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SOMALIE: "La famine peut être finie, mais pas la faim pour nous"

    By Abdurrahman Warsameh

    MOGADISCIO, 26 juil (IPS) – Miriam Jama, un an, est un symbole de la vie en Somalie après la famine. Née pendant que le Programme alimentaire mondial déclarait la famine dans cette nation de la Corne de l'Afrique le 20 juillet 2011, Miriam n’a connu aucune autre vie que celle du camp de réfugiés de Badbaado, à 10 kilomètres hors de Mogadiscio, la capitale.

    Faible et visiblement malnutrie, Miriam, comme le reste de sa famille, a à peine assez de nourriture à manger.Et comme les près de 400.000 victimes de la famine qui ont fui vers la ville pour une aide en pleine crise, Miriam, ses parents et quatre frères et sœurs vivent encore dans l’un des nombreux camps de réfugiés hors de Mogadiscio.Ici, ils vivent dans la misère dans un minuscule abri de seulement deux mètres carrés, dans un camp qui est géré par des administrateurs autoproclamés qui sont souvent accusés par la communauté de voler l'aide reçue."Nous recevons à peine assez (de vivres) pour nous maintenir en vie. La famine peut être finie, mais pas la faim pour nous", déclare à IPS, Hawa Jama, la mère de Miriam.Jama affirme que sa famille reçoit seulement 25 kilogrammes de céréales, 25 kg de farine, et 10 litres d'huile de cuisine par mois. C’est à peine suffisant pour nourrir cette famille de sept personnes. Mais ils ne sont pas les seuls affamés ici.Pendant que le Programme alimentaire mondial (PAM) célébrait la première année de la déclaration de la famine en Somalie, le 20 juillet, des centaines de milliers de réfugiés de la famine vivant dans des camps à l’extérieur de la capitale disaient qu'ils étaient toujours confrontés à la faim et au désespoir.La famine qui a fait des dizaines de milliers de victimes somaliennes, a été déclarée dans ce pays déchiré par la guerre à la suite d'une grave sécheresse. La sécheresse s’était étendue dans toute la Corne de l'Afrique et était décrite comme la pire en 60 ans. Elle a été aggravée par la hausse des prix des denrées alimentaires et l'instabilité dans la région.Le PAM a déclaré le 18 juillet que bien qu’il n'existe pas actuellement la famine en Somalie et que les taux de malnutrition se soient considérablement améliorés au cours de l’année dernière, la situation demeure précaire et que les progrès réalisés pourraient être inversés si l'aide n'est pas maintenue.Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé le 18 juillet que la population des réfugiés somaliens a dépassé le million. Le camp de réfugiés de Dadaab seul, au Kenya, abrite 570.000 personnes. Et 3,8 millions de gens en Somalie demeurent dans des crises et sont dans le besoin urgent d'une assistance, tandis que 325.000 enfants souffrent de malnutrition aiguë.De vastes abris, à perte de vue, sont restés à la périphérie de Mogadiscio, un an après le début de la crise.Mais la vie dans les camps est une existence difficile puisque les réfugiés se plaignent que les administrateurs des camps et les responsables locaux volent l'aide alimentaire et pratiquent le népotisme et le favoritisme dans la distribution de l'aide."Je n'aime pas à me plaindre, mais c'est une question de vie ou de mort pour nous. Ceux qui sont chargés de gérer notre camp ne nous donnent pas toute l'aide et favorisent d'autres. Nous informons tout agent étranger qui vient nous visiter, mais rien n’est fait au sujet de notre situation difficile", indique à IPS, Mumino Ali, une mère de sept enfants, au camp de Sayidka, à Mogadiscio.Il y a également le problème d’eau et d’assainissement dans les camps puisque le nombre de toilettes reste insuffisant, et l'eau acheminée par camion ne respecte pas l'exigence internationale à la fois en qualité et en quantité, souligne Mohamed Ali, un activiste local des droits humains."Je pense que ce que nous avons accompli depuis que la famine a été déclarée en juillet l'année dernière est que les gens ne meurent pas maintenant à cause de la faim. Mais la faim est toujours là et il n'existe aucun programme systématique pour aider les réfugiés à se tenir debout sur leurs pieds, en créant des projets de revenus et en les rapatriant dans leurs communautés", dit Ali.La situation alimentaire s'est détériorée puisque les organisations d’assistance internationales ont réduit leurs opérations humanitaires après que l'ONU a déclaré la fin de la famine en février. En outre, l'Agence nationale de gestion des catastrophes du gouvernement somalien, qui a été créée pour faire face à la famine, a été qualifiée d’inefficace et de corrompue."L'agence n'a pas été efficace dans son travail et est l'un des organismes qui ont déçu les gens qui sont dans le besoin. La corruption est très répandue parmi les organes publics et cette agence a sa part", confie à IPS, un agent humanitaire local, qui a requis l'anonymat.

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