité et/ou à l’origine". L’organe de la santé affirme que la contrefaçon s’applique à la fois aux produits de marque et aux génériques. Les produits contrefaits peuvent comprendre ceux qui ont de bons ingrédients ou de mauvais ingrédients, ceux qui sont sans ingrédients actifs, ceux qui ont des ingrédients actifs insuffisants ou un faux emballage.L’Autorité nationale pharmaceutique (NDA), dont le travail aurait été perturbé par la première version du projet de loi, a exprimé sa satisfaction concernant le projet de loi amendé. "Ils ont introduit dans le projet de loi que les questions relatives aux médicaments devront être traitées par la NDA; nous pensons donc qu’il répond à nos préoccupations. Notre loi [la loi sur la NDA] nous donne suffisamment de pouvoirs pour traiter des médicaments", a déclaré Apollo Muhairwe, chef du bureau d’enregistrement de la NDA.Tant que la NDA reste l’agence principale de régulation des médicaments, a ajouté Muhairwe, le Bureau national de normalisation de l’Ouganda (UNBS) ne devrait pas être totalement dessaisi de la fonction de régulation des médicaments contrefaits, un pouvoir que lui donne la version précédente du projet de loi."L’UNBS est censé connaître les normes relatives à tous les biens entrant en Ouganda. Tant que la NDA reste l’agence principale, la loi ne doit pas totalement supprimer le rôle de l’UNBS", a déclaré Muhairwe.Selon Sandra Kiapi, une avocate des droits à la santé, bien que la nouvelle version du projet de loi constitue une amélioration par rapport à l’ancienne à cause du rôle qu’il attribue à la NDA, des définitions plus claires lui sont encore nécessaires. "Elle exclut les médicaments de la définition de produits contrefaits mais il y a certaines questions que les activistes continuent de soulever, surtout concernant la définition donnée par l’OMS sur ce que c’est qu’un médicament contrefait".La préoccupation spécifique des activistes est que le gouvernement, et par conséquent le projet de loi, devrait "séparer les questions de propriété intellectuelle de la question de la qualité des médicaments". Les activistes continueront donc de faire pression sur le gouvernement afin qu’il clarifie la distinction entre les médicaments contrefaits et ceux de qualité inférieure.Il y a eu également des préoccupations concernant le projet de loi 2010 de l’Afrique orientale sur la contrefaçon (le projet de loi de la CAE – Communauté de l’Afrique orientale), qui remplacera toutes les législations nationales. En dehors des activistes des droits à la santé qui sont en train de suivre l’évolution du projet de loi pour voir s’il fait la distinction entre les médicaments génériques et les contrefaits, la NDA garde aussi un œil sur cela."Nous avons suggéré à notre ministre de la Santé de faire le suivi de la législation de l’Afrique orientale afin que les médicaments ne soient pas traités comme les autres produits. Les médicaments génériques ne doivent pas faire partie des efforts visant à contrôler la propriété intellectuelle", a déclaré Muhairwe.Les défenseurs des droits à la santé sont préoccupés de ce que le projet de loi de la CAE pourrait porter atteinte aux éventuels acquis réalisés avec la révision du projet de loi ougandais. Melody Ginamia, une défenseuse des droits de l’homme à la Commission des droits de l’homme de l’Ouganda, a soutenu que des efforts doivent être déployés dans la reforme de la législation régionale."Le gouvernement ougandais doit envisager de renoncer au projet de loi 2010 sur les biens contrefaits puisqu’il sera remplacé par le projet de loi de la CAE. En outre, le gouvernement doit faire pression pour la reforme du projet de loi de la CAE en vue d’assurer la protection du droit à la santé à travers l’accès aux médicaments génériques", a-t-elle écrit dans un commentaire au journal local Daily Monitor.Ginamia a exhorté l’Ouganda à tirer parti des flexibilités accordées aux pays les moins avancés – tel que l’Ouganda – dans l’accord de l’OMS sur les aspects des droits de la propriété intellectuelle relatifs au commerce (ADPIC). L’Ouganda n’a qu’à appliquer les dispositions de l’accord sur les ADPIC relatives à l’application des droits de la propriété intellectuelle en 2016.

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      SANTE–TANZANIE: Le soutien indispensable d’une ONG locale aux orphelins

        By Arnaud Bébien

        DAR-ES-SALAAM, 29 mars (IPS) – La Tanzanie figure à la troisième place des pays d’Afrique pour le nombre d’enfants malnutris, qui dépasse deux millions. Mais, des efforts sont accomplis pour combattre ce fléau et d’autres maladies dans la région de la Kagera, dans le nord-ouest du pays.

        Un rapport commandé par la Banque mondiale et publié à la mi-mars à Dar-es-Salaam, indique que 120 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition en Tanzanie, soit un total de 43.000 décès par an.

        Selon le document, 2,4 millions d’enfants souffrent de malnutrition, faisant de la Tanzanie le troisième pays africain pour son nombre d’enfants malnutris, après l’Ethiopie et la République démocratique du Congo.

        Pourtant, des organisations non gouvernementales (ONG) sont mobilisées pour faire reculer la malnutrition et les autres maladies qui accablent les enfants. C’est le cas de l’ONG 'Partage Tanzania', fondée il y a 20 ans, dans la région de la Kagera, sur la partie ouest du lac Victoria, par Philippe Krynen, un ancien pilote français, qui se consacre à l’action humanitaire.Mais quelques années avant, vers la fin 1988, Krynen rencontre un coopérant hollandais, Martin de Boer, qui l’alerte de la situation catastrophique de la Kagera. Krynen décide de se rendre dans la région et découvre des villages qui comptent chacun entre 12 et 20 pour cent d’orphelins : malnutrition, paludisme et immunodépression en sont les principales raisons.

        Krynen lance alors un programme en faveur des orphelins, le 'Victoria Programme' (VP). Vingt ans après, le VP est toujours bénéfique pour plus de 3.500 orphelins, répartis dans 21 villages de la Kagera. 'Partage Tanzania' opère depuis Bukoba, la capitale de la région Kagera.

        Rentré en France en 1989, Krynen reçoit des fonds de l’association "Partage avec les enfants du tiers-monde" pour son action, mais il a notamment lancé un appel et un programme à parrainage, toujours en vigueur aujourd’hui.

        Au plan médical, l’ONG réalise un travail de fond, avec un résultat remarquable: le taux de morbidité dans les villages couverts par l’ONG est 2,3 fois moins que dans le reste de la Tanzanie. Les enfants du VP sont moins touchés par la maladie et sont donc en meilleure santé.

        D’après les statistiques de l’ONG, si 171 enfants avaient été admis en salle d’urgence en 1997, seulement 17 l’ont été en 2008, soit 10 fois moins. Dans le même temps, le nombre de décès a été divisé par cinq.Pour l’ONG, "la seule solution pour soigner est de mettre à proximité des enfants des services de santé, pour des tests médicaux réguliers". Pour avoir construit des salles d’urgence plus près des enfants tanzaniens, l’organisation limite les risques de maladie, et réalise un suivi rigoureux.

        'Partage Tanzania' propose des services variés pour ce suivi : les soins et moustiquaires imprégnées sont gratuits pour les enfants du VP, les salles d’urgence disposent de médicaments adéquats et en quantité suffisante; ou encore des laboratoires d’analyses avec microscopes ont été installés dans certaines des salles d’urgence des villages.

        De plus, l’ONG prend en charge les soins du parent responsable de l’enfant, grâce aux financements privés qu’elle reçoit des parrainages français (99 pour cent), puis et allemand et hollandais pour le reste. Avant qu’un enfant ne soit accepté dans le programme, une enquête dite de pauvreté est réalisée afin de connaître son milieu, les moyens dont il dispose et de savoir si quelqu’un peut s’en occuper ou pas.

