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TOGO: L’accès à l’eau potable encore difficile dans certaines localités

    By Koffigan E. Adigbli

    LOME, 28 juin (IPS) – Le gouvernement togolais envisage d’installer, avec l’aide des partenaires au développement, 1.000 forages d’ici à 2015, pour améliorer les conditions de vie des populations et réduire les risques d’infection liés à la consommation de l’eau impropre à la santé.

    «L’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) a réalisé en trois ans 300 forages au Togo pour une valeur de 2,6 milliards de francs CFA (environ 5,2 millions de dollars). C’est un programme de réalisation de forages équipés de pompes à motricité humaine pour répondre aux besoins en eau potable», déclare Ibrahima Deme, commissaire de l’UEMOA au Togo, chargé du développement rural.

    Ces forages ont été réalisés de 2009 à 2012 dans trois régions du pays: 100 forages pour la région maritime (sud), 100 pour la région de la Kara (centre) et 100 pour la région des Savanes (nord).

    Mais le rapport de juin 2013 de l’Organisation des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement au Togo, indique que 39 pour cent de la population n’a pas accès à une source d’eau potable améliorée. Le rapport ajoute que 57 pour cent de la population rurale n’utilise pas de source d’eau d’approvisionnement améliorée comparé à 10 pour cent en milieu urbain, et que seulement cinq pour cent des ménages utilisent une méthode appropriée de traitement de l’eau.

    A Atsitopui, dans le sud-ouest du pays, qui n’a pas bénéficié d’un des forages de l’UEMOA, les populations et les jardiniers utilisent à la fois un barrage d’eau pour s’abreuver arroser les légumes, mais les jeunes, avec les bidons de 25 litres sur la tête, font encore huit kilomètres avant de trouver le robinet d’un forage privé.«Je me réveille chaque jour à quatre heures avec des amis pour puiser de l’eau à 25 FCFA (0,05 dollar) le bidon de 25 litres… Les enseignants affectés ici font à peine un an pour quitter notre localité à cause du manque d’eau potable», explique à IPS, Edwige Agbémébia, 17 ans, élève au cours secondaire.

    Dans cette localité, on constate partout au niveau des toits des maisons, des gouttières en tôle qui recueillent l’eau de pluie et la canalisent vers de gigantesques réservoirs. «S’il pleut abondamment, nous avons de l’eau pour plusieurs jours», explique Jérôme Akoussan, le président du Comité villageois de développement (CVD).

    Akoussan ajoute que leur localité n’est pas la seule qui manque d’eau potable et qu’ils se sont organisés avec d’autres CVD pour écrire aux autorités et attirer leur attention sur la situation dans ce village situé à 62 kilomètres de Lomé, la capitale togolaise.

    «La réponse du ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise (Bissoune Nabagou) a été toujours que le projet de forage est en cours. Ce qui nous écœure, c’est un potentiel candidat du parti au pouvoir pour les législatives prochaines qui, le 21 juin, est venu nous demander de voter pour lui si nous voulons avoir de l’eau potable», déclare Akoussan, un peu énervé.

    A Tsévié, une ville à 30 km au nord de Lomé, les jeunes se sont constitués en groupes de trois ou quatre pour fournir de l’eau potable à la population, contre de l’argent.

    «Nous quittons la ville pour acheter de l’eau chez les propriétaires de forage à 25 FCFA le bidon de 25 litres avec des charrettes. Et nous revendons un bidon d’eau à 50 FCFA 0,1 dollar)», déclare à IPS, Kodjo Ablévi, 21 ans, apprenti mécanicien à Tsévié.

    Les deux forages de la Togolaise des eaux (TDE) dans le quartier de Kpali, à Tsévié, sont fermés en permanence et ne s’ouvrent dans la journée que pendant deux heures, selon les habitants. Pourtant, ils sont deux des forages qui alimentent la ville de Lomé en eau, souligne Akouto Woméno, une enseignante à Tsévié. «Nous nous réveillons des fois à minuit ou à 2 heures du matin pour chercher de l’eau».

    On retrouve la même situation dans le quartier Boloumondi, dans le centre de Tsévié. «Nous souffrons du manque d’eau depuis quatre ans. Nous avions écrit au préfet qui a, à son tour, envoyé une note au directeur de la TDE il y a déjà six mois, mais sans réponse», explique à IPS, Alato Kossi, secrétaire du chef de quartier.

    Le directeur de la TDE (la société des eaux du pays) à Tsévié, Koulima Tiléna, a indiqué que le manque d’eau dans la préfecture est dû à l’assèchement de la nappe depuis décembre 2012.

    «Un nouveau forage de 30 millions FCFA (60.000 dollars) vient d’être réalisé et deux autres remis en fonction sont en pompage continu pour alimenter la ville. Les trois combinés fournissent 130 mètres cubes par heure alors que la couverture en eau est de 120 mètres cubes par heure», déclare-t-il à IPS.

    Nabagou, le ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise, reconnaît que le Togo ne pourra pas atteindre l’Objectif du millénaire pour le développement sur l’accès à l’eau potable, mais que beaucoup d’efforts sont faits et sont en cours pour un meilleur accès au précieux liquide.

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