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SOMALIE: Des ONG exhortent à "une solution de l’intérieur" du pays

    By Daan Bauwens

    BRUXELLES/JUBA, 28 fév (IPS) – Alors que la communauté internationale discute de l'avenir de la Somalie à Londres et à Bruxelles, des ONG européennes et somaliennes appellent à un changement radical consistant à passer d'une approche militaire à une solution humanitaire comme la seule pour la situation de ce pays déchiré par la guerre.

    La Somalie n'est toujours pas sortie de sa dernière crise humanitaire. Six mois après que les Nations Unies ont déclaré la famine dans le pays, plus de 325.000 enfants souffrent encore de malnutrition aiguë.

    Bien que la réponse de l'été dernier de la communauté internationale et de la société civile ait réussi à sauver plusieurs vies, les expulsions d’agences humanitaires et les opérations militaires soutenues au niveau international continuent d'empêcher l'aide humanitaire d'atteindre ceux qui en ont le plus besoin.

    Au cours de la Conférence de Londres sur la Somalie, le 23 février, les dirigeants du monde sont parvenus à un accord sur sept domaines clés pour mettre un terme à la situation précaire du pays, notamment la sécurité, la piraterie, le terrorisme, l'aide humanitaire, la stabilité locale, la relance du processus politique et la coopération internationale.

    Les discussions sur le pays devaient reprendre lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) à partir du lundi, 27 février à Bruxelles.

    Bien que des organisations non gouvernementales (ONG) saluent l'initiative et l’effort de la communauté internationale visant à aider la Somalie, les sept domaines clés proposés ont été accueillis avec des sentiments mitigés.

    "Ce que nous espérions, c’était de reconnaître que vingt ans de solutions imposées au niveau international ont échoué. Toutefois, ce que nous avons vu une fois encore, c’était des solutions provenant de l'extérieur qui n'ont pas marché, ne marchent pas et ne marcheront pas", a déclaré Barbara Stocking de 'Oxfam International', dans un communiqué de presse le 23 février.

    Oxfam exige que la communauté internationale change radicalement son approche afin d'améliorer efficacement l'avenir de la Somalie. Dans son nouveau rapport 'Faire passer les intérêts du peuple somalien d'abord', l’organisation indique que bien que la responsabilité de la crise en Somalie incombe avant tout aux factions de l'intérieur du pays, l'engagement international a parfois rendu les choses pires.

    Pour bon nombre de gouvernements impliqués en Somalie, l'action militaire est vue comme un moyen d'assurer la sécurité et la stabilité, mais des rapports provenant de l'intérieur racontent une histoire différente.

    "La définition d’une nouvelle approche en changeant l'accent mis sur les préoccupations de la lutte contre la piraterie et la sécurité ainsi que la prise de mesures concrètes vers un processus politique inclusif doivent figurer au premier plan de l'agenda de l'Europe si elle est sérieuse pour la recherche d’une paix et d’une sécurité à long terme pour les Somaliens ordinaires et la région", a affirmé Natalia Alonso, directrice du bureau d'Oxfam pour l’UE à Bruxelles, dans un communiqué de presse le 22 février.

    "Depuis plus de vingt ans, des forces étrangères viennent et sortent de la Somalie, sans succès", a souligné à IPS, Tidhar Wald, conseiller à la politique humanitaire d’Oxfam pour l'UE.

    "Ce qu'il nous faut maintenant, c'est un processus de paix inclusif dirigé par les Somaliens. Les Somaliens eux-mêmes devraient avoir leur mot à dire dans la solution que la communauté internationale propose. Si vous regardez les conférences qui se déroulent actuellement, vous verrez clairement qu’il n’y a pas assez de voix somaliennes participant à la prise de décision".

    Le point de vue d'Oxfam se reflète sur le terrain en Somalie elle-même.

    "Ces vingt dernières années ont vu de nombreuses interventions militaires en Somalie", a indiqué à IPS, Aydris Daar, directeur général de la 'Wajir South Development Association' (Association de développement du sud de Wajir – WASDA) à Juba, en Somalie.

    "Chaque fois qu'elles survenaient, elles conduisaient à une augmentation des conflits à l'intérieur du pays. Et quand les conflits s’intensifient, les gens ordinaires n'ont pas le temps de vaquer à leur travail quotidien, les enfants ne peuvent pas aller à l'école et il n'y a pas de temps ou d'espace pour faire les affaires, ce qui affecte la situation économique. Les actions militaires en Somalie n'ont jamais amélioré la situation humanitaire", a-t-il affirmé.

    Selon la WASDA, toute solution à la situation de la Somalie déchirée par la guerre devrait être totalement fondée sur un principe humanitaire.

    "L'action internationale ne devrait pas entraîner de nouvelles souffrances en Somalie", a déclaré Daar à IPS. "La solution doit venir de l'intérieur, mais avant que cela ne se produise, nous avons besoin de soutien: le financement pour la Somalie doit être (à long terme), afin qu'il puisse aller au-delà de l’aide dans le rétablissement et le développement. Environ 70 pour cent des gens en Somalie ont moins de 35 ans; c'est leur pauvreté et le chômage qui les poussent à prendre parti dans les conflits. C'est ce qui alimente les conflits dans le pays".

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