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SOMALIE: Les donateurs exhortés à laisser de place au nouveau gouvernement

    By Carey L. Biron

    WASHINGTON, 21 sep (IPS) – Le gouvernement américain et les Nations Unies ont prévenu mercredi que de nouveaux combats dans une zone clé tenue par des rebelles en Somalie devaient garantir la sécurité des civils, dans une bataille qui pourrait être un tournant décisif après les récents résultats de l’élection surprise et des décennies d’anarchie dans le pays.

    Alors que le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a signalé que quelque 6.000 personnes ont fui la ville portuaire de Kismayo, dans le sud, ces derniers jours, les responsables de l’agence disent qu’ils prévoient qu’environ 55.000 autres pourraient bientôt quitter la zone au début des combats avec les combattants d’Al-Shabaab, le groupe rebelle le plus puissant dans le pays.”Le port de Kismayo est la seule question la plus importante à portée de main”, a déclaré mercredi à Washington, Ken Menkhaus, un professeur agrégé des sciences politiques à ‘Davidson College’ et l’un des principaux experts de la Somalie aux Etats-Unis. “A l’avenir, Shabaab essayera probablement de continuer d’occuper de grandes étendues rurales, mais il deviendra de plus en plus affaibli sans un accès aux ports”.Juste au lendemain des rapports ayant indiqué que les habitants de Kismayo avaient vu des rebelles fuir devant l’avancée des troupes de l’Union africaine, le mercredi, des renforts d’Al-Shabaab afflueraient vers la ville, un bastion lucratif pour le groupe au cours de la dernière demi-décennie d’insurrection.

    Néanmoins, les inquiétudes immédiates concernent la sécurité des civils – la bataille pour Kismayo a été anticipée depuis longtemps et serait perçue comme un affaiblissement supplémentaire significatif d’Al-Shabaab, qui est en train de perdre à la fois le soutien du public ces dernières années et du territoire sous une opération militaire conduite par l’Union africaine.Mais le groupe rebelle a subi un revers particulièrement retentissant la semaine dernière, lorsque l’élection de l’institution intérimaire a abouti à la victoire surprise d’Hassan Sheik Mohamud, un pilier modéré de longue date de la société civile, qui a fondé l’une des universités les plus réussies de la Somalie.De manière significative, il est aussi l’un des membres les plus connus de l’intelligentsia à être restés dans le pays au cours des deux dernières décennies de guerre civile et d’absence de gouvernement.La victoire de Mohamud était encore plus fascinante parce qu’elle émanait d’un processus largement considéré comme étant très vicié, mais dans lequel un groupe disparate de membres de la société civile, y compris Mohamud, a pu se mettre ensemble et parvenir au résultat final.

    En effet, le scrutin parlementaire final était si déséquilibré que l’ancien président corrompu et inepte, Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste qui avait déjà dirigé un gouvernement pareil, n’avait d’autres recours que de se retirer calmement.Mohamud, qui a prêté serment la semaine dernière, a immédiatement échappé à une tentative d’assassinat, et les analystes estiment qu’il continuera à faire face à d’importants problèmes de sécurité à la fois de la part d’Al-Shabaab et des potes de la cleptocratie de Sharif Sheikh Ahmed.La Somalie n’a pas eu de gouvernement fonctionnel depuis 1991. Alors qu’un processus hésitant de transition dirigé par l’ONU est depuis près de huit ans incapable de faire des progrès significatifs dans l’amélioration de la situation en Somalie, les résultats surprenants des dernières élections, dans lesquelles presque tous les observateurs supposaient que l’ancien régime gagnerait à nouveau, ont offert le point d’optimisme le plus brillant en deux décennies.”Je n’ai jamais vu les Somaliens aussi excités depuis longtemps”, a déclaré Menkhaus mercredi. “Je pense que nous avons vu la fin de 20 ans d’échec de l’Etat”.

    Une nouvelle souverainetéMenkhaus, qui était à Washington pour informer les décideurs américains des changements récents en Somalie, est clair sur les obstacles qui attendent Mohamud. Ils comprennent presque la reconstruction totale d’une structure étatique après deux décennies de chaos dévastateur, l’unification d’un pays touché par la pauvreté et la famine, déchiré par des loyautés claniques et des suspicions, et finalement, la rédaction d’une constitution entièrement nouvelle.Pourtant, dans ce processus, étant donné même – ou en particulier – la récente lueur de bonnes nouvelles provenant de la Somalie, Menkhaus prévient la communauté internationale contre une trop grande implication.

    Pour ce nouveau gouvernement, dit-il, un nouveau sentiment de souveraineté va être un thème central, et les Etats-Unis ainsi que d’autres acteurs internationaux doivent fournir un peu d’espace au gouvernement et s’assurer de rester à l’écart.”Les Somaliens affirment actuellement qu’ils veulent vraiment une fin au djihadisme, une fin au seigneurs de la guerre, mais aussi une fin à la domination étrangère”, indique Menkhaus. “C’est un sentiment fort et viscéral: il (le pays) est à la merci des forces de maintien de la paix et des opérations de l’ONU depuis 20 ans, ainsi que des donateurs qui leur disent ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire”.C’est dans ce contexte que le fait que Mohamud ait résidé en permanence en Somalie au cours des deux dernières décennies pourrait être particulièrement important.Aujourd’hui, la Somalie a un spectre d’étrangers armés sur son territoire: quelque 20.000 hommes de l’Union africaine, en plus d’un important contingent de forces de sécurité privées et des agents secrets américains dans des opérations anti-terroristes. Bien que Menkhaus prévoie que le gouvernement de Mohamud commence rapidement à insister sur sa nouvelle souveraineté, on ne sait pas exactement comment il entend le faire.

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