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SIERRA LEONE: Une nouvelle aube pour les petits fermiers?

    By Mohamed Fofanah

    FREETOWN, 14 nov (IPS) – On l'appelle "Marie Nerica", du nom d’une nouvelle espèce de riz. Mais Marie Kamara n'a pas voulu avoir quelque chose avec la nouvelle variété de riz développée par le chercheur sierra léonais primé, Monty Jones, qui a été introduite dans sa région par le ministère de l'Agriculture de la Sierra Leone.

    Elle a finalement essayé quelques boisseaux à côté des variétés locales et elle est ravie des résultats.

    "Je cultive maintenant un lopin de cinq hectares et je produis tellement que je revends (le riz) au gouvernement pour des semences destinées à d’autres agriculteurs. Je vends aussi au public et paie d’autres fermiers qui travaillent dans ma ferme", déclare Kamara."Nous avons tous résisté au nouveau riz parce qu'il vient des Blancs et nous nous inquiétions que nous n'aurions pas l'expertise pour le cultiver. Par ailleurs, nous ne voulions pas perdre toute une saison de semence sur un essai de culture, en particulier s’il s’avère qu’elle n’a pas un bon rendement".Kamara est l'un des milliers de fermiers sierra léonais qui bénéficient d'un accent renouvelé sur le travail de vulgarisation agricole par le ministère de l'Agriculture de la Sierra Leone.Le ministre de l'Agriculture, Dr Sam Sesay, tente d'orienter les activités du ministère conformément aux quatre piliers du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA) de l’Union africaine (UA): la recherche agricole, l’amélioration de l’accès aux marchés, l’accroissement de la productivité des petits fermiers et la divulgation d’une meilleure gestion des terres et des systèmes fiables de distribution d'eau.Le pays a récemment signé un accord du PDDAA, adoptant officiellement l'initiative de l'UA, élaborée à Maputo en 2003, qui vise à assurer le développement agricole de l'Afrique comme un catalyseur pour la croissance socio-économique. Au total, l'objectif du PDDAA est d'éliminer la faim et de réduire la pauvreté à travers l'agriculture.La mise en œuvre du PDDAA par le ministère, souligne Sesay, sera réalisée à travers le Plan national de développement durable de l'agriculture (NSADP). "La bonne chose au sujet du NSADP est qu'il intègre les thèmes transversaux comme le genre et la jeunesse".Dans un entretien accordé à IPS, Sesay a souligné que les femmes sont en train d’être priorisées parce qu’en Sierra Leone, elles constituent la majorité des agriculteurs, produisant la majeure partie des vivres dans le pays en utilisant des méthodes et outils traditionnels, tandis que leurs homologues masculins contrôlent généralement la production de cultures d'exportation génératrices de revenus."Cela signifie qu’on défavorisait (les femmes)", a confié le ministre de l'Agriculture. "Alors, c’était pour cela que la mécanisation a été intégrée au premier sous-programme de notre NSADP, qui est d'accroître la productivité à travers des technologies appropriées".Brima J Bangura, directeur adjoint de l’extension et des opérations de terrain, au ministère de l'Agriculture, a indiqué que Kamara et d’autres fermiers, dans sa région, n’étaient pas les seuls ciblés par le ministère."Nous avons ciblé 195 organisations basées sur des agriculteurs (FBO) dans tout le pays et ces organisations sont essentiellement des groupes de femmes. Nous leur avons fourni des tracteurs, des motoculteurs, des greffeurs, des cultures vivrières comme le riz, le maïs et le manioc; des cultures d'exportation comme les noix de cajou, le café et le cacao. Et nous leur donnons également des engrais et des insecticides", a expliqué Bangura à IPS.Marie Kargbo, qui cultive du riz sur six hectares dans le district de Kambia, a dit qu'elle avait récemment commencé à bénéficier de l'appui intégral du gouvernement."Le gouvernement a envoyé un tracteur qui a labouré mon champ et les fermes des membres de notre association; ils nous ont également donné deux boisseaux de semence de riz, des engrais et des pesticides".Kargbo est le chef d'une FBO de 54 membres, et préside la section des femmes de l'aile des femmes du Congrès de tous les peuples à Kambia."Avant maintenant, la vie pour les femmes agricultrices était très difficile, mais aujourd'hui, la production de riz a été fructueuse puisque nous bénéficions de l'approvisionnement de la part du gouvernement, allant des semences de riz, des motoculteurs, des engrais jusqu’aux pesticides".Mais, bien qu’elle vive dans le même district, l'expérience de Marie Kamara a été quelque peu différente.

