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SOUDAN DU SUD: Le moment de commencer à apprendre

    By Protus Onyango

    JUBA, 20 juil (IPS) – S’instruire pendant la guerre civile au Soudan du Sud était presque impossible. Mais Victoria Maja voulait devenir médecin, et pour le faire, elle a dû quitter la région pour vivre et étudier dans le nord. Elle était l'une des personnes les plus chanceuses.

    Malgré le fait que Maja ait dû affronter la discrimination en raison de son appartenance ethnique, elle était l'un des rares Sud-Soudanais de sa génération qui ont obtenu un diplôme universitaire."J'ai fait des études de médecine et j’ai été choquée de constater que j'étais classée dernière pour obtenir le diplôme dans ma classe parce que j'étais traitée comme une noire africaine qui ne pouvait pas réussir aux examens. Je ne pouvais pas pratiquer la médecine à ce moment parce que je ne pouvais pas être agréée", déclare Maja.Alors, elle et son mari ont fui vers l'Egypte en 2000 et plus tard en Australie où elle a pu pratiquer la médecine après avoir achevé un cours de recyclage.Aujourd’hui, Maja veut retourner au pays et aider à construire sa nation nouvellement indépendante. Et elle comprend que l'une des façons de faire cela, c’est de s'assurer que d'autres bénéficient aussi d’une éducation.Parce que ceux qui sont restés au pays n'ont pas été aussi chanceux qu'elle. Le Soudan du Sud dispose de trois générations d'enfants qui n'ont jamais vu l'intérieur d'une salle de classe. Selon Dr Michael Hussein, le ministre de l'Enseignement général, le secteur de l'éducation a le plus souffert pendant la guerre civile."Les enseignants étaient négligés, les salaires n'étaient pas réguliers, il n'y avait pas de formation et beaucoup ont fui les zones ravagées par la guerre. En conséquence, trois générations ont perdu la chance d'aller à l'école", explique le ministre.La question de l'éducation au Soudan du Sud est si critique que la plupart des dirigeants appellent les jeunes à retourner à l'école.Le lieutenant-général Daniel Akot, le vice-président de l'Assemblée nationale, appelle ses collègues à adopter des lois pertinentes qui permettront à tous les enfants sud-soudanais d’accéder à l'éducation. "Nous avons gagné la guerre contre notre ennemi. Maintenant, la véritable guerre contre la pauvreté, l'ignorance et la faim a commencé. Nous ne pouvons pas atteindre cet objectif si nos enfants ne vont pas à l'école", souligne-t-il.Hussein exhorte le gouvernement à consacrer au moins 20 pour cent de son budget national à son ministère. Il a affirmé que son ministère veut construire 6.000 écoles primaires et 3.000 écoles secondaires."Nous avons des régions qui ont 120 écoliers par enseignant, rendant impossible l’apprentissage. Cinq écoliers se partagent un seul manuel. Nous voulons recruter beaucoup d’enseignants, former bon nombre d'entre eux. Nous exhortons ceux de nos citoyens qui ont fui le pays et (reçu une instruction) à travers le monde à revenir combler le grand déficit en personnel", indique Hussein.Hussein affirme que jusqu'à la fin de 2010, le Soudan du Sud comptait 169 écoles maternelles avec 47.266 écoliers et 1.249 enseignants. Il y a 3.195 écoles primaires avec 1,3 million écoliers et 2.912 enseignants. Et il y a 168 écoles secondaires avec 34.487 élèves, et trois écoles de formation d’instituteurs avec 2.310 stagiaires.Mais il reste environ deux millions de jeunes Sud-Soudanais qui n'ont pas fréquenté l'école, contre une pénurie aiguë d'enseignants. Le gouvernement travaille avec ses voisins, comme le Kenya, pour lui fournir des enseignants. Le Kenya compte plus de 70.000 enseignants formés, au chômage.Le ministre déclare que depuis 2005, le gouvernement a développé son propre système d'éducation: un système de 8-4-4 qui veut que les apprenants fassent huit ans au primaire, quatre au secondaire et quatre à l'université."Nous avons développé un système qui est inclusif et expansif pour nous assurer que tous les enfants accèdent à l'éducation de base, qui est un droit humain fondamental. Nous employons également des femmes enseignantes pour servir de modèles de rôle aux jeunes filles afin que bon nombre d'entre elles puissent aller à école", souligne le ministre.Le ministère fournit également une éducation spéciale et une formation technique à ceux qui dépassent l’âge d’être scolarisés."Nous constatons que ceux qui n’ont pas été instruits (devraient) avoir une seconde chance. Nous leur offrons une éducation alternative. Ceux qui ont 18 ans et plus (fréquentent) l'école pendant quatre ans et passent l’examen des études primaires. Ceux qui réussissent passent au secondaire tandis que ceux qui échouent rejoignent des collèges techniques. Jusqu'ici, nous avons 5.753 écoliers dans ce programme", indique Hussein.Kathy Kamphoefner, le coordinateur du secrétariat sud-soudanais pour l’organisation non gouvernementale 'Human Rights Forum', estime que 90 pour cent des gens vivant dans les zones rurales sont analphabètes et a appelé le gouvernement à prioriser l'éducation afin que le pays puisse réaliser un développement significatif.

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