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SOUDAN: Lutter pour une presse libre

    By Zeinab Mohammed Salih

    KHARTOUM, 18 sep (IPS) – Dans le quartier des journaux soudanais à Khartoum Est, des douzaines de personnes sont assises sous les arbres en train de siroter du thé ou de lire des journaux.

    La plupart sont des journalistes qui ont une fois travaillé pour les 10 journaux fermés de force par les services de sécurité du pays ou à cause des contraintes économiques qui sont apparues après que le gouvernement a augmenté les taxes sur les impressions dans une tentative d’empêcher les médias de couvrir les manifestations anti-gouvernementales.

    Mohamed Ahmed, un ancien journaliste au journal ‘Ajrass Elhuriya’, qui a été fermé en juillet 2011, est l’un d’entre eux. “Je m’assois sous les arbres depuis un an et demi parce que le gouvernement a fermé mon journal, et d’autres journaux, qui me considèrent comme opposé au gouvernement, ont peur de m’embaucher”.

    Le Réseau des journalistes soudanais, un syndicat de reporters, estime qu’environ 200 journalistes sont actuellement au chômage à cause de ces fermetures, ce qui, dit-il, constitue le taux de chômage le plus élevé que la profession ait enregistré. La répression contre la presse a commencé il y a plus d’un an, peu après la séparation entre le Soudan et le Soudan du Sud en juillet 2011.Plus de 10 journalistes auraient été arrêtés et torturés par la police lors des manifestations anti-gouvernementales à l’échelle nationale en juin après l’application d’un plan d’austérité du gouvernement qui a supprimé les subventions au combustible et aux produits de base.En outre, les services de sécurité ont été accusés d’avoir empêché 15 reporters de publier des articles sur les manifestations.

    Le 9 septembre, le tribunal général de Khartoum Nord a confirmé la fermeture d’un journal local, le ‘Rai Elshab’, et l’a amendé pour avoir violé la déontologie de la presse et pour avoir lancé des conflits sectaires après avoir publié un article sur les forces rebelles qui combattent le gouvernement dans la région instable du Darfour, dans l’ouest du pays.La guerre entre les forces rebelles au Darfour et le gouvernement soudanais fait rage depuis 2003 lorsque l’Armée de libération du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) ont commencé à attaquer le gouvernement, l’accusant d’opprimer les Noirs africains en faveur des Arabes. Depuis 2010, les factions en guerre sont dans des négociations de paix. Toutefois, les combats se poursuivent dans la région, avec l’incident le plus récent survenu le 6 septembre, qui a entraîné la mort de 10 soldats gouvernementaux.Les Services nationaux de renseignements et de sécurité (NISS) avaient fermé le journal ‘Rai Elshab’ en janvier, et les propriétaires étaient allés devant les tribunaux afin que le journal rouvre. Cependant, le juge a statué que le journal ne serait pas autorisé à publier à nouveau sans l’approbation des NISS.

    Ashraf Abdul-Aziz, le chef du département politique à ‘Rai Elshab’, a déclaré à IPS: “Les NISS se sont plaints contre nous devant un tribunal et ont fermé notre journal parce que nous avons publié un article sur le JEM, qui lutte contre le gouvernement au Darfour. Que les NISS aient le droit de nous autoriser à publier ou non constitue une situation très étrange”.Le Réseau des journalistes soudanais a indiqué à IPS que dans les semaines à venir, l’organisation déposerait une plainte contre le gouvernement soudanais auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, à Genève. Selon l’un des leaders de l’organisation, Khalid Ahmed, cette plainte sera déposée une fois que tous les mécanismes nationaux et régionaux pour faire pression sur le gouvernement pour une presse libre et équitable, auront été épuisés.En juillet, des journalistes ont protesté en vain contre cette censure à la Commission soudanaise des droits de l’Homme.

    Khalid Ahmed a déclaré que le dernier mémorandum du réseau à la Commission soudanaise des droits de l’Homme avait été soumis le 4 juillet et appelait à la suspension de la censure et à la libération des journalistes détenus par la police.”Ils n’ont pas répondu à notre mémorandum comme nous l’avions espéré, mais nous poursuivrons notre mission pour nous plaindre devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève pour que la presse soit libre ici”, a-t-il affirmé.Faisal Mahmed Salih, l’ancien rédacteur en chef du journal Eladwaa, actuellement fermé, et directeur du ‘Teebba Press Center’ (Centre de presse Teebba), a déclaré à IPS que la censure avait négativement affecté le rôle des médias dans la diffusion de l’information.

    “En raison de la censure, les lecteurs n’achètent pas les journaux parce qu’ils sont tous les mêmes. Les gens achètent seulement un ou deux journaux maintenant”.Mohamed Hafiz, un analyste politique, a confié à IPS que la répression contre la presse aurait un effet négatif sur la démocratie et toute réforme politique éventuelle.”La liberté d’expression est un élément fondamental du processus démocratique, avec d’autres libertés telles que la liberté de réunion et d’association. Si le gouvernement interdit aux journalistes et aux médias de faire leur travail, il n’y aura pas de démocratie au Soudan”, a-t-il souligné.

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