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SYRIE-ETATS-UNIS: Washington tente d’aboutir à un accord sur la Syrie

    WASHINGTON, 14 mars (IPS) – Alors que l’armée syrienne a intensifié ses attaques contre les bastions de l’opposition à Homs et ailleurs, les Etats-Unis et leurs alliés sont parvenus à un consensus sur un plan d’actions en vue d’évincer le président Bashar al-Assad.

    Bien que Washington ait vivement critiqué le régime d’al Assad en Syrie pour son extrême violence contre l’opposition – Human Rights Watch estime le nombre de victimes à Homs durant le mois de février à plus de 700 – les législateurs sont sur le point d’aboutir à un accord sur une nouvelles mesure concernant les sanctions existantes et la coordination de l’aide humanitaire.

    Beaucoup ont appelé explicitement à une intervention militaire étrangère des forces américaines, ou au minimum à la fourniture d’armes américaines à l’inexpérimentée Free Syrian Army, un assortiment raté de combattants anti régime qui ont changé la nature de l’opposition, en passant de manifestations pacifiques à des contre-attaques armées et des échanges de tirs.

    Lundi (5 mars), John McCain a été le premier sénateur américain à réclamer ouvertement des attaques aériennes américaines contre les forces militaires du président syrien.

    Selon les propos qu’il aurait tenus au Sénat, « Le but ultime des attaques aériennes devrait être d’établir et de défendre des refuges en Syrie, particulièrement dans le nord, région dans laquelle les forces d’opposition peuvent organiser et planifier leurs activités politiques et militaires contre al Assad ».

    Vendredi dernier, une réunion d’informations au congrès mettait en relief une présentation du Dr James Smith, directeur de la firme militaire controversée Blackwater, lors de laquelle il soumettait un programme concernant la mise en place d’une zone du « type Benghazi » dans le nord-est de la Syrie qui serait utilisée comme une zone de transit contre le gouvernement syrien.

    Smith, rejoint dans ses arguments par une majeure partie de l’establishment néoconservateur, a appelé à une intervention en Syrie qui serait un moyen « d’affronter l’Iran et le Hezbollah par procuration », en rayant la participation de la Syrie dans ce qu’on a qualifié « d’axe de la résistance ».

    D’autres, qui avaient soutenu une action militaire en Libye, mais étaient réticents à l’idée d’une intervention en Syrie, ont également reconsidéré leur position.

    Anne-Marie Slaughter, ancienne directrice de la planification politique du département d’Etat américain (ministère des Affaires étrangères), dirigé par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a appelé la semaine dernière dans un article du Washington Post, à une « intervention militaire étrangère » en Syrie. En effet, elle estime que c’est là le « meilleur moyen de mettre un terme à une guerre civile sans fin, sanglante et déstabilisante ». Elle a préconisé la mise en place de « zones no-kill » et de « corridors humanitaires » qui, selon elle, pourraient être renforcés par les forces armées internationales et l’intervention de drones aériens.

    Il est cependant peu probable que de tels projets rencontrent le soutien des législateurs tant que Washington n’aura pas la certitude que son implication n’amplifiera pas les nombreux problèmes que pose déjà le soulèvement syrien.

    Ces craintes ont poussé beaucoup de décisionnaires à Washington à adopter des positions délicates. Ils apportent en effet leur soutien aux organisations d’opposition telles que le Syrian National Council et la Free Syrian Army tout en exprimant des inquiétudes concernant leur viabilité dans l’ère post Assad.

    Beaucoup d’analystes ont rapidement répondu aux appels d’une intervention occidentale en brandissant le spectre de la Libye, où il semble que les armes facilement accessibles et les divisions intestines de la gouvernance aient contribué à une augmentation des violences après la fin de la guerre civile et à l’incapacité du nouveau gouvernement à exercer un contrôle sur les membres de la milice qui avaient pris part à la guerre.

    Lors d’une réunion de la Century Foundation de New York la semaine dernière, Michael Hanna, membre de la fondation, a souligné que le fait de « déposer les armes au beau milieu d’un conflit sans une bonne organisation préalable rendra indubitablement ce conflit plus sanglant et le prolongera ».

    Hanna a qualifié la Free Syrian Army de « sobriquet pour l’insurrection locale » qui manque toujours d’un réel commandement.

    Le Syrian National Council a également été contrait de faire face à des divisions croissantes après que plusieurs membres éminents ont annoncé qu’ils quittaient le conseil, en accusant un manque de progrès et une coordination insuffisante avec les manifestants sur le terrain.

    Le rassemblement des « Amis de la Syrie » organisé à Tunis la semaine dernière reflète bien ces contradictions organisationnelles. Alors que des représentants de quelque 70 pays et organisations internationales se rencontraient pour discuter des manières de coordonner leurs efforts afin d’évincer le régime d’al Assad, ils ont été incapables d’aboutir à un consensus sensé sur les étapes spécifiques à définir en amont de l’application continue des sanctions économiques et diplomatiques.

    Bien que les participants semblent s’accorder sur le besoin de coordonner l’aide humanitaire à la population de réfugiés et au innombrables Syriens manquant de nourriture et de chauffage, la question d’une implication supplémentaire reste extrêmement débattue.

    Le ministre des Affaires étrangères saoudien, Saud Al-Faisal, est sorti en trombe de la réunion, énervé par le refus des membres à adopter des mesures plus strictes. Il avait quant à lui explicitement accepté de fournir des armes à l’opposition.

    La Russie et la Chine ont décliné l’invitation à la réunion, mais de nombreux législateurs se sont tout de même accordé à dire – avec réticence – que la Russie est à même de jouer un rôle significatif dans l’issue du conflit malgré son apparente intransigeance.

    « La clef pour la résolution de ce conflit est aux mains des Russes », a déclaré l’ancien ambassadeur américain en Turquie, Morton Abramowitz, lors de son discours à la fondation. Il a affirmé que peut-être que Vladimir Poutine serait plus à même d’aboutir à un compromis après les élections russes de dimanche lors desquelles l’ancien premier ministre russe a regagné la présidence.

    Un nouveau rapport publié par l’International Crisis Group souligne le fait qu’une coopération russe serait essentielle à une période de transition gérée de manière optimale.

    L’on suggère également dans ce rapport que « si Moscou peut être convaincue que ses agissement actuels maximisent le risque d’aboutir à l’issue qu’elle prétend redouter le plus : un véritable chaos, alors cela pourrait créer une situation dans laquelle le régime syrien serait contraint d’accepter de négocier en bonne et due forme ou d’être presque complètement isolé par la perte d’un de ces meilleurs alliés ».

    Feltman, récemment rentré d’un séjour à Moscou afin de discuter d’une avancée sur le problème syrien, a rapporté que « le contact avec la Russie se poursuit à tous les niveaux ».

    Etant donné l’énergie que le Kremlin avait consacrée à défendre al Assad l’année dernière, trouver un terrain d’entente avec la Russie sera cependant une tâche ardue.

    (FIN/IPS/2012)

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