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THAÏLANDE: Des organisations religieuses veulent s’impliquer dans la gestion des catastrophes

    By Kalinga Seneviratne

    BANGKOK, 27 juin (IPS) – Un consortium d'organisations religieuses (FBO) a fait une déclaration lors d'un événement parallèle mercredi à la 6ème Conférence ministérielle asiatique sur la réduction des risques de catastrophes (AMCDRR), afin de faire savoir aux Nations Unies qu'elles sont prêtes à s'engager dans la construction de communautés résistantes à travers l'Asie à la suite des catastrophes naturelles.

    Accueillie cette année par le gouvernement thaïlandais, cette conférence est une collaboration annuelle avec le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), dans le but de réunir les acteurs régionaux pour discuter des défis spécifiques auxquels est confrontée l’Asie dans une ère de changement climatique rapide.

    "J'ai vu la suite des catastrophes, où des chefs religieux et des volontaires venus de temples hindous, d’organisations islamiques et de temples sikhs travaillent ensemble comme des frères", a déclaré Dr Anil Kumar Gupta, chef de la division de la planification des politiques à l'Institut national de la gestion des catastrophes en Inde.

    Un rapport préparé pour la conférence de Bangkok par l’UNISDR souligne qu’au cours des trois dernières années, l'Asie a connu une gamme variée de catastrophes, allant des cyclones aux Philippines jusqu’à de graves tremblements de terre au Pakistan et au Japon en passant par d'importantes inondations en Chine, en Inde et en Thaïlande.

    En 2011 seule, les pertes économiques globales dues aux phénomènes météorologiques extrêmes ont atteint 366 milliards de dollars, dont 80 pour cent ont été enregistrées dans la région Asie-Pacifique.

    Alors que la région représente 39 pour cent de la superficie terrestre de la planète et abrite 60 pour cent de la population mondiale, elle détient seulement 29 pour cent de la richesse mondiale, posant des défis majeurs pour les gouvernements en termes de préparation aux catastrophes et d’interventions d'urgence.

    Les FBO croient qu'elles peuvent combler ce vide en donnant aux populations l'espoir pendant les moments de souffrance.

    "Il ne s'agit pas des produits que nous apportons ou des grandes maisons que nous construisons", a affirmé Jessica Dator Bercilla, une Philippine de l’organisation 'Christian Aid', ajoutant que la contribution la plus importante des organisations religieuses peuvent apporter est de convaincre les populations qu'elles ne sont pas seules sur la longue route vers la reconstruction de leur vie après une catastrophe.

    Le consortium des FBO qui a rédigé la déclaration – y compris Caritas-Asie, 'Soka Gakkai International' (SGI) et l'Alliance ACT – a tenu une réunion de consultation avant la conférence à Bangkok le 22 juin au cours de laquelle quelque 50 participants venus de diverses confessions ont discuté des nombreux obstacles que les FBO doivent lever afin de fournir des secours en cas de catastrophe et d'aider les populations affectées.

    La Déclaration finale des FBO sur la réduction des risques de catastrophe a attiré l'attention sur la capacité unique des organisations religieuses à travailler en étroite collaboration avec les communautés locales afin de faciliter la résilience et la consolidation de la paix.

    Etant donné qu'environ une personne sur huit au monde s'identifie à une certaine forme de religion organisée, et que les organisations confessionnelles englobent le plus grand réseau de prestation de services dans le monde, les FBO se distinguent comme des partenaires naturels dans le domaine de la réduction des risques de catastrophe (RRC).

    Une déclaration inscrite dans le communiqué a également exhorté les Nations Unies à reconnaître les FBO comme un acteur unique dans le Cadre post-2015 pour la réduction des risques de catastrophe (HFA2) qui sera présenté à la 3ème Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des catastrophes (WCDRR) en 2015.

    Elle veut également que les gouvernements nationaux et locaux incluent les FBO quand ils organisent des consultations régulières sur la RRC avec des acteurs appropriés, puisque les FBO sont celles qui maintiennent souvent les programmes de développement en l'absence d'ONG internationales.

    Par exemple, depuis 2012 Caritas-Indonésie travaille avec une communauté côtière qui a perdu 200 mètres de son territoire côtier au cours des 22 dernières années, dans le hameau de Fata, dans la province de Nusa Tenggar oriental, en l'Indonésie, pour développer la résilience des communautés à la montée des eaux de mer.

    L'organisation a aidé les membres de la communauté a former le Groupe des amoureux de l’environnement de Fata, qui utilise maintenant des méthodes naturelles de construction pour permettre à l'eau de mer circuler à travers des structures en bambou avant d'atteindre la côte, afin que les hauteurs des vagues soient réduites et que les mangroves soient protégées.

    Ensemble, les trois partenaires de la déclaration couvrent un grand terrain dans la région.

    Caritas-Asie est l'un des sept bureaux régionaux qui forment 'Caritas International', un organisme catholique de secours qui opère dans 200 pays. La SGI est un mouvement laïc bouddhiste japonais avec un réseau d'organisations dans 192 pays, alors qu'ACT est une coalition d'églises chrétiennes et d’organisations affiliées opérant dans plus de 140 pays.

    Toutes ces trois organisations sont réputées pour leurs contributions dans le domaine du développement et de secours en cas de catastrophe. 'Caritas International', par exemple, consacre chaque année plus d'un million d'euros (1,3 millions de dollars) à la coordination humanitaire, au renforcement des capacités et aux programmes de lutte contre le VIH/SIDA à travers le monde.

    "Nous aimerions être l'un des principaux acteurs de l’introduction de la politique de la RRC", a indiqué à IPS, Takeshi Komino, responsable des situations d’urgence pour l'Alliance ACT dans la région Asie-Pacifique. "Nous disons que nous sommes prêts à nous engager".

    "Ce que souligne notre déclaration commune est que notre engagement est fondée sur la foi et cela est fort. Nous pouvons être engagés dans l'activité de secours et de récupération pendant une longue période", a ajouté Nobuyuki Asai, coordonnateur du programme des affaires de paix pour la SIG.

    Les experts disent que l'Asie est un excellent terrain d'essai pour l'efficacité des organisations confessionnelles dans la réduction des risques de catastrophe.

    Selon une enquête réalisée par 'Pew Research Centre', un centre de recherche indépendant, la région Asie-Pacifique abrite 99 pour cent des bouddhistes du monde, 99 pour cent des hindous du monde et 62 pour cent des musulmans du monde.

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