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SOCIAL-URBAIN: Les Chinois urbains conservent massivement leurs droits ruraux

    PEKIN, 29 novembre (IPS) – Yu Mengxiang travaille comme Office Manager pour une société étrangère à Pékin mais il refuse de transférer son domicile vers la ville. Son «hukou», l'enregistrement de son ménage, demeure toujours dans le village rural d'où il est originaire et qu'il n’a pas l’intention d’abandonner.

    Yu n'est pas le seul dans ce cas. Des recherches de l'Académie chinoise indiquent que 80 % des migrants préfèrent garder leur domicile dans un milieu rural. La raison ? Les résidents ruraux ne paient pas d'impôt sur le revenu agricole et ils ont également accès, en cas de revenu faible, à certains avantages comme l'exemption des frais de scolarité. Ils ne veulent donc pas renoncer à ni ces droits, ni à leurs terres comme cela est exigé par de nombreuses villes chinoises pour fournir un « hukou » urbain.

    Comme beaucoup de citadins, Yu retournera plus tard vivre dans son village.

    Selon lui, il existe encore d'autres avantages qu’il ne voudrait pas perdre.

    Il peut ainsi avoir deux enfants au lieu d’un seul, il reçoit des subsides pour l’achat d’appareils ménagers ainsi que des remboursements pour les frais médicaux.

    Plus d’aide de l'Etat

    La tendance est visible dans toute la Chine. Dans la province de Zhejiang, par exemple, le nombre de résidents en milieu urbain a chuté de 577.000 en 2004 à 189.000 en 2009. Le problème vient du fait que les 229 millions de migrants vivant dans les grandes villes – soit un tiers de la population urbaine – n’ont plus accès à l’aide public. Ils ne sont pas admissibles pour un logement social, ils ne peuvent pas voter lors des élections locales et leurs enfants ne peuvent pas aller à l'école secondaire publique.

    « Le plus important pour le gouvernement est maintenant de concevoir un système d’accès égal aux services publics », estime She Hexing, professeur à l'école chinoise nationale d'administration. «Cela signifie que les gens doivent avoir accès aux mêmes avantages en matière d’enseignement, de soins de santé ou de travail qu’ils habitent dans les régions rurales ou urbaines ». Les grandes villes forment un obstacle, dit-elle, parce qu'elles veulent faire venir de la main d’œuvre bon marché en provenance des zones rurales sans aucune responsabilité pour les services publics ou le financement de la sécurité sociale.

    Dix millions de migrants dans une seule ville

    La réforme d’un système à une telle échelle est un projet de monstre qui va coûter beaucoup d'argent. Dans certaines régions, on y travaille déjà. A Chongqing, les autorités se préparent pour l’inscription de dix millions de migrants au cours des dix prochaines années. Parmi ces nouveaux migrants, 660.000 seront des étudiants qui se plaignent déjà de refus d’accès aux bourses d’étude dépendant d’un hukou ad hoc.

    Selon le célèbre sociologue Tang Jun de l'Académie chinoise des sciences sociales, de nombreux migrants préféreraient avoir un domicile urbain pour autant qu’il offre les mêmes droits. Le sociologue estime qu’une inscription obligatoire sera synonyme de confiscation des droits. « Il est nécessaire de réformer le système des hukou mais l'objectif doit être de garantir la sécurité sociale pour tous ».

    (FIN/IPS/2010)

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