    "On m'a donné un tracteur l'année dernière après une pression sur le ministère. Au moment où ils sont venus avec le tracteur, j'avais déjà embauché des gens pour faire le labour, puisque j’estimais que le tracteur n’était pas disponible et que la pluie avait déjà commencé par tomber", explique-t-elle."On nous a promis un tracteur, mais lorsque les tracteurs sont arrivés au district, on ne m’en a pas donné, et seules quelques personnes ont été sélectionnées et ont bénéficié de (l’utilisation des) tracteurs".Elle a une autre plainte. "J'ai maintenant besoin d'un magasin où je conserverai le riz après la récolte. Je veux également une batteuse puisque le Nerica est difficile à battre. Il y a de lourdes pertes après la récolte que je ne peux pas continuer par contenir si je dois être une agricultrice commerciale durable".Les observations de Kamara font ressortir les soins avec lesquels un appui agricole réussi doit être apporté aux fermiers.Maseray Conteh, une productrice de riz à Makeni, a déclaré à IPS que les fermiers dans sa région sont en réalité… en train d’obtenir l'assistance technique du ministère. Au début de cette année, des tracteurs ont labouré son lopin de trois hectares pour le préparer à la culture."Le riz a très bien marché, et lorsque c’était le moment de la récolte, j'ai pu obtenir la machine moissonneuse-batteuse du ministère, mais, malheureusement, la machine a abîmé mon riz. J'ai pu seulement sauvegarder environ 40 boisseaux de riz, contrairement aux 70-80 boisseaux quand je récolte manuellement", a-t-elle déploré."Ils ont dit que si j'avais planté le riz dans des rangées, la moissonneuse ne l'aurait pas abîmé. J'espère qu'ils vont nous montrer la façon de planter en rangées".

    Le ministre de l’Agriculture, Sam Sesay, dit qu'il est conscient des défis. "Toutes ces situations existent depuis longtemps et nous essayons de mettre tout cela derrière nous maintenant", a-t-il indiqué.

    "Ces lacunes seront bientôt corrigées. Le NSADP est juste dans sa phase de démarrage et lorsqu’il sera pleinement mis en œuvre, il s’occupera de tous les problèmes auxquels les agriculteurs sont maintenant confrontés".Les objectifs du NSADP, a souligné le ministre, consistent à améliorer une productivité agricole accrue, à promouvoir l'agriculture commerciale à travers le secteur privé, à améliorer la recherche et l’extension de la fourniture des services, et à promouvoir une gestion efficace des ressources.

    Dans le budget de l'année prochaine, juste un peu moins de 2,5 millions de dollars cibleront un nombre accru de 442 FBO, comparativement aux 195 actuellement dans le projet".

    Sesay a ajouté que, conformément au NSADP/PDDAA, ils ont déjà développé un système de commercialisation des petits fermiers, soulignant que "c'est un programme volontaire pour amener notamment les groupes de femmes agricultrices à opérer progressivement comme des sociétés anonymes et à devenir l'épine dorsale du secteur privé en Sierra Leone."Nous allons bientôt organiser une formation pour ces femmes dans l’agro-industrie afin qu’elles puissent opérer comme des entités commerciales légales".

    "Cela devra changer. Nous nous concentrerons sur l'irrigation, et nos encadreurs qui sont essentiellement des femmes, pourront cultiver au moins trois fois par an, pendant que nous allons réhabiliter les installations de stockage et de transformation".

    Marie Nerica et des milliers de femmes agricultrices en Sierra Leone attendront impatiemment la mise en œuvre à la lettre du NSADP, pour donner un nouveau visage à l'agriculture dans le pays.

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