        Les orphelins, parrainés par des sponsors européens, sont très suivis, a expliqué à IPS, Winifrida Rugaika, l’une des infirmières du programme. "Chaque enfant doit se présenter tous les trois mois à la salle d’urgence de son village pour une visite médicale. Avec son livret de soin, on sait de quoi il a été malade, et quand. Tous les six mois environ, on prend des nouvelles de l’enfant à l’école, on regarde ses résultats".La prévention porte également ses fruits. "Les enfants savent à présent reconnaître les symptômes de certaines maladies. Ils viennent spontanément vers nous quand ils se sentent mal", ajoute-t-elle.Quant à l’éducation sexuelle qui commence peu après la puberté, le principe est la responsabilisation. "Nous leur disons de se respecter soi-même et de ne pas jouer avec leur santé, ni avec celle de leur partenaire. Nous leur rappelons les fondamentaux lors de chaque visite médicale", indique Rugaika.

        Les orphelins, eux, remercient et gratifient 'Partage Tanzania' pour l’aide qui leur est apportée. Doris Deogratias, 23 ans, est née dans un village du Victoria Programme et souffre d’une maladie sanguine héréditaire, la drépanocytose. Elle ne sait pas si elle serait encore en vie aujourd’hui sans l’ONG. "Je sais prévenir une crise. Comment aurais-je pu le savoir sans Partage?", s’interroge-t-elle.

        Pour leur part, les autorités et les institutions saluent le travail de 'Partage Tanzania'. Ainsi, après le passage de l’un de ses experts dans la Kagera, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mentionne le nom de Partage en 2001 dans sa revue 'Population and Development' pour son action et ses efforts d’aide aux orphelins.

        Dans une récente lettre adressée à l’ONG, le ministère tanzanien du Développement des Communautés, déclare apprécier les efforts réalisés par 'Partage Tanzania', et soutient ses actions en faveur des enfants de Tanzanie.

        Selon Krynen, son manager, 'Partage Tanzania' a accompagné quelque 16.000 orphelins depuis le début des années 1990, dont la plupart sont aujourd’hui insérés dans la société tanzanienne.

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        SANTE–NIGER: Surveiller les grossesses pour freiner la propagation du VIH

          By Ousseini Issa

          NIAMEY, 27 août (IPS) – «La première fois que la sage femme m’a conseillé le test lors des consultations prénatales, j’ai catégoriquement refusé. Mais, lorsque ma grossesse a atteint cinq mois, de crainte de contaminer le bébé au cas où je serais infectée, j’ai finalement accepté», raconte à IPS une dame de 28 ans, à Niamey.

          Lorsque Woybi Koukou (nom d’emprunt) attendait son bébé, elle avait fait le test en 2007 dans un centre de protection maternelle et infantile à Niamey, la capitale nigérienne, dans le cadre de la stratégie de Prévention de la transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant (PTME) mise en œuvre depuis 2004 au Niger. «L’épreuve est difficile à affronter. Seulement, on vous met en confiance pour vous amener à accepter», ajoute-t-elle.

