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SOUDAN DU SUD: Un pays divisé, mais qu’en est-il du peuple?

    By Charlton Doki

    JUBA, 13 juil (IPS) – Lorsque la République du Soudan du Sud obtenait son indépendance du nord, c’était plus qu'une division géographique. Des familles au Soudan du Sud et au Soudan pourraient être contraintes à la séparation puisque les deux pays se disputent la question de la citoyenneté et de qui appartient à quelle partie.

    Au Soudan du Sud, il y a des nordistes qui ont vécu tout le temps au sud. Et au nord, il y a des Sud-Soudanais qui ont vécu toute leur vie là-bas. Mais avec l'indépendance du sud, bon nombre de familles peuvent être obligées de retourner dans leur pays d'origine.Bien que la République du Soudan du Sud et le Soudan ne se soient pas encore entendus sur la question de la citoyenneté après à la séparation, le sud dit qu'il accordera la citoyenneté aux nordistes qui sont au sud."Les Soudanais du nord qui souhaitent rester au sud seront autorisés à le faire s’ils demandent la citoyenneté à travers les procédures qui seront définies", a déclaré le ministre sud-soudanais de l'Information et porte-parole du gouvernement, Barnaba Marila Benjamin.Cependant, le Soudan a indiqué que les Sud-Soudanais qui sont au nord perdraient leur citoyenneté au Soudan et deviendraient des "étrangers" au nord.Lillian Rizik du 'South Sudan Women Empowerment Network' (Réseau pour l’autonomisation des femmes du Soudan du Sud) a demandé aux dirigeants des deux côtés de garantir la citoyenneté pour les citoyens des deux pays."Les femmes seront affectées par cette séparation. Il y a des femmes sud-soudanaises qui se sont mariées à des hommes du nord. Si elles perdent leur citoyenneté au nord, qu’est-ce qui leur arrivera? Que dire des enfants dont les parents sont à la fois du nord et du sud? Que leur arrivera-t-il?", a-t-elle demandé."Lorsque le sud et du nord discutent de ces questions, ils devraient tenir compte de certaines de nos préoccupations en tant que femmes", a indiqué Rizik.Un commerçant nord-soudanais à Juba, Alsaniosi Abbbas, ne voulait pas retourner au nord, un endroit qu'il a quitté il y a plusieurs décennies."Je fais des affaires au Soudan du Sud depuis 35 ans. Tous mes amis sont ici au sud. J’aimerais rester ici au sud", a-t-il confié. "Mais si le gouvernement nous oblige à quitter le sud, nous obéirons, mais la vie ne sera jamais la même".Tandis que la majorité des Sud-Soudanais se réjouissent d'être désormais indépendants, pour les Soudanais du nord, cette sécession a été un triste chapitre dans l'histoire du pays. Ahmed Rahma, un chef religieux originaire du nord, a assisté à la déclaration d'indépendance à Juba le 9 juillet et a affirmé que la séparation était "comme avoir l'une des parties de votre corps amputée. C’est très douloureux".Pour le président Omar Al-Bashir et son parti, le 'National Congress Party' (Parti du congrès national), cette sécession a sapé son autorité et celle du parti, puisqu’il est accusé d’avoir supervisé le morcellement du pays. Beaucoup estiment que l'avenir politique d'Al-Bashir est compromis. Cependant, l’un des proches conseillers du président, Ibrahim Ghandour, a été cité dans les médias comme ayant déclaré qu’Al-Bashir continuera de contrôler fermement le Soudan."Je ne pense pas que sa position sera affaiblie. Beaucoup de gens ici (au Soudan du Nord) voient que la perte du sud est une bonne chose", a-t-il affirmé. "Le président Bashir restera comme la personne qui a mis fin à une guerre et a amené la paix en signant l'Accord de paix global et [qui] a respecté les souhaits de la population du sud".Politiquement, l’autre impact de la séparation est que la charia peut être renforcée au nord. Suite à la déclaration de l'indépendance du Soudan du Sud, l'une des tâches du leadership du Soudan du Nord est d'entreprendre la rédaction d'une nouvelle constitution. Al-Bashir avait indiqué en juin qu'une nouvelle constitution serait fondée sur la loi islamique et insisté qu'il n'y aurait pas de place pour la diversité culturelle et religieuse.Après son accession à l'indépendance, la République du Soudan du Sud est maintenant confrontée à plusieurs défis, comprenant, entre autres, la pauvreté, le manque d'infrastructures, les tensions avec le nord et la corruption.Mais Benjamin a déclaré, au cours d'une réunion à la mairie de Juba, qu’il croyait que le gouvernement relèverait les défis qui l’attendent. "Les défis sont énormes pour nous, mais (nous) croyons qu'ils ne sont pas insurmontables. Nous croyons qu’avec l’appui du peuple, nous pourrons relever les défis qui nous attendent".Lazare Sumbeiyeo, le médiateur en chef des négociations qui ont abouti à la signature de l'Accord de paix global de 2005 qui a prévu les processus ayant conduit à l'indépendance du sud, a déclaré que le leadership du Soudan du Sud aurait besoin d'unifier le peuple pour avancer."Il n'y a pas beaucoup de confiance entre Sud-Soudanais à cause de la longue guerre qu'ils ont menée. Et par conséquent, vous devez faire preuve de cohésion avant de progresser", a souligné Sumbeiywo.A cause du manque d'infrastructures et d'institutions, le Soudan du Sud aurait besoin du soutien de la communauté internationale pour aller de l'avant", a-t-il indiqué.

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