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SOUDAN DU SUD: L’ONU se bat pour atteindre les déplacés

    By Roger Hamilton-Martin

    NATIONS UNIES, 5 août (IPS) – A la suite des combats dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud, les Nations Unies s'efforcent de coordonner une action humanitaire pour aider des dizaines de milliers de personnes qui ont fui dans la brousse.

    Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une opération visant à fournir des vivres aux personnes qui ont fui le conflit.

    "Nous pensons que ces gens ont besoin de nourriture maintenant et ne peuvent pas attendre beaucoup plus longtemps après s'être cachés dans la brousse pendant des semaines", a déclaré Chris Nikoi, directeur national du PAM au Soudan du Sud, dans un communiqué publié le 23 juillet.

    L'agence recherche 20 millions de dollars pour financer une aide d'urgence pour 60.000 personnes jusqu’à décembre.

    "Les Lou Nuer ont une rancune de longue date contre les Murle, qui est réciproque, bien sûr", a indiqué à IPS, Eric Reeves, un expert du Soudan. "Mais au cours de ces dernières années, ces tensions sont arrivées à ébullition et les représailles mutuelles sont extrêmement violentes". Les représailles surviennent souvent en réponse aux pillages de bétail de la part des communautés voisines, a-t-il souligné.

    Il s'est avéré difficile pour les groupes humanitaires d'accéder à un grand nombre de personnes qui ont été touchées par le conflit dans cet Etat, le plus grand du Soudan du Sud, en partie à cause des combats et partiellement en raison de l'absence de routes praticables.

    L'organisation humanitaire médicale internationale, Médecins sans frontières (MSF), affirme qu’elle a "soigné des dizaines de gens et tente d’atteindre des milliers d'autres qui se cachent dans la brousse… [une] équipe d'urgence de MSF essaie d'atteindre des dizaines de milliers de personnes qui se cachent dans des marais insalubres, infestés par le paludisme, sans accès à l'eau potable, à la nourriture, ou aux soins médicaux".

    John Tzanos, qui dirige l'équipe de MSF dans le comté de Pibor, a déclaré dans un communiqué: "Ils [les civils] ont peur de se faire soigner dans les villes, alors il est essentiel pour nous d'intervenir là où ils sont pour que tous ceux qui sont dans le besoin puissent accéder à un traitement". Malgré la fin de la dernière vague de violences, il n'existe toujours pas un mot sur le nombre de victimes.

    "Nous n'avons pas du tout de chiffres [sur les décès]", a indiqué à IPS, Dr Yasmin Haque, la coordinatrice humanitaire par intérim du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Jonglei.

    "Le défi a été l'accès, et maintenant nous avons pu obtenir un financement supplémentaire qui a amélioré notre capacité de transport aérien. Nous avons eu également une meilleure communication, qui se renforce, dans l'obtention des autorisations et des informations pour amener nos vols vers ces zones".

    "Le plus grand besoin va être les vivres, et amener les quantités requises dans ces zones se fera en plusieurs voyages sur plusieurs jours", a-t-elle expliqué. Haque a déclaré que les agences de l’ONU travaillaient avec le gouvernement, en particulier la Commission de secours et de réhabilitation, et coordonnaient également les vols avec l'armée, le SPLA.

    "Les gens ont eu peur de retourner dans les zones plus peuplées où ils [vivent]", a-t-elle dit. "La peur de l'insécurité et des combats éloigne les gens des principaux comtés".

    Un autre porte-parole de l'OCHA a déclaré à IPS: "Nous avons déjà commencé à enregistrer les personnes déplacées, et nous avons commencé à distribuer des articles ménagers et des abris d'urgence aux gens qui vivent dans la brousse, (qui) sont exposées aux éléments".

    OCHA a lancé un appel pour plus de ressources de la part de la communauté internationale, et a noté que pendant la saison des pluies, qui dure de mai à octobre, jusqu'à 90 pour cent des voies dans l'Etat de Jonglei sont impraticables, donc l'aide doit être fournie par avion.

    Il y a aussi des allégations selon lesquelles le gouvernement soudanais, à Khartoum, exacerbe le conflit en fournissant des armes au leader des rebelles Murle, David Yauyau.

    La difficulté de traquer les rebelles de Yauyau a fait qu’il est dur pour les agences de l'ONU de maintenir la paix et de fournir aux civils l’aide nécessaire. La rébellion actuelle de Yauyau se bat depuis avril 2012, pour ce qu'elle affirme être les droits des Murle.

    Dans une interview accordée en 2012, Yauyau avait affirmé: "Cette fois, nous nous battons pour le peuple du Soudan du Sud, les communautés minoritaires comme les Murle et les autres… Elles n'ont pas de voix … Elles n'ont pas le droit de vivre sur les terres. Nous n'avons pas de voix dans le gouvernement. Nous luttons avec eux et nous avons perdu certains de nos fils".

    Il existe aussi des allégations de violations des droits humains perpétrées par le gouvernement.

    Dans une lettre ouverte au gouvernement, écrite en juin, Reeves et trois autres signataires ont déclaré que "depuis plusieurs années – mais en particulier ces six derniers mois – les forces de sécurité du gouvernement du Soudan du Sud se sont engagées dans une campagne de violence contre les civils, simplement parce qu'ils appartenaient à un groupe ethnique différent ou qu’ils étaient considérés comme des opposants au gouvernement actuel".

    L'ONU a également condamné le gouvernement pour ce qu'elle qualifie de "violations graves des droits humains" qui auraient été commises dans le comté de Pibor par des éléments de l'armée sud-soudanaise.

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