          Déclarée séropositive à l’issue du test, Koukou affirme bénéficier aujourd’hui encore d’un suivi médical qui la maintient en forme, après que son bébé a été épargné de la contamination.Aujourd’hui, son enfant a un peu plus de deux ans. «Mon bébé a subi son premier test à neuf mois. Puis un deuxième, qui a définitivement confirmé sa séronégativité, à l’âge de 18 mois, en janvier 2009», se réjouit-elle.Selon Dr Mahaman Moha, médecin chercheur au Laboratoire d’études et de recherches sur les dynamiques sociales et le développement local (LASDEL) basé à Niamey, la PTME est un axe d’intervention de la stratégie nationale de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) dans ce pays sahélien d’Afrique de l’ouest.«Des recherches scientifiques ont montré que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant au cours de la grossesse, à l’accouchement et pendant l’allaitement; et des essais cliniques ont prouvé qu’il est possible de prévenir cette transmission par l’administration de régimes courts et peu coûteux d’anti-rétroviraux à la mère et l’enfant à partir de la 48ème semaine de grossesse», explique Moha à IPS, justifiant l’introduction de la PTME dans l’arsenal de lutte contre le SIDA pédiatrique.Selon Moha, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a été le principal entrepreneur dans l’émergence, la formulation et la mise en œuvre de cette stratégie de santé publique au Niger. «Les premiers sites pilotes ont été implantés en 2003 dans six districts sanitaires du pays grâce notamment au financement et l’appui technique de l’UNICEF», indique-t-il.«L’extension s’est poursuivie pour atteindre actuellement le nombre de 186 sites où les services de la PTME sont offerts gratuitement et volontairement aux femmes fréquentant les consultations prénatales (CPN)», indique à IPS, Moussa Mamoudou, un technicien de la Cellule nationale de coordination des activités PTME, basée à Niamey.L’introduction de cette stratégie vise, selon des spécialistes, à freiner la propagation du VIH dont la séroprévalence nationale était de 0,78 pour cent en 2007 contre 0,87 pour cent en 2002, d’après la dernière enquête démographique et de santé au Niger, en 2006.«La PTME a permis d’améliorer le taux de dépistage et les actions prévention, de prise en charge et de suivi médical de la mère et de l’enfant», soutient Mamoudou, soulignant le caractère volontaire, anonyme et confidentiel du test ainsi que la gratuité des soins. «Grâce à cette stratégie, le taux d’acceptation du test par les femmes enceintes fréquentant les CPN est passé de 56,21 pour cent en 2006 à 67,33 pour cent en 2007, pour atteindre 83 pour cent en 2008 sur le plan national», souligne-t-il.Balkissa Issaka, une infirmière appliquant la PTME dans un centre de santé à Niamey, explique la démarche pour mettre les femmes en confiance : «Nous commençons le counseling avec le groupe de femmes enceintes effectuant leurs premières CPN, en évitant d’aborder directement la question du VIH qui sera posée plus tard. Puis, nous les prenons individuellement avec le temps pour leur montrer l’importance du test pour la santé future du bébé et de la maman».«Dans certains cas, il faut beaucoup insister, en évitant surtout de présenter le test comme une obligation, pour convaincre les patientes», dit Issaka à IPS.«Nous sommes une trentaine de femmes dans mon groupe de CNP. Certaines m’ont confié avoir refusé de passer le test jusqu’à cette date», raconte à IPS, Hassia Adamou, une femme de 33 ans, avec une grossesse de sept mois, résidant à Niamey.Selon les statistiques de la cellule, sur environ 49.000 femmes ayant pratiqué les CPN en 2006 sur le plan national, 27.000 ont accepté le protocole PTME parmi lesquelles 413 femmes ont été déclarées positives, soit 1,3 pour cent. En 2008, les CPN ont concerné quelque 142.000 femmes au nombre desquelles 117.000 ont passé le test qui s’est avéré positif chez 365 d’entre elles, soit 0,84 pour cent.

          Pour Soraya Ousmane, coordonnatrice de RAIL SIDA, une organisation locale luttant contre le VIH basée à Niamey, la PTME est salutaire car elle a accru le taux de dépistage et de prise en charge des femmes. «Seulement, elle provoque aussi des divorces, certains maris n’admettant pas l’acceptation du test par leurs femmes», explique Ousmane à IPS.

          «Quand une femme est déclarée positive, nous lui expliquons calmement que ce n’est pas la fin du monde, qu’il existe aujourd’hui des médicaments et que la prise en charge est gratuite», indique Mamoudou, qui déplore toutefois la réticence des maris pour le test.

          «En 2007, c’est seulement 64 maris qui ont accepté le test parmi lesquels neuf ont été déclarés positifs; en 2008 leur nombre est passé à 179 dont 16 testés positifs», indique-t-il.«Les tests, les ARV et les aliments spéciaux sont fournis gratuitement aux sites PTME par la Coordination intersectorielle de lutte contre les IST/VIH/SIDA (CISLS) au profit des patientes», affirme à IPS, Dr Idé Moussa, le coordonnateur de la CISLS basée à Niamey.Par rapport au succès sur le plan préventif, Dr Moha témoigne : «Entre décembre 2005 et juin 2007, sur 102 bébés nés de mères positives identifiées dans la région de Maradi (centre-est du pays), le respect du protocole PTME a permis d’éviter à 101 la contamination au VIH». «Seulement, les ruptures récurrentes d’intrants au niveau des sites et les abandons des patientes risquent de compromettre ces efforts», prévient-il.

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