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SOUDAN-SOUDAN DU SUD: La communauté internationale "met trop en avant" leur pacte

    By Carey L. Biron

    WASHINGTON, 1 oct (IPS) – La communauté internationale réagit triomphalement suite à un accord conclu le 27 septembre entre le Soudan et le Soudan du Sud pour reprendre la production et le commerce de pétrole, malgré l'échec de l’accord à régler deux des questions les plus difficiles de la situation sur la délimitation des frontières et le contrôle des grandes régions productrices de pétrole.

    "Cet accord historique constitue une avancée en appui de la vision de la communauté internationale de deux Etats viables en paix l'un avec l'autre", a déclaré le président américain, Barack Obama, en réponse. "Les dirigeants du Soudan et du Soudan du Sud ont choisi de faire un autre pas important sur cette voie, loin du conflit".

    Le président Obama a exprimé ses félicitations particulières à l'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, qui a dirigé les efforts de médiation de l’Union africaine (UA) pour tenter de désamorcer une série de désaccords qui ont éclaté en janvier, et qui ont failli entraîner une guerre généralisée en avril. Mbeki a fait écho de l’appréciation du président Obama, qualifiant cet accord "d’un pas de géant".

    Le Soudan et le Soudan du Sud subissaient une forte pression internationale pour parvenir à un accord avant la session en cours de l'Assemblée générale des Nations Unies, n’ayant même pas réussi à s’entendre jusqu’au délai du samedi 22 septembre. Un mois et demi de négociations – se fondant sur plusieurs cycles précédents, facilités par la communauté internationale – a abouti à quatre jours de négociations directes à Addis-Abeba entre les présidents soudanais, Omar Al Bashir, et Salva Kiir du le Soudan du Sud.

    En plus de la reprise du commerce et de la production de pétrole, qui se base sur un accord précédent conclu en août, les deux présidents ont convenu de la création d'une zone tampon démilitarisée de 20 kilomètres le long de la frontière.

    Pourtant, alors que les négociateurs suggèrent que le nouvel accord pourrait permettre une reprise de la production pétrolière d'ici à la fin de l'année, l'accord n'a pas abordé certains des points de discorde les plus sensibles entre les deux pays: la délimitation de la frontière non démarquée de façon plus générale et le contrôle de la région frontalière d'Abyei, productrice de pétrole, en particulier.

    Aucune date n'a encore été fixée pour un nouveau cycle de négociations.

    Sans parvenir à un accord sur ces points, déclare Eric Reeves, un expert de longue date du Soudan, les négociations devraient être considérées comme n’ayant offert "aucun progrès – la communauté internationale s’est tellement investie dans l'UA et le processus de paix et d'auto-félicitation qu’il n'est pas surprenant qu'elle soit en train de "mettre trop en avant cet exploit".

    Le minimum nécessaireLe Soudan et le Soudan du Sud se sont enfermés dans la récrimination et des tensions croissantes pour une grande partie de la courte existence du dernier. Lorsque les deux se sont séparés en juillet 2011, après une guerre civile de plus de deux décennies, le sud a pris avec lui les deux-tiers des champs pétroliers du Soudan, mais le Soudan a conservé une grande partie des infrastructures de transformation et de transport.

    Des différends au sujet des droits de transit ont par la suite amené le sud à arrêter la production en janvier, en dépit du fait que le pétrole reste d'une grande importance pour les économies des deux pays.

    Cependant, neuf mois plus tard, le dernier cycle de négociations doit être considéré comme ayant produit seulement "le minimum nécessaire pour la communauté internationale de célébrer avec enthousiasme un accord qui ne fera pas vraiment grand-chose pour assurer le retour d’une vraie paix au Soudan", a déclaré Reeves à IPS, à 'Smith College'.

    Al Bashir est entré dans cet accord, sachant que les gars très tenaces et endurcis à Khartoum – ceux qui insistent sur le blocus humanitaire à Juba Montains et dans le Nil Bleu (au Soudan du Sud) – définissaient les paramètres de négociation, et qu'ils allaient être très restreints.

    C'est certainement la façon dont les négociateurs soudanais ont agi, de toute façon, indique Reeves: "Chercher un accord minimaliste pour éliminer la chaleur diplomatique et obtenir le pétrole dont ils ont désespérément besoin. Le nord ne veut pas parler de négociations sur les frontières, ne souhaite pas parler d'Abyei – parce qu’ils n'ont pas une revendication! Et, comme la situation se révèle, ils ont obtenu exactement ce qu'ils voulaient".

    Les vraies informations sur les récentes négociations peuvent tourner autour des efforts de médiation de l'UA.

    Avant de parvenir à ce nouvel accord, une proposition de l’UA d’une envergure relativement plus grande a été déposée. Elle aurait inclus une résolution du contrôle d'Abyei, accordant un pourcentage des recettes pétrolières d'Abyei au Soudan, pour être utilisées dans certains projets de développement.

    Mais, bien que le Soudan du Sud ait accepté la proposition, le Soudan l’a rejetée, qualifiant cette formulation de futile.

    "Il a été refusé que l'Union africaine accorde un autre temps – cela devrait être très humiliant pour l'UA", affirme Reeves. Il estime que l'action diplomatique pourrait être désormais déployée seulement si les négociateurs de l'UA amènent leur proposition au Conseil de paix et de sécurité de l'UA – et, si Khartoum refuse encore, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.

    "Dans ce cas, à chaque étape du chemin, s’ils ne font pas pression sur Khartoum, l'UA perd de sa crédibilité en tant que force de négociation", souligne Reeves. "La crédibilité de Mbeki est déjà sur cette ligne, alors il y aurait une forte motivation pour lui".

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