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TANZANIE: La lutte pour l’énergie s’accentue sur le fleuve Pangani

    By Kizito Makoye

    PANGANI, Tanzanie, 24 oct (IPS) – Alors que les fermiers et les éleveurs se battent par rapport aux niveaux d'eau en diminution dans le bassin du fleuve Pangani, dans le nord-est de la Tanzanie, un nouveau conflit émerge entre les agriculteurs et la Société d’énergie électrique de la Tanzanie (TANESCO) au sujet de cette ressource précieuse.

    La TANESCO gère trois centrales hydroélectriques situées sur le fleuve Pangani près du district de Muheza, qui sont destinées à fournir 17 pour cent de l'électricité du pays.

    Subira Mgalu, la commissaire du district de Muheza, a déclaré à IPS que le conflit faisait rage entre les agriculteurs et la TANESCO, en particulier dans les zones en aval où sont situées les centrales hydroélectriques. Elle a indiqué que le gouvernement essayait de "trouver une solution durable" au différend.

    "Le manque d'eau a été la principale source des affrontements entre ceux qui pratiquent l’irrigation et la TANESCO, mais nous avons essayé d'user de sagesse pour les régler en s’assurant que les ressources disponibles soient partagées équitablement entre les parties", a expliqué Mgalu, sans donner plus de détails. La politique de l'eau de cette nation d'Afrique de l’est n'accorde exclusivement de droits à l'eau à aucune agence et considère l'eau comme une ressource nationale qui devrait être partagée équitablement par tous les Tanzaniens.

    Au cours des quatre dernières années, le nord-est de la Tanzanie a connu une période de sécheresse qui, selon les habitants, est la pire à avoir touché la région. Des milliers d'agriculteurs et d'éleveurs qui gagnent leur vie ici ont été affectés.

    Jumanne Mujuni, un conseiller de la ville de Mombo, qui est située à quelques kilomètres de la centrale hydroélectrique d’Hale, dans le district de Muheza, a déclaré à IPS que la sécheresse a poussé plusieurs personnes vers la ruine puisqu’elles sont en concurrence avec la TANESCO pour des réserves d'eau en diminution. Il a ajouté que beaucoup d’habitants sont désormais impliqués dans des querelles avec ce service public.

    "Tous ces problèmes auxquels nous sommes confrontés sont enracinés dans la sécheresse. Il existait à peine [des problèmes] quand il y avait assez d'eau dans le fleuve", a-t-il souligné.

    L’énergie hydroélectrique à partir du fleuve Pangani, qui a la capacité de fournir 17 pour cent ou environ 97 mégawatts (MW) de la demande en électricité du pays – assez pour éclairer 100.000 maisons – connaît une production de moins de 30 pour cent en raison de l'insuffisance de l'eau. Cela a entraîné un déficit sur le réseau national.

    La TANESCO a accusé les fermiers d'utiliser excessivement l'eau pour l'irrigation sans garder à l'esprit que le débit du fleuve doit être maintenu pour permettre aux centrales hydroélectriques de fonctionner.

    "Ces activités mettent à rude épreuve la fourniture de l'eau aux installations de production. Nous avons souvent connu un débit de l'eau insuffisant, qui est inférieur au seuil minimal requis pour faire fonctionner efficacement les turbines génératrices", a souligné à IPS, Danstan Mramba, le directeur de la TANESCO qui supervise les centrales hydroélectriques de Pangani.

    Il a expliqué que les nouvelles centrales hydroélectriques de 'Pangani Falls' et d’Hale avaient la capacité de produire 21 MW et 68 MW respectivement, mais sont désormais en mesure de produire seulement 9 MW et 32 MW respectivement.

    La directrice de la protection des ressources en eau du ministère de l'Eau, Naomi Lupimo, a déclaré à IPS que les systèmes traditionnels d'irrigation par sillon, utilisés par les petits fermiers dans le bassin supérieur de Pangani, étaient la principale source de dispute puisqu’ils utilisaient l'eau de façon inefficace.

    "Ces gens ont probablement oublié leurs méthodes traditionnelles de conservation des sources d'eau; c'est pourquoi ils l'utilisent au hasard comme s'il n'existe aucun lendemain. Ils doivent se rappeler que l'eau appartient à l'Etat et que tout le monde y a droit.

    "Dans le passé, l'irrigation par sillon traditionnel était concentrée dans les régions montagneuses. Mais comme plus de gens continuent de venir dans le bassin, ce système s'est répandu dans les marécages, mettant une pression énorme sur les ressources en eau", a indiqué Lupimo.

    Elle a expliqué que pour protéger les sources d'eau, le gouvernement commencerait, entre autres, à facturer les gens pour cette ressource dans certaines régions.

    Cependant, les petits fermiers voient cette démarche comme un effort délibéré visant à sauvegarder les intérêts de la TANESCO. Certains ont affirmé à IPS que leur part d'eau n'était pas suffisante car la TANESCO était "trop égoïste" pour partager l'eau avec les populations indigènes.

    "Nous avons vécu dans cette région toute notre vie. Comment se fait-il qu’aujourd'hui certaines personnes nous pointent d’un doigt accusateur, nous blâmant d'empiéter sur les sources d'eau", a déclaré à IPS, Mwamedi Jecha, un agriculteur dans le village d’Hale, dans le district de Muheza.

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