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SENEGAL: Le projet 'Villages du millénaire' aide les producteurs ruraux

    By Koffigan E. Adigbli

    POTOU, Sénégal, 27 sep (IPS) – Le village de Potou, dans la communauté rurale de Léona, dans le nord du Sénégal, bénéficie depuis 2008 d’un projet multisectoriel dénommé 'Villages du millénaire' et considéré comme un moyen de lutter contre la pauvreté.

    Le projet qui porte sur la réduction de moitié de la pauvreté extrême et la faim par la fourniture de semences à haut rendement, d’engrais et l’accès à l’eau potable, a été lancé au Sénégal deux ans auparavant, pour aider au développement des communautés rurales dans ce pays d’Afrique de l’ouest.

    «Les populations de notre communauté rurale ont accès à l’eau potable, à l’énergie solaire qui non seulement nous éclaire, mais participe aussi à l’arrosage d’environ 800 hectares d’oignons sur un millier d’hectares plantés dans la région», déclare Serigne Abdou Boye, vice-président de l’Association nationale des horticulteurs du Sénégal.

    «Avant le projet, il nous fallait beaucoup d’ouvriers pour l’arrosage et la production ne suivait pas. On récoltait à peine 20 tonnes sur un hectare, mais grâce au projet, on peut atteindre jusqu’à 70 tonnes à l’hectare», affirme Idrissa Diallo, producteur d’oignons à Potou.

    Il a ajouté qu’ils avaient obtenu une production de plus de 60.000 tonnes d’oignons au cours de la saison agricole 2010-2011 sur environ 900 hectares, bien meilleure qu’en 2009-2010 où ils avaient produit plus de 45.000 tonnes.

    Ce village côtier d’environ 3.000 habitants sur les quelque 31.000 que compte la communauté rurale de Léona, selon le dernier recensement électoral, accroît sa production d’oignons, grâce au projet 'Villages du millénaire'. Une visite en septembre a permis à IPS de constater que Potou est un village électrifié grâce aux panneaux photovoltaïques.

    Des dizaines d’ouvriers agricoles saisonniers, venus des pays voisins du Sénégal, travaillent dans les champs d’oignons où ils gagnent un peu d’argent avant de retourner chez eux à la fin de la saison.

    Ahmadou Konté, un ouvrier originaire de la Guinée, explique à IPS qu’il est vient travailler dans cette communauté depuis 2008 et qu’il peut gagner 180.000 FCFA (environ 360 dollars) au cours d’une saison agricole qui dure huit mois (avril-novembre). Il retourne en Guinée après chaque campagne.

    En plus de la culture dominante des oignons, les paysans de la communauté produisent d’autres légumes comme les tomates, le gombo, le piment et les carottes. Ils utilisent des bouses de vaches pour préparer du compost et fertiliser le sol.

    El Hadj Mamadou Bâ, président de la communauté rurale de Léona, rencontré à Potou, affirme que le projet a favorisé particulièrement le développement de la production d’oignons dans le village, attirant ainsi beaucoup de producteurs vers la région.

    «La saison dernière (2010-2011), j’avais obtenu une production de moins de 20 tonnes sur une superficie d’un hectare. J’ai cette année à peine deux hectares d’oignons irrigués, et je pense atteindre une production record de 80 tonnes avec l’appui du projet qui a mis à notre disposition plus de 2.000 pots de semences d’oignons», indique-t-il à IPS.

    Fatoumata Dia Sy, directrice régionale de l’Agence nationale du conseil rural de Louga (nord du pays), explique à IPS que la commercialisation de l’oignon connaît des problèmes et des divergences dans la fixation des prix.

    Mais, elle ajoute que "le prix de vente du kilogramme d'oignon a été fixé par un accord entre le gouvernement et les producteurs". Selon cet accord, les producteurs vendent le kilo à 120 FCFA (environ 24 cents US) aux intermédiaires qui le cèdent à 165 FCFA (33 cents) aux commerçants détaillants qui, à leur tour, le revendent au marché à 250 FCFA (50 cents) aux consommateurs.

    Mamadou Bâ affirme également que les coopératives de leur communauté rurale ont pu offrir des emplois à 102 jeunes gens de la région, refoulés d’Espagne en 2005 à la suite d’une tentative d’émigration clandestine.

    Toutefois, les producteurs estiment qu’en plus des problèmes liés aux prix et au retard de fourniture d’engrais et de semences, ils sont aussi confrontés à celui de l’enclavement de la localité à cause des routes impraticables dans la région.

    «C’est vrai que les responsables du projet nous offrent les semences et l’engrais, mais le prix est un peu élevé et nous souhaitons que l’Etat apporte aussi son appui. Le pot de semences de 500 grammes coûte 21.000 francs CFA (42 dollars), et le sac d’engrais de 50 kilos 12.000 FCFA (24 dollars). C’est cher pour nous», explique à IPS, Yoro Ba, un producteur d’oignons à Potou.

    Un autre producteur, Moussa Sow, dénonce la levée, par l'Etat, du gel des importations d'oignons. «L'autorisation des importations d’oignons est une situation difficile. Cette mesure risque de tuer la production dans cette zone, où elle est estimée à plus de 80.000 tonnes par an», déclare—t-il à IPS, craignant une mévente de la production locale.

    «Nous avons contracté des dettes auprès des banques et nous sommes aujourd'hui dans l'incapacité de les solder, faute de marché», ajoute Sow, un peu inquiet.

    Le gouvernement avait gelé les importations de février à la fin-août, mais Mamadou Bâ lui demande une extension du gel sur trois ans.

    La communauté rurale de Léona, grâce au système d’adduction d’eau installé par le projet, dispose maintenant de cette ressource pour entretenir les semences, indiquait Bouri Sanhouidi, le représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement à Dakar, au cours d’une visite à la mi-juillet. Il a invité les agences de l’ONU à soutenir le projet.

    Le Premier ministre sénégalais Abdoul Mbaye, qui a également visité le projet en juillet, a salué ce «modèle appliqué de développement», soulignant la nécessité pour le gouvernement d’œuvrer à sa pérennisation et à son extension dans d’autres communautés rurales du pays. C’est un «projet intégré et multisectoriel», a-t-il ajouté.

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