Home » Afrique, Developpement, Economie et Travail, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

SENEGAL: Productions record de mil dans le Bassin arachidier

    By Souleymane Faye

    DAKAR, 8 oct (IPS) – La production de mil atteint des niveaux record depuis deux ans à Dya, une communauté rurale de la région de Kaolack, au centre du Sénégal, où le Projet d’appui aux filières agricoles (PAFA) appuie des groupements d’intérêt économique (GIE).

    Le PAFA s’exécute sur la période 2010-2016, dans les quatre régions du Bassin arachidier du Sénégal: Diourbel, Fatick, Kaffrine et Kaolack. Il finance et encadre techniquement les GIE actifs dans les filières mil, sésame, sorgho, niébé, maraîchage et aviculture.

    A Dya, sous la direction du PAFA, deux GIE de 100 membres chacun exploitent 200 hectares, à raison de deux hectares de mil par producteur. Le PAFA est un projet conjoint du Fonds international de développement agricole (FIDA), du Fonds international de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pour le développement (OFID) et de l’Etat sénégalais.

    «Les 7.650 producteurs encadrés dans le Bassin arachidier sont des femmes et des jeunes chefs de ménage, des handicapés, de petits producteurs incapables d’assurer leur propre sécurité alimentaire, bref des couches économiquement vulnérables. Ils sont sélectionnés par un comité présidé par le gouverneur de leur région», a expliqué à IPS, Sémou Diouf, le coordonnateur du PAFA.

    Les producteurs donnent chacun un «apport» variant entre 22.000 francs CFA (environ 44 dollars) et 32.000 FCFA (64 dollars), qui leur donne droit à 200 kilogrammes d’engrais et divers équipements agricoles. Chaque GIE est encadré par deux encadreurs techniques formés au suivi des cultures.

    «En 2011, nous avons vendu 30 tonnes de mil à 190 FCFA (38 cents US) le kilo», ce qui donne un revenu de 5,7 millions FCFA (environ 11.400 dollars), a indiqué à IPS, Ibrahima Ndiaye, trésorier du GIE 'Manko' de Dya.

    «En 2011, nos estimations étaient de 800 kilos de mil à l’hectare. Nous nous sommes retrouvés avec un rendement moyen de 1,2 tonne à l’hectare. Nous n’avons jamais récolté autant de mil», explique Ndiaye de 'Manko', qui regroupe des producteurs de cinq villages. «Cette année, nos estimations, de l’ordre d’une tonne à l’hectare, seront largement dépassées. Nous avons ainsi signé un contrat de vente avec un opérateur de marché, pour lui livrer 60 tonnes de mil après la période des récoltes».

    La production record de 2011 et le bon comportement des cultures de mil, arrivées à maturation début-octobre, amènent les membres du village de Keur Diogoye à affirmer que «la communauté rurale de Dya a atteint le stade d’autosuffisance alimentaire», déclare Aïssatou Ndiaye, du GIE 'Bock Mbotay'. «Malgré des semis tardifs, j’ai eu une production record en 2011. Et, ma famille se nourrit encore des récoltes de l’année dernière», se réjouit-elle.

    «Il y a deux ans seulement, nous étions confrontés à la soudure, parce que les récoltes étaient insuffisantes», se rappelle Cheikh Ndiaye, le trésorier de 'Bock Mbotay'. Dans le Bassin arachidier, le mil est la nourriture de base des populations.

    De 160 tonnes en 2011, la production de mil de son groupement devrait atteindre 200 tonnes cette année, parce que «les semis de cette année sont meilleurs que ceux de 2011», souligne-t-il à IPS.

    Le GIE 'Bock Mbotay' prépare un contrat de vente de 60 tonnes de mil, qui seront livrées après les récoltes, contre «12 ou 15 tonnes» en 2011, indique-t-il.

    Omar Guèye du village de Diokoul, membre de 'Manko', est aussi satisfait: «Nos rendements n’ont jamais été aussi bons. C’est grâce au projet». Mais, relève-t-il, «l’encadrement des producteurs pose problème, parce que les relais (encadreurs techniques) sont presque invisibles et les engrais nous parviennent avec un peu de retard».

    En plus des volets production et commercialisation, le PAFA aide les producteurs à constituer des banques de céréales. «Une partie des récoltes est destinée à la consommation des ménages. Le surplus est vendu à un opérateur de marché et les revenus permettent aux producteurs de mobiliser à temps leur apport et de préparer la campagne agricole suivante», explique Diouf à IPS.«C’est un projet qui contribue à la sécurité alimentaire et à l’augmentation des revenus des populations rurales les plus vulnérables… D’excellents résultats ont été obtenus. A Dya, les bénéficiaires ont non seulement assuré leur sécurité alimentaire, mais vendu le surplus de la production à des opérateurs de marché», affirme à IPS, Samba Gaye, chargé du PAFA à l’Agence nationale de conseil agricole et rural.

    «En 2011, 2.020 hectares de mil et 600 hectares de sésame ont été emblavés à Kaolack et Kaffrine, avec une production respective de 1.880 tonnes de mil et 250 tonnes de sésame. Pour 2012, les espoirs sont permis, car la campagne s’est bien déroulée et les cultures se portent bien», déclare Gaye.

    Madieng Seck, journaliste spécialiste de l’agriculture, estime que ce projet doit permettre aux producteurs de «voler de leurs propres ailes». «Le meilleur service que ce projet puisse rendre aux producteurs, c’est de leur assurer un encadrement technique qu’ils pourront eux-mêmes pérenniser», indique Seck, directeur du journal privé mensuel sénégalais 'Agri-Infos'.

    «Nous avons tellement appris des relais du projet que nous sommes en mesure de prendre la relève, à l’expiration du PAFA», soutient Ndiaye du GIE 'Manko', qui admet cependant qu’«il ne sera pas facile de domestiquer les expériences».

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa