Home » Afrique, Developpement, Droits de L'Homme, Economie et Travail, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

SOUDAN DU SUD: Un pays "entre la Somalie et la RDC"

    By Katelyn Fossett

    WASHINGTON, 26 avr (IPS) – Des experts à Washington demandent aux Etats-Unis et à la communauté internationale d’accentuer la pression sur le gouvernement du Soudan du Sud pour qu’il corrige les faiblesses dans sa gouvernance centrale.

    Un panel de haut niveau d'universitaires et de représentants de gouvernements a averti mercredi (24 avril) que la corruption, la mauvaise gestion économique et le manque d'unité nationale pourraient constituer des obstacles à l'instauration de la stabilité dans ce pays nouvellement constitué.

    "Telle est la crainte, et c'est pourquoi nous appelons à une réforme", a déclaré Lual Deng, directeur général du Centre Ebony pour les études stratégiques, un institut de recherche à but non lucratif à Juba, la capitale du Soudan du Sud. "La façon dont nous voyons les choses, le Soudan du Sud est entre la Somalie et la RD Congo). Si nous ne faisons pas attention, il ressemblera à l’un de ces pays".

    Deng parlait particulièrement de la question croissante de la forte concentration du pouvoir dans les mains d'un petit nombre de personnes, ainsi que des signes croissants de corruption généralisée. Il s’est référé à la disparition de huit milliards de dollars de recettes pétrolières en 2012, qui auraient été volés par des responsables du gouvernement.

    Les malversations du gouvernement sud-soudanais ont été également au premier rang des inquiétudes de la société civile et par rapport aux droits humains à la suite de la publication, il y a une semaine, du rapport mondial annuel du département d'Etat américain sur les droits de l'Homme.

    La section concernant le Soudan du Sud examine les pratiques des droits humains dans le pays au cours de l'année 2012, la première année complète d'indépendance du Soudan du Sud suite à une guerre civile violente avec le Soudan qui a été considérée comme l'une des pires crises humanitaires au cours de ces dernières années.

    Le rapport détaille un tableau sombre de la première année de souveraineté du pays, indiquant que les trois problèmes de droits les plus graves comprenaient les exactions des forces de sécurité et le manque d'accès à la justice ainsi que les violations liées aux conflits.

    Il détaille également "des exécutions extrajudiciaires, la torture, le viol, l'intimidation… La corruption dans le secteur de la justice… et le déplacement des civils comme conséquence des combats entre les forces soudanaises et sud-soudanaises".

    Dans un communiqué publié le 22 avril, des groupes de défense des droits humains, notamment 'Act for Sudan' (Agir pour le Soudan), 'American Jewish World Service' (Service mondial des Juifs américains), 'Enough Project' et 'United to End Genocide' (Unis pour mettre fin au génocide) ont qualifié le rapport d’une "occasion" pour que le gouvernement sud-soudanais aborde ces problèmes.

    Selon le communiqué, le gouvernement doit le faire "à la fois à travers des enquêtes et en veillant à ce que de tels abus ne se reproduisent pas dans l'avenir, ainsi qu’en mettant en œuvre le plan d'action qu'il a signé avec les Nations Unies, en adhérant à tous les traités pertinents sur les droits humains, et en allant de l'avant avec le processus national de réconciliation prévu".

    "Nous voulons dire clairement que bien que nous soutenions le Soudan du Sud – comme le font beaucoup d'ONG et de gouvernements – nous ne voulons pas être vus comme fermant les yeux sur les violations des droits humains juste parce que le pays est nouveau et est confronté à beaucoup de défis", a indiqué à IPS, John C. Bradshaw, directeur exécutif du 'Enough Project', un groupe de défense à Washington qui travaille pour contrer le génocide.

    Se tourner vers la diasporaLa discussion de mercredi a suggéré un renforcement global des institutions de gouvernance du Soudan du Sud comme le seul moyen de faire face aux menaces potentiellement existentielles que constituent la corruption, les abus du gouvernement et la mauvaise gestion économique.

    "Je pense qu'il est vraiment important de regarder l'histoire et le contexte de l’origine du Soudan du Sud", a souligné lors de la discussion de mercredi, Kate Knopf, un chercheur associé sur les politiques au Centre pour le développement mondial, un groupe de réflexion à Washington. "C'est un Etat en cours de construction à partir de zéro avec pratiquement aucun antécédent de gouvernance centralisée".

    "Il y a beaucoup de graves inquiétudes au sujet de la façon dont le Soudan du Sud est géré… Mais [ces inquiétudes] doivent être situées dans un contexte de là où le Soudan du Sud se trouve et de ce que peuvent convenablement nos attentes d'un pays dans cet Etat très naissant".

    En effet, l'un des thèmes centraux mis en évidence dans la discussion était le manque de compétences parmi les nombreux Sud-Soudanais qui leur permettraient d'occuper des postes de gouvernement.

    L’une des solutions proposées par le panel, notamment par Deng, était d'encourager le retour, temporaire ou permanent, de la communauté sud-soudanaise de la diaspora pour assumer des rôles importants de gouvernement.

    Mais pour Erik Reeves, un professeur à SmithCollege et spécialiste du Soudan et du Soudan du Sud, une lecture incomplète du nouveau rapport du département d'Etat pourrait saper l'espoir d'une solution. Il met en garde contre le fait de lire les violations des droits humains de la part du gouvernement sud-soudanais comme étant séparées des aggravations et des hostilités de son voisin du nord, le Soudan.

    Reeves affirme que la capitale soudanaise, Khartoum, abrite et soutient des milices hors-la-loi connues pour la poursuite des attaques contre le Soudan du Sud, dont la plupart sont ethniquement motivées.

    "L'effet de cette situation est extrêmement destructeur [dans l'escalade] des tensions raciales qui sont déjà fortes au Soudan du Sud", a expliqué Reeves à IPS. "Khartoum est en train de créer une situation très incendiaire dans laquelle des violations des droits humains sont plus susceptibles de se produire".

    Tags:

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa