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ZAMBIE: Investir plus dans les ressources signifie le déplacement des pauvres ruraux

    By Ephraim Nsingo

    LUSAKA, 26 juin (IPS) – Pendant que des mouvements sociaux fustigeaient la "nouvelle économie verte" proposée à Rio+20 la semaine dernière, des activistes de l’environnement en Zambie s’inquiétaient du rôle que les gens pauvres, en particulier ceux des zones rurales, vont y jouer.

    Le 20 juin, au moins 50.000 personnes ont manifesté à Rio de Janeiro, au Brésil, contre l'accord présenté à la Conférence des Nations Unies pour le développement durable, ou Rio+20, qui a pris fin le 22 juin.Les manifestants ont dit que l'idée d’une économie verte est juste une façade, et ne résout rien concernant ce qui importe pour les travailleurs: un emploi décent, des droits de négociation collective, l'organisation autonome, l'égalité des salaires pour l’homme et la femme ainsi que la fin du travail de forçat.Mailes Zulu, une militante de l'environnement originaire du district du Zambèze, dans la province du Nord-Ouest de ce pays d'Afrique australe, est l'un de ceux qui n’étaient pas optimistes par rapport au sommet.Zulu dirige une organisation communautaire appelée 'Save the Environment and People Agency' (Agence pour la sauvegarde de l'environnement et des peuples – SEPA), qui prône la gestion environnementale durable.La conférence de Rio+20 est venue à un moment où il y a un intérêt croissant des investisseurs en Zambie, en particulier dans le secteur minier. Le pays est riche en gisements de cuivre et de cobalt – il est classé septième plus grand producteur de cuivre et deuxième plus grand producteur de cobalt au monde.Entre autres choses, Zulu s'inquiète du fait que bien que la province du Nord-Ouest du pays soit riche en minéraux et autres ressources naturelles, "les communautés ne sont jamais consultées, et dans la majorité des cas, une grande partie des bénéfices n’est même pas gardée dans la communauté".Elle a affirmé qu'il faudrait se pencher sur le sort des communautés rurales, qui sont souvent déplacées pour ouvrir la voie à la création d'activités commerciales. "Plus d'investissement signifie également des déplacements accrus des populations rurales. Voilà des questions qui doivent être discutées."Une façon de s'assurer que nous trouvons un équilibre, c’est de faire en sorte qu’un certain pourcentage, disons 10 pour cent, des bénéfices réalisés dans une région donnée soit réinvesti dans les communautés. Quand vous regardez sur le terrain, les niveaux de pauvreté sont très élevés parce qu’il n'existe pas d'accords pour forcer les investisseurs à payer en retour un certain pourcentage à la communauté".Le directeur de 'Green Living Mouvement' (Mouvement pour une vie verte), Emmanuel Mutamba, est d'accord avec Zulu et a déclaré que des moyens devaient être trouvés pour s'assurer que les gens bénéficient des ressources naturelles découvertes dans leurs zones. Le Mouvement pour une vie verte est une organisation de développement social et de protection de l'environnement en Zambie."Il va toujours y avoir de demande de terres pour l'investissement", a indiqué Mutamba. "Je pense que l'argument porte sur la manière dont cela est fait et les lois y afférentes. Comment les populations locales vont-elles entrer dans l'équation?"C’est également un sujet de préoccupation pour le gouvernement, tel qu'il a été exprimé dans le document de position de la Zambie à Rio+20, présenté par le ministre de l'Environnement, Wilbur Simusa, le 14 juin."Nous savons aussi le grand impact que l'exploitation minière a eu en termes de dégradation des terres, de pollution de l'eau et de l'air et du bien-être de nos communautés minières. Pour garantir un avenir durable pour notre secteur minier et les communautés qu’il emploie, le gouvernement et nos partenaires miniers doivent travailler ensemble pour le bien-être de tous les acteurs du moteur économique de la Zambie", indiquait une partie du message, appelé "La Zambie que nous voulons".En novembre 2011, Zulu est allée à Durban, en Afrique du Sud, par la route avec d’autres participants à la Caravane transafricaine de l'espoir, une campagne qui vise à rallier les Africains autour des questions des changements climatiques et de la justice climatique. Là-bas, elle a participé à un certain nombre de manifestations en marge de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, afin d'essayer de faire passer le message.Mais sept mois plus tard, le message n’est toujours pas entendu."Tout ce que nous voulons, c'est d'être consultés, et que nos points de vue soient entendus", a souligné Zulu.Simon Mwamba, le coordonnateur du Forum des petits fermiers d’Afrique orientale et australe en Zambie, affirme que l'exclusion des intérêts des pauvres s'étend aux petits agriculteurs. Il a indiqué que les petits agriculteurs sont désavantagés parce qu'ils n'ont pas accès au processus de transformation et aux marchés."Nous ne devrions pas regarder la production durable comme l’augmentation de la production", a déclaré Mwamba à IPS."Lorsque nous parlons de développement durable, nous devons regarder la durabilité environnementale, la durabilité économique et d’autres facteurs sociaux. Vous pouvez mettre plus d'argent pour accroître la production, mais tout en accentuant la dégradation de l'environnement, qui aura un impact considérable sur les pauvres", a-t-il ajouté.

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