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SECURITE-BRÉSIL: « Rio n’arrive pas à contrôler la violence dans les favelas »

    Fabíola Ortiz

    RIO DE JANEIRO, 20 septembre (IPS) – La ville de Rio de Janeiro (Brésil) n'arrive pas garder sous contrôle la violence dans les favelas (quartiers pauvres) parce que les habitants ne sont pas impliqués dans le processus de pacification. C'est ce qu'indique Eliana Sousa Silva qui habite depuis près de trente ans dans une favela et qui vient de relater son expérience dans un nouveau livre.

    Le soi-disant processus de pacification des favelas a commencé lorsque des unités d'élite de la police militaire ont été envoyées dans ces quartiers. En 2008, les unités de pacification de police (UPP) ont pris le contrôle de la politique de santé, de l'éducation, des sports et des investissements locaux.

    Suite à cette action, un certain succès a d'abord été enregistré mais les habitants de ces quartiers pauvres n'ont pas vraiment été impliqués dans ce processus de pacification, explique Eliana Sousa Silva, fondatrice de l'Observatoire des Favelas et des réseaux à Maré.

    Sousa Silva a vécu près de trente années à Maré qui compte pas moins de seize favelas et près de 130.000 habitants devenant ainsi le plus grand réseau de favelas à Rio. Elle vient de publier à ce sujet un livre baptisé Testemunhos da Maré (Témoignages de Maré).

    Les UPP avaient également un côté positif, explique l'auteur dans un entretien avec l'agence IPS : « il s'agissait d'une tentative d'ingérence dans le contexte des groupes armés dans le but de désarmer ces groupes mais cela ne suffit pas. Il ne peut y avoir de progrès que si les habitants constatent que l'autorité, par l'intermédiaire de la police, arrive à garantir leur droit à la sécurité au lieu de les considérer sans cesse comme des victimes. C'est la raison pour laquelle, les habitants doivent faire partie du processus de paix, ils doivent à nouveau prendre l'initiative », conclut-elle.

    Logique de guerre

    Comme il n'est pas évident de savoir ce qu'il adviendra dans le futur, beaucoup d'incertitudes règnent parmi les gens, ajoute-t-elle. « La police n'a pas changé ses habitudes. On s'attend à davantage de violence ».

    Les autorités doivent appréhender la sécurité dans les favelas comme un droit au même titre que la santé ou l'enseignement. « les gens n'ont aucune idée de leur droit à la sécurité et la logique d'intervention de la police dans les favelas est entièrement basée sur une logique de guerre ».

    Pour écrire son livre, Sousa Silva a parlé avec les habitants, la police et les membres de gangs. « Entre ces trois protagonistes il existe un vide, un manque de dialogue. Les agents de sécurité sont fortement influencés, ils ont une vision déformée des habitants de favelas, ils prétendent que l'ensemble de la communauté est impliqué dans des affaires illégales. »

    (FIN/IPS/2012)

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