Home » Afrique, Developpement, Droits de L'Homme, Economie et Travail, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

VENEZUELA: Risques d’inondation accrus par de "nouvelles pluies" liées au changement climatique

    By Humberto Márquez

    CARACAS, 12 sep (IPS) – "Le fleuve réclame sa place, l'eau est montée jusqu'ici", déclare Ana Polanco, accroupie la main au-dessus de la tête dans la petite maison en tôle qu'elle partage avec ses enfants à El Hueco, l'une des communautés situées sur le côté-est de la capitale vénézuélienne, assiégées par le Guaire, un fleuve pollué et faussement calme.

    Long de 72 kilomètres au total, le Guaire traverse Caracas, la capitale, de l'ouest à l’est sur une ligne presque droite, mais pendant qu’il sort de la ville, il commence à serpenter le long d'une série de courbes en épingle à cheveux. Depuis le dernier quart de siècle, les inondations dans cette section du fleuve ont fait des ravages dans des communautés voisines telles que La Jóvita, La Línea et El Hueco, qui se trouve au bas d'une colline tapissée de logements précaires.

    Les habitants et les gouvernements locaux se préparent à affronter les redoutables "nouvelles pluies", qui provoquent des glissements de terrain qui bloquent les canaux et les ravins qui, autrement, aideraient à drainer le fleuve en crue. Les tonnes de déchets liquides et solides qui se jettent dans le fleuve à partir des maisons, entreprises et des industries dans cette ville de près de cinq millions d’habitants, aggravent encore la situation.

    Les "nouvelles pluies" sont "liées au changement climatique: pendant une grande partie du 20ème siècle, les pluies sont tombées petit à petit, augmentant, puis diminuant lentement, mais maintenant, elles sont de courte durée et intenses", a expliqué Nicola Veronico, le directeur des affaires environnementales à 'Metropolitan City Hall' de Caracas.

    "La même quantité de pluie qui tombait habituellement au cours des semaines ou d’un mois, peut maintenant tomber en une seule matinée. Il faut seulement deux heures de pluie torrentielle pour que le Guaire déborde", a expliqué à Tierramérica, Gabriel D'Andrea, le directeur de la protection civile dans la municipalité peuplée de Sucre, à Caracas.

    L'un des changements physiques naturels associés au phénomène des changements climatiques, ce sont les précipitations, "non seulement les niveaux moyens de précipitations, au fil des ans, mais aussi le degré de variabilité", a souligné María Teresa Martelo, une experte vénézuélienne du climat et membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

    Ce changement, a-t-elle ajouté, "n'est pas quelque chose qui va se produire dans le futur. Il se produit depuis les années 1970, et les tendances indiquent que dans les décennies à venir, la température augmentera, l'approvisionnement en eau diminuera, et les cycles de pluie/sécheresse seront modifiés. Le grand défi est de définir des stratégies et mesures d'adaptation".

    La partie orientale de la ville a été durement touchée en 1979 par de fortes pluies et les inondations du fleuve Guaire qui ont suivi, en grande partie à cause du manque d'entretien des systèmes de drainage. Elle a été également frappée en août 1993 par La tempête tropicale Bret, qui a ravagé le nord du Venezuela et de la Colombie, le sud du Nicaragua, et plusieurs îles du sud des Caraïbes.

    Au Venezuela, Bret avait fait 150 morts, dont 77 à Caracas, et plus de 500 blessés, ainsi que des dizaines de millions de dollars de dégâts. Elle a également envoyé un message inquiétant selon lequel en raison des effets des changements climatiques, les tempêtes tropicales qui balaient régulièrement les Caraïbes, peuvent se diriger considérablement plus vers le sud que d’habitude.

    "Nous n'avons pas besoin d'une autre Bret pour nous inquiéter et être sur le qui-vive. Les gens ici savent déjà que quand il pleut autour de Las Adjuntas et Los Teques (des villes près des eaux en amont du Guaire), ils doivent se préparer à aller vers des terrains plus élevés", a indiqué à Tierramérica, Henry Hernández, un chef communautaire à La Jovita.

    Hernández est l’un des mécaniciens qui travaillent sur la route qui est séparée du Guaire par un mur de confinement. Tout en retenant l'eau du fleuve, le mur porte aussi des marques utilisées pour mesurer son niveau.

    Quand il est débordé, "le fleuve retourne le cours de l'eau qui y coule à partir des gouttières, drains et des égouts, qui se mélange avec l'eau du fleuve et reflue vers les rues et les maisons, inondant tout et endommageant tout ce qui se trouve sur son chemin. La vie des gens est sauvée, mais nous avons tous des histoires sur les choses que nous avons perdues", a-t-il souligné.

    "Nous avons des marqueurs qui permettent de mesurer le niveau du fleuve trois kilomètres avant que les courbes ne commencent. Nous les surveillons, identifions les zones très exposées, et tenons informées les communautés", a déclaré D'Andrea. "Mais pour autant que nous le pouvons", a-t-il ajouté, car "il y a plus de 1.800 quartiers dans la municipalité".* Cet article a été initialement publié par des journaux latino-américains qui font partie du réseau Tierramérica.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa