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TANZANIE-INDE: Des relations anciennes et fructueuses

    By Arnaud Bébien

    DAR ES-SALAAM, 27 mai (IPS) – Le Premier ministre indien, Dr Manmohan Singh, est en Tanzanie, du 26 au 28 mai. Cette visite renforcera une coopération déjà ancienne et étroite entre les deux pays, mais elle tombe aussi à un moment opportun pour l’Etat tanzanien en quête d’investisseurs étrangers.

    Le Premier ministre indien revient d’Addis Abeba, en Ethiopie, où il venait de prendre part au deuxième sommet sur la coopération entre l’Inde et l’Afrique. Le montant global des échanges entre l’Inde et l’Afrique se chiffre à 31 milliards de dollars entre 2009 et 2010.La Tanzanie et l’Inde sont en effet historiquement liées. Les premiers accords de coopération bilatéraux entre les deux pays datent du 28 janvier 1966, soit seulement deux ans après la naissance officielle de la Tanzanie qui est l’union du Tanganyika et de Zanzibar en avril 1964. (Zanzibar est une île au large du Tanganyika).

    L’intérêt de l’Inde pour la Tanzanie s’explique d’abord par une forte diaspora indienne installée depuis longtemps dans ce pays d’Afrique de l’est. Les premiers Indiens y sont arrivés il y a plus de 90 ans, peu après la Première Guerre mondiale, alors que la tutelle du Tanganyika d’alors était confiée au Royaume-Uni sous mandat de la Société des nations. A l’indépendance du Tanganyika, en 1961, un grand nombre d’Indiens sont restés et occupent aujourd’hui une place importante dans l’économie tanzanienne.

    Selon les chiffres de l’ambassade de l’Inde à Dar es-Salaam, la capitale économique tanzanienne, quelque 40.000 Tanzaniens d’origine indienne, auxquels s’ajoutent 8.000 expatriés, vivent dans les grandes villes du pays, où ils sont pour la plupart à la tête des entreprises commerciales et industrielles.

    Les échanges entre les deux pays ont par ailleurs dépassé un milliard de dollars en 2010. L’Inde est le premier partenaire de la Tanzanie pour ses importations (900 millions de dollars de biens importés en 2010) et le second investisseur étranger après le Kenya, selon le service économique de l’ambassade d’Inde en Tanzanie. Depuis 45 ans, la Tanzanie bénéficie de l’expertise indienne dans de nombreux domaines. «Le partenariat est très dynamique», affirme l’association Amitiés Tanzanie–Inde présidée par l’ancien Premier ministre tanzanien Salim Ahmed Salim. «L’Inde nous aide à concrétiser certains des objectifs du millénaire, notamment dans le domaine de la santé».

    Les officiels indiens, en poste en Tanzanie, ont un avis similaire: «Nous attachons une grande importance à nos relations avec la Tanzanie. Elles sont toujours très bonnes», selon une source de l’ambassade indienne qui a requis l’anonymat. Actuellement, l’Inde aide notamment la Tanzanie à assurer sa sécurité alimentaire et à améliorer son secteur de la santé, deux domaines de coopération décidés lors du premier sommet Afrique–Inde en 2008.

    C’est ainsi que 288 premiers tracteurs sont arrivés de l’Inde en Tanzanie en octobre 2010, pour aider les agriculteurs tanzaniens à obtenir de meilleurs rendements. «Quatre cents autres, sur un total de 1.700, vont arriver bientôt», a indiqué cette semaine, devant des journalistes, l’ambassadeur indien en Tanzanie, Kocheril Bhagirath, soulignant que son pays continuera à soutenir l’agriculture tanzanienne.

    Dans le secteur de la santé, le traitement des maladies profite également de la coopération indienne puisqu’un nouvel hôpital sera construit en 2013 à Dar es-Salaam, qui sera cogéré par l’Etat tanzanien et une firme privée indienne. Il proposera des soins jusqu’alors inédits en Tanzanie, et évitera aux malades de devoir aller se faire soigner à l’étranger.

    En 2010, grâce à la coopération technique indienne, des unités de soins des maladies cardiovasculaires ont vu le jour dans deux cliniques de Dar es-Salaam. Par ailleurs, le Lions Club de cette ville financé par des Indiens de la diaspora, a pris en charge l’hospitalisation, en Inde, de 2.000 enfants tanzaniens souffrant de problèmes cardiaques, selon l’ambassade indienne.

    De plus, l’Université médicale et technologique de Dar es-Salaam – la première université privée de Tanzanie – a ouvert en 1996 grâce à l’appui technique de la Fondation privée Vigyan de Bangalore en Inde.

    Au cours de la visite du Premier ministre indien, il sera notamment question de lutte contre le terrorisme et la piraterie somalienne, qui perturbe le commerce maritime dans l’océan Indien dont dépendent les deux pays. Une coopération entre les marines des deux pays pourrait être lancée à ce sujet, selon des sources non confirmées officiellement.Les nouvelles technologies constituent également un axe fort de la coopération entre les deux pays. Ainsi, un Centre d’excellence indo-tanzanien des technologies de l’information et de la communication, est construit à Dar es-Salaam et sera inauguré par le Premier ministre indien dont le pays a largement financé la réalisation.

    L’Inde est aussi très présente dans l’énergie avec une assistance financière et technique. Elle aide la Tanzanie depuis 1974 à exploiter ses gisements de gaz, situés dans le sud-ouest du pays, dans une zone difficile d’accès.

    L’Inde, qui attribue chaque année des dizaines de bourses à des Tanzaniens pour se former dans ses universités, a décidé l’an passé d’accroître le nombre des bénéficiaires. Quant aux professeurs indiens, ils forment également sur place les étudiants dans les universités tanzaniennes de Dodoma et de Zanzibar. Et un nouveau centre culturel indien est ouvert en mars 2011 à Dar es-Salaam, où vit la plus importante communauté indienne de Tanzanie.

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