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SENEGAL: Des logements sociaux pour les victimes des inondations

    By Souleymane Gano

    DAKAR, 31 mai (IPS) – Les victimes des inondations dans la banlieue de Dakar, au Sénégal, espèrent intégrer, avant les prochaines pluies, fin-juillet, des logements sociaux en construction par l’Etat à Tivaouane Peul-Niaga, dans le département de Rufisque, non loin de la capitale sénégalaise.

    "Je ne raterai aucune occasion pour rejoindre un endroit plus approprié que celui-ci, car je ne peux même plus évaluer ce que j’ai dépensé pour réparer ma maison après les inondations. Et si l’Etat décide de nous reloger ailleurs, c’est très bien", déclare Ndèye Ly, une victime des inondations vivant à Yeumbeul Nord, une commune d’arrondissement de Dakar.

    Plusieurs centaines de maisons de la banlieue de Dakar sont régulièrement inondées depuis 2005, à chaque hivernage. Ces inondations poussent les familles victimes à rejoindre des sites de recasement provisoires, mis à leur disposition par les autorités.

    Pour reloger les victimes des inondations répertoriées depuis 2005, l’Etat sénégalais a décidé de leur construire cette année 2.000 logements sociaux à Tivaouane Peul-Niaga.

    Selon des statistiques officielles, les inondations ont affecté plus de 900.000 personnes et en ont tué plus de 65 entre 1980 et 2012. Au total 7.737 habitations ont été touchées en 2012 par les inondations qui avaient fait 26 morts et 264.000 sinistrés.

    En 2009, quelque 360.000 personnes ont été touchées par ces intempéries et les dégâts étaient évalués à plus 65 milliards de francs CFA (environ 130 millions de dollars US), selon des estimations du gouvernement et de la Banque mondiale.

    Ces 2.000 logements, dont la construction a démarré en avril, coûteront à l’Etat 17,7 milliards de FCFA (environ 35,4 millions de dollars. Et chaque logement, d’une superficie bâtie de 52 mètres carrés, sur une parcelle de 150 mètres carrés, coûtera au gouvernement près de huit millions de CFA (16.000 dollars).

    "J’ai revendu mon frigo, des meubles et mes bijoux, pour sauver ma maison. Mais jusque-là, à chaque hivernage, ce sont les mêmes peines. Je suis très pressée de quitter ce calvaire", explique Ly, découragée.

    Les populations de sa commune d’arrondissement ont constitué le Collectif des sinistrés pour la lutte contre les inondations de Yeumbeul-Nord, qui, selon son coordonnateur Louis Gomis, regroupe 54 quartiers inondés.

    "Entre 2005 et 2009, nous avions 3.000 maisons inondés. En 2010, l’Etat a entrepris le drainage des eaux pluviales, cela a permis de récupérer de nombreuses maisons. Aujourd’hui, 360 maisons sont encore sous les eaux", souligne Gomis.

    "Dans la commune de Djidah Thiaroye Kao, près de 900 maisons se trouvant dans des points bas (cuvettes) et 250 maisons, voire 300, sont abandonnées", indique son maire, Alioune Badara Diouck.

    Certains sinistrés, quoique pressés de rejoindre les logements sociaux, demandent aux autorités des mesures d’assistance devant leur permettre de s’adapter à leur nouveau cadre de vie. Ils veulent que l’Etat leur octroie des moyens financiers ou des denrées alimentaires durant les premières semaines dans leurs nouvelles maisons.

    "Nous ne demandons pas des millions, mais des mesures d’accompagnement, pour faire face à notre nouveau cadre de vie", déclare Diéréba Ndiaye, un sinistré.

    Les logements sont construits par 18 entreprises sénégalaises. Chaque maison comprend un salon, deux chambres, une cuisine, des toilettes et un dégagement.

    "Les premiers lots commencent à sortir de terre. Je pense que d’ici à la fin du mois de juin, ou au plus tard en juillet, beaucoup de logements seront livrés" aux bénéficiaires, assure le directeur général de la Société d’aménagement de bâtiment et d’études générales, Mamoune Samb, lors d’une visite des chantiers, le 4 mai, en compagnie du Premier ministre sénégalais, Abdoul Mbaye.

    A cette date, 14 maisons (dont deux villas témoins) étaient prêtes, selon Amadou Fall Canar Diop, coordonnateur du Projet de construction de logements sociaux et de lutte contre les bidonvilles. A cela, s’ajoutent 181 autres dont les murs sont construits, et 1.244 fondations entièrement terminées.

    Diop indique que "L'Etat subventionnera moins des deux-tiers du coût de chacun des logements et l’acquéreur payera le reste".

    "Les autorités sont en train de mener une étude, dans le but de fixer, entre 15 et 20 ans, les délais de remboursement pour chaque famille bénéficiaire d’un logement. Les bénéficiaires ne payeront pas plus du tiers" du coût de la maison, souligne Diop à IPS.

    Cheikh Thiam, journaliste au quotidien privé sénégalais 'EnQuête', estime que cette décision de l’Etat sénégalais de réaliser 2.000 logements sociaux "peut bien lutter contre les inondations, mais pour y arriver, il faudra associer les personnes concernées aux décisions à prendre, et éviter de politiser le dossier".

    Thiam craint cependant le non-respect des délais de livraison des logements, c’est-à-dire avant l’installation de l’hivernage en juillet, dans la région de Dakar.

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