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SPORT: Des athlètes camerounais bravent les obstacles

    By Ngala Killian Chimtom

    YAOUNDE, 27 août (IPS) – Victorine Fomum est camerounaise et championne d'Afrique de tennis de table en 2005. Elle avait souvent l’habitude "de s’entraîner sans raquettes, sans balles, sans tenues appropriées et sans de bonnes tables". Mais malgré cela, elle a remporté l'or en 2005 au Championnat d'Afrique des nations.

    Et comme récompense pour son exploit, le gouvernement lui a remis un chèque de 25 dollars. "Vous pouvez imaginer ce qui se passe au niveau local. J'avais l'habitude de gagner souvent 10 dollars comme récompense en argent – pour avoir remporté l'or! Si je n'étais pas aussi une fonctionnaire, peut-être je pourrais avoir fui aussi", a-t-elle déclaré à IPS.Elle faisait allusion aux sept athlètes camerounais qui ont disparu des Jeux olympiques de Londres le 7 août. Fomum comprend tout de suite pourquoi ils l'ont fait."Les conditions d’entraînement ici sont horribles", a-t-elle souligné, "ces athlètes ont certainement le droit de désirer de meilleures conditions".Ces athlètes dont cinq boxeurs, un nageur et un footballeur ont disparu du Village olympique, et ont plus tard réapparu en train de demander l'asile au Royaume-Uni. Ils ont dit qu'ils ne voulaient pas retourner dans leur pays d'origine en Afrique centrale en raison des conditions d'entraînement difficiles.L'un des boxeurs, Thomas Essomba, a déclaré à la BBC que son pays n'était pas en mesure de lui offrir des opportunités que le Royaume-Uni peut donner. "Tout ce que nous demandons, c'est de devenir des champions. L'Angleterre offre les meilleures opportunités pour nous. La question la plus importante maintenant, c’est de trouver des sponsors et rejoindre des clubs de boxe", a-t-il dit.Même le football, le sport le plus populaire dans le pays – en 1990, le Cameroun est devenu la première équipe africaine à atteindre les quarts de finale à la Coupe du monde de football – dispose de mauvaises infrastructures et souffre d'un manque de fonds.Le Cameroun est actuellement classé 59ème au monde par la Fédération internationale de football (FIFA) – huit points d'avance sur l'Afrique du Sud, qui a beaucoup plus de ressources. L'Afrique du Sud accueillera la Coupe d'Afrique des Nations de 2013 pour un coût de 400 millions de dollars, dont 300 millions seront fournis par l'Association de football du pays.Mais de retour au Cameroun, Simon Lyonga, un analyste sportif à l’Office de radio radiodiffusion et télévision du Cameroun, a déclaré à IPS que les joueurs de football locaux gagnent seulement 25 dollars par mois.Et alors que d’autres athlètes ne gagnent pas de salaires ici, les compétitions locales décernent de faibles récompenses en argent. Les médaillés d'or au Cameroun gagnent fréquemment jusqu’à six dollars.Même dans un pays où, selon la Banque mondiale, 40 pour cent des Camerounais vivent en dessous du seuil de pauvreté de 1,25 dollar par jour, six dollars comme récompense en argent est considéré comme très faible."Ce ne sont pas des conditions qui maintiendraient les jeunes", a expliqué à IPS, Fondo Sikod, un professeur d'économie à l'Université de Yaoundé II.Fomum sait tout sur la limitation de la récompense financière. Elle a montré son étagère de plus de 50 trophées, dont la plupart ont été décernés pour avoir gagné la première place."Sur la base de tout cela, vous pouvez penser que je suis riche. Mais je vous le dis, tout l’entraînement s’est terminé seulement par la gloire d’avoir gagné. Il a très peu à voir avec une récompense financière, ce qui est assez frustrant".Le président du Comité olympique du Cameroun, Kalkaba Malboum, a admis que le pays manquait de bonnes installations d’entraînement."Nous n'avons pas de bonnes conditions d'entraînement comme dans d'autres pays. En conséquence, nos athlètes n’hésiteront par à partir pour d'autres pays qui ont de meilleures conditions d’entraînement qui peuvent améliorer leurs performances, répondre à leurs rêves de devenir des professionnels et de gagner plus d'argent pour améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs familles", a-t-il déclaré sur la télévision d'Etat le 10 août.Un exemple de manque d'infrastructures de qualité, c’est le stade Ahmadou Ahidjo, qui a été construit pour accueillir la Coupe d'Afrique des Nations en 1972. Il est encore le principal stade du Cameroun, même s’il est souvent suspendu à l’usage international par la FIFA parce qu’il n'a pas été entretenu."Le fait de ne pas construire des infrastructures sportives dans le pays n'est que le résultat du manque de volonté politique, et non l'absence de ressources financières", a affirmé Lyonga.Il a affirmé que le sport, en particulier le football, a apporté des ressources financières dans le pays. Une partie de ces ressources, a indiqué Lyonga, est censée aller vers la construction et l'entretien des infrastructures sportives locales."En 2010, le Cameroun a reçu 800.000 dollars pour sa participation à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Comment cet argent a été utilisé, personne ne peut deviner", a-t-il dit.Le Cameroun devrait enregistrer une croissance économique de 5,2 pour cent en 2012, en hausse par rapport à 4,8 pour cent en 2011. Et Malboum espère que le gouvernement investira davantage dans le secteur du sport